•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Chronique

Du début à la fin, un camp sous le signe de la vulnérabilité

Le gardien but saute sur la glace, dans la pénombre, le projecteur sur lui.

Carey Price lors de la dernière finale de la Coupe Stanley

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Moins de trois mois après avoir pris part à la finale de la Coupe Stanley, le Canadien a conclu son camp d’entraînement jeudi sur un thème qui lui colle à la peau, presque comme un tatouage, depuis le premier jour : celui de la vulnérabilité.

Peinant à retenir ses larmes, le directeur général Marc Bergevin a rencontré les représentants des médias pour expliquer, tant que faire se peut, dans quelles circonstances Carey Price venait d’adhérer au programme d’aide conjointement administré par la LNH et l’Association des joueurs.

Et comme si ce n’était pas suffisant, le service des communications de l’organisation montréalaise en a profité pour noyer un immense poisson en annonçant, au même moment, que le contrat du directeur général ne serait pas prolongé cette saison. L’entente de cinq ans liant Marc Bergevin au CH viendra à échéance l’été prochain. Et ce n’est qu’à ce moment que cette question sera abordée, a-t-on expliqué.

Un porte-parole de l’organisation a aussi souligné que le propriétaire Geoff Molson n’entend pas accorder d’entrevue dans un avenir prévisible.

Voilà donc le climat – fort peu rassurant – dans lequel l'équipe a conclu son calendrier préparatoire jeudi soir face aux Sénateurs d’Ottawa.

***

Le Tricolore est assuré de disputer une bonne partie du calendrier sans sa pierre d’assise. Son directeur général, dont le mandat consiste à planifier l’avenir de l’organisation à court, à moyen et à long terme, n’a soudainement plus toute la légitimité requise pour assumer ses tâches.

J’ai un travail à faire et c’est d’améliorer l’équipe. Et rien de cela ne va changer. C’est ma dernière année de contrat et pour l’instant je me concentre sur mon travail, a indiqué le DG.

Dans une autre réponse, Bergevin a souligné qu’il adore être le directeur général du Canadien. Mais la tournure des événements laisse de plus en plus croire qu’il a envie d’aller voir ailleurs ou d’occuper un autre rôle après une décennie à occuper un poste aussi ingrat et exigeant. Cette question avait d’ailleurs été abordée dans une récente chronique.

***

Entre le sommet de la pyramide (le bureau de Bergevin) et le demi-cercle du gardien, le portrait est aussi inquiétant à plusieurs égards.

Sur la patinoire, l’équipe a connu un calendrier préparatoire horrible. Le manque de compétitivité de la formation a donné lieu à plusieurs défaites à sens unique. Dans ces conditions, il est difficile d’évaluer le personnel ou de donner une cohésion au système de jeu.

Dominique Ducharme a aussi fait face à une vague de blessures qui a touché les nouveaux venus Mike Hoffman et Cédric Paquette, la recrue Cole Caufield et le défenseur d’avenir Mattias Norlinder, notamment. Sans compter une blessure censée être anodine dont le défenseur Joel Edmundson, un membre du top 4, n’est toujours pas remis.

Lors d'une séance d'échauffement, il fait rebondir la rondelle sur sa palette.

Cole Caufield a manqué une partie du camp d'entraînement du Canadien.

Photo : usa today sports / Eric Bolte

Et bien sûr, il y a eu cette intervention chirurgicale à un genou subie par Carey Price en juillet dernier. Et cette période de rééducation suffisamment inquiétante pour convaincre la direction d’acquérir un autre gardien.

À travers tout cela, les jeunes censés combattre pour décrocher des postes, comme Ryan Poehling, ne se sont pas affirmés. Et la brigade défensive, qui manque déjà de profondeur lorsqu’elle est complète, pourrait contraindre Ducharme à amorcer la saison avec un défenseur de 19 ans (Kaiden Ghule) et un trentenaire qui n’a jamais vraiment détenu de poste permanent dans la LNH (Chris Wideman).

Le camp avait commencé avec les confidences de Jonathan Drouin quant aux problèmes d’anxiété qui l’avaient forcé à quitter l’équipe l’hiver dernier. Sans compter le vide causé par l’absence du capitaine Shea Weber, aux prises avec des blessures qui le forceront vraisemblablement à prendre sa retraite.

Dernièrement, cette équipe a beaucoup flirté avec la vulnérabilité. Tant d’un point de vue humain que sportif.

On dirait que ça ne nous lâche pas, a souligné Dominique Ducharme, qui voit dans cette nouvelle épreuve une autre occasion de grandir.

Les joueurs sont secoués, a pour sa part confié Marc Bergevin, qui les avait rencontrés en matinée afin de les informer de la situation de Price.

Price est un leader incontesté dans cette équipe. Au premier chef, ses coéquipiers se sont certainement inquiétés pour l’homme.

Sur le plan sportif, leur réaction a sans doute été très semblable. Même quand le CH affiche complet, ses chances de succès sont bien moindres quand Price n’est pas là. Tous savent pourquoi l’équipe s’est rendue en finale le printemps dernier.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

***

Il ne sert à rien de spéculer sur les raisons qui ont incité Carey Price à adhérer au programme d’aide. Il est toutefois bon de rappeler que ce programme a été mis sur pied au milieu des années 1990 et qu’il vise à soutenir les joueurs qui font face à des problèmes de surconsommation, de santé mentale ou à toute autre difficulté touchant leur vie personnelle.

Toutes les démarches qui sont faites dans le cadre de ce programme sont confidentielles. Tellement que la première page du document expliquant les règles du programme stipule qu’il ne peut être distribué qu’avec l’accord écrit de la ligue ou de l’Association des joueurs.

On ne sait pas combien d’athlètes y adhèrent. L’identité des joueurs qui vont y chercher de l’aide durant la saison est dévoilée pour des raisons évidentes puisque leur absence est remarquée. Sinon, ces informations sont tenues secrètes afin, justement, de permettre aux athlètes en difficulté d’entreprendre ces démarches en toute quiétude.

Il y a quatre ans, une fuite au sein de l’organisation du Tricolore avait permis de savoir qu’Alex Galchenyuk avait adhéré au programme d’aide deux fois en raison d’un problème de surconsommation. L’affaire avait fait grand bruit parce qu’elle avait le fort potentiel de dissuader d’autres joueurs tentés de faire la même chose.

La saison dernière, selon les informations disponibles, Jonathan Drouin n’avait pas eu recours à l’expertise du programme de la LNH lorsqu’il avait fait face à ses problèmes d’anxiété.

Durant son point de presse, Marc Bergevin a plusieurs fois mentionné que la situation de Carey Price est tout à fait différente de celle de Drouin.

On m’a dit que Carey serait absent pour une période minimale de 30 jours, mais qu’il y a une possibilité que ce soit plus long, a indiqué le directeur général.

Qu’il prenne tout le temps qu’il faudra. C’est ce qui importe le plus. En attendant, toutefois, cette organisation n’en a pas fini avec le thème de la vulnérabilité.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !