•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Et si le meilleur était à venir pour Guillaume Boivin?

Le cycliste professionnel roule sur sur un chemin boueux.

Guillaume Boivin

Photo : Getty Images / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Alexandre Coupal

En terminant 9e du Paris-Roubaix, Guillaume Boivin a réalisé la plus grande performance de la meilleure saison de sa carrière.

Le titre de champion canadien, une 17e place aux Championnats du monde, une première participation au Tour de France et, en plein baptême du feu aux Olympiques, un solide coup de main pour permettre à Michael Woods de prendre le 5e rang à Tokyo.

Par contre, se battre pour le titre de l’une des plus mythiques courses de vélo revêt forcément un caractère spécial.

C'est clairement le fait saillant de ma saison, et probablement de ma carrière jusqu'à maintenant. Le résultat est excellent. Si tu m'avais dit que j'allais faire 9e à Paris-Roubaix en début de saison, j'aurais dit : "Je signe où?" Mais surtout la course que j'ai faite. Je n'étais pas dans l'échappée, je suis resté avec les favoris, et je me suis retrouvé devant, à la pédale, avec probablement deux des plus forts. Je suis vraiment fier de ça, a-t-il confié mardi à Radio-Canada Sports.

Ça va me donner une grosse confiance, mais surtout une grosse motivation pour l'hiver, pour revenir en force au printemps.

Une citation de :Guillaume Boivin

Parce qu’à 32 ans, 33 au mois de mai, ce sont de très bonnes années de cyclisme qui attendent Boivin.

J'ai bâti ma confiance cette année d'une course à l'autre. La confiance est solide. J'ai appris beaucoup des Championnats du monde. Je savais que j'avais de super bonnes jambes, mais j'étais un peu craintif d'attaquer les plus grands du cyclisme mondial. J'ai pris ça dans mon bagage, les erreurs que j'ai faites aux Championnats du monde, et à Paris-Roubaix. Je n'ai pas eu peur de prendre des initiatives.

Tout ça, c'est du bagage en plus, et l'an prochain, ça va me servir. Surtout, je pense que j'ai gagné la confiance de mon équipe, que je suis capable d'aller chercher des résultats sur ces grandes classiques-là.

Il faut que je réalise que ce qu'on a fait cette année, c'était super bien. Au niveau entraînement, il y a une raison pour laquelle j'étais à ce niveau, c'est parce qu'on a bien géré.

Ce serait une erreur de dire : "J'arrive là, il faut que je m'entraîne encore plus fort." Parce qu'à un moment donné, je fais 35 000 kilomètres de vélo par année, je ne peux pas vraiment faire plus que ça.

Une citation de :Guillaume Boivin

Juste de se faire confiance sur ce que l'on a fait et de peaufiner des détails à gauche et à droite. Plus continuer dans la même veine, que d'essayer de tout changer, ou d'en faire plus parce que souvent, c'est là que les erreurs arrivent.

J'ai toujours été un gars qui se mettait beaucoup de pression sur les épaules, ajoute-t-il. Trop de pression sûrement. Cette année, j'ai pris ça vraiment plus serein, sans trop d'objectifs de résultats en tant que tel, juste de vraiment performer, et d'atteindre mon plein potentiel. Je pense que j'ai clairement démontré que j'ai le niveau sur certaines courses pour me battre avec les meilleurs au monde. Et ça, ça veut dire de gagner une classique, ou une semi-classique, ou faire des podiums, ou d'autres tops 10.

Des tops 10 dans un monument, je pense qu'on est quatre dans l'histoire du Canada à avoir fait ça. C'est sûr que j'aimerais gagner une course, c'est pour ça qu'on fait ça, et c'est ce que je vais essayer de faire. Mais je ne me mets pas de pression au niveau résultats.

Guillaume Boivin est sous contrat pour une année avec Israel Start-Up Nation, et il va s'asseoir avec son équipe au mois de novembre pour planifier la prochaine saison.

Une course de fous

À moins de 20 km de la fin, il roulait avec les meneurs, et sa prétention au titre de cette édition du Paris-Roubaix était des plus légitimes.

Je n'ai pas revu les images, mais si je me souviens bien, je me sentais assez en confiance. On arrivait dans les deux derniers secteurs critiques et je voyais que tout le monde était autant fatigué que moi. J'étais peut-être un peu trop énervé, je me suis dit que j'allais essayer d'attaquer, pour voir si on pouvait ressortir d’un ou deux coureurs de ce groupe-là. Sur une ligne droite, les conditions météorologiques étaient tellement exécrables, il y avait de la boue partout sur les pavés, et d'une seconde à l'autre, je me suis retrouvé les fesses par terre après avoir glissé sur une ligne droite.

Ça m'a vraiment pris par surprise. J'ai été super chanceux. C'était tellement glissant que je n'étais pas capable de remonter sur mon vélo. Il y a un partisan qui m'a un peu tenu pour que je puisse clipper mes pédales pour repartir.

C'était un peu dur à prendre sur le coup. Jouer la gagne sur un monument du cyclisme comme Paris-Roubaix, ça n'arrive pas souvent. Mais d'un autre côté, je pense que je peux être fier de la course que j'ai faite.

Dire que la réputation des pavés du Paris-Roubaix le précède relève de l'évidence.

Il y a des secteurs, honnêtement, on dirait que le cerveau te shake dans la boîte crânienne. Ça shake tellement fort que ta vision devient même embrouillée.

Une citation de :Guillaume Boivin

À la vitesse à laquelle on arrive, on dirait que les yeux ne suivent pas. C'est dur sur tout le corps. Faut essayer de laisser un peu le vélo faire ce qu'il veut, de ne pas serrer le guidon trop fort, contrairement à ce que les gens pensent. Le réflexe est souvent de se crisper, mais il faut que tu laisses aller un peu. Ça brasse la cage, comme on dit par chez nous.

Le lendemain matin, tu te réveilles et tu as de la difficulté à plier tes doigts tellement tes articulations sont endolories. Tu ne crois pas à quel point ça brasse avant d'avoir fait les pavés de Paris-Roubaix. Tu ne peux pas les comparer à aucun autre.

Un témoignage qui donne la chair de poule.

Je ne te mentirai pas qu'avant la course, je n'avais pas juste un peu peur. J'étais effrayé des conditions. C'était vraiment difficile pour le pilotage et on avait tous peur de tomber et de se faire mal sérieusement.

Après la course, ça m'a pris une heure et demie avant de retrouver une vision normale, parce que j'avais tellement eu de boue dans les yeux que je voyais embrouillé.

Une citation de :Guillaume Boivin

La peur était bien présente la veille, et le matin avant la course. J'ai été chanceux, une fois que le départ a été donné, la peur a disparu et j'étais concentré à faire la course. Je pense que si la peur était restée, je n'aurais jamais pu faire cette course-là. Il faut vraiment prendre beaucoup de risques, surtout ne pas trop toucher les freins sur la boue parce que c'est pire si tu freines.

Une première

Même si la course en était à sa 118e édition, pour la première fois de son histoire, le Paris-Roubaix présentait un volet féminin samedi.

J'étais dans ma chambre d'hôtel, parce qu'il pleuvait aussi cette journée-là, et on a regardé ça avec les gars, raconte Guillaume Boivin. C'est une super nouvelle de voir que les femmes participent pour la première fois à Paris-Roubaix. Je pense qu'elles ont donné un spectacle incroyable. Paris-Roubaix, c'est une course mythique, et je pense qu'il était vraiment temps que les femmes aient leur édition. Elles ont démontré qu'elles donnaient tout un show.

Et de ce qu’on a vu dimanche, Guillaume Boivin s’y connaît en matière de spectacle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !