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Laurence St-Germain veut être plus sereine au départ de ses courses

La skieuse lève le pouce pour la caméra après une bonne descente.

Laurence St-Germain

Photo : lehtikuva/afp via getty images / JUSSI NUKARI

Laurence St-Germain aborde la nouvelle saison de slalom avec optimisme. Elle a ajusté son volume de ski et travaille avec une préparatrice mentale pour se lancer à fond dans les deux manches qu'elle a à disputer.

Après avoir eu les dernières nouvelles de la Franco-Ontarienne Valérie Grenier, Radio-Canada Sports a joint Laurence St-Germain avant son deuxième camp d'entraînement préparatoire à la saison 2021-2022 qui a commencé mardi. Une saison toujours perturbée par la pandémie et magnifiée par le rendez-vous olympique du mois de février à Pékin.

La Québécoise de Saint-Ferréol-les-Neiges est tout à fait consciente qu'il s'agit d'une saison olympique. Mais elle ne veut pas encore y penser. Chaque chose en son temps.

Il lui reste encore deux mois de travail avec son entraîneur physique Charles Castonguay et sa préparatrice mentale Christiane Trottier.

J’étais à la maison cet été avec mon entraîneur physique et j’ai eu une bonne période d’entraînement physique, explique d'entrée Laurence St-Germain.

Je sens que j’ai fait de bons gains sur neige dans les deux camps, ajoute-t-elle. Je suis assez confiante pour ma saison. Mais c’est dur à dire, car les seules avec qui je peux me comparer pour l'instant, c’est mes coéquipières.

Lors de la saison 2020-2021, remise d'une vieille blessure à son genou gauche malgré des douleurs chroniques, elle a beaucoup skié, beaucoup plus que les années précédentes.

Depuis ma blessure en 2016, je gère des douleurs au genou, des problèmes de cartilage, je fais de l’arthrose. J’ai toujours de la douleur quand je skie. J’avais donc beaucoup baissé mon entraînement, autant physique que sur neige. Je ne courais plus, je ne sautais plus.

La saison dernière, c’était la première année que je travaillais avec Charles, et ça m’a vraiment aidée. Les douleurs sont vraiment moindres. J’ai réappris à faire plein de trucs, j’ai tout réintégré ça dans mon entraînement. J’ai dû faire le double de volume d’entraînement sur neige que les dernières années.

Alors qu'elle se limitait avant à une demi-douzaine de descentes au quotidien cet été, dans les entraînements, la skieuse a pu doubler ce nombre.

C’est une grosse différence. Je skie deux fois plus que les quatre dernières années, fait-elle remarquer. Cet été, je suis vraiment contente, car j’ai pu me rendre à un autre niveau dans mon entraînement physique.

Par contre, à force de skier, l'athlète de 27 ans s'est sentie très fatiguée en fin de saison. Elle doit absolument s'ajuster pour traverser la saison avec le même niveau d'énergie, et pour être en pleine forme au rendez-vous olympique, qui sera très drainant.

Avant les Championnats du monde, c’était à peu près à mi-saison, j’avais déjà fait le double de ski que j’avais fait les années d’avant, donc c’est comme si j’étais à la fin de la saison. J’étais contente de faire du volume, j’ai fait du ski, du ski, du ski.

Je dois mieux gérer le repos pour que j’arrive aux courses plus prête, plus reposée.

Une citation de :Laurence St-Germain, spécialiste du slalom

En fin de saison, elle a manqué de peu des tops 10 à cause de la fatigue qui la fragilisait. En mars, elle a terminé deux fois au 11e rang à Are, en Suède, et une fois à Lenzerheide, en Suisse.

Pourtant, le top 10, elle connaît. Elle avait fini 6e et 8e à Levi, en Finlande, en novembre 2020, et 10e à Jasna, en Slovaquie, le 6 mars... sans jambières de protection (photo). Un oubli dont on lui parle encore.

La skieuse, de face, passe une porte pendant un slalom.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Laurence St-Germain à Jasna en Slovaquie

Photo : Getty Images / Christophe Pallot/Agence Zoom

Du repos, elle en aura besoin, car Laurence St-Germain doit trouver la façon d'attaquer les deux manches du slalom de la même façon, à fond et sans crainte. Cela lui permettra de s'installer pour de bon parmi les 10 premières.

Ce qui me manque vraiment, c’est d’avoir deux manches solides. Je ne pense pas que c’est nécessairement de la confiance qui me manque parce que je crois que je sais que je suis capable. Mais je pense que c’est l’aspect mental d’y aller à 100 % tout le temps… Tu sais, prendre des risques et pousser à fond parce que je sentais qu’il y avait toujours une run sur deux que je faisais ça.

Parfois c'était la première, parfois la seconde, rarement les deux.

J'ai frôlé le top 10 la saison dernière. J’étais un peu en dedans, un peu dehors, fait-elle remarquer. Si je suis capable de skier les deux manches comme si je n'avais rien à perdre, je pense que cette année, je peux aller chercher des vrais tops 10 et même des tops 5.

La skieuse tasse un piquet du poing gauche.

Laurence St-Germain en 2020

Photo : Getty Images / Christophe Pallot/Agence Zoom

Pour l'aider à se sentir pleinement sereine au départ de chaque course, Laurence St-Germain a décidé de commencer à travailler avec une préparatrice mentale.

C’est la première année que je travaille avec une préparatrice mentale, donc, j’essaie d’aller chercher des trucs, je travaille mes discours mentaux, comment je veux être avant mes courses, ces aspects-là, pour justement être sereine au départ, précise-t-elle. Juste penser à attaquer parce que je pense que je visais beaucoup de constance dans les dernières années. Et là, je veux vraiment aller chercher des résultats plus hauts, donc je dois changer mon mental. Et c’est ça que je travaille en ce moment avec Christiane.

Là, on est encore dans la saison de préparation, donc j’ai hâte de voir comment ça va aller plus près des courses quand je vais être rendue à faire des simulations de course.

La pression du financement

Pour être plus sereine aux portillons de départ, Laurence St-Germain devra aussi trouver l'argent que lui demande la Fédération canadienne pour faire partie de l'équipe nationale.

C’est sûr qu’il y a un certain stress financier qui vient avec le ski alpin. Je dirais que c’est ça qui me stresse le plus en général hors ski, admet-elle. Ce n’est pas le sport le moins dispendieux. Et cette année, nos frais en équipe nationale sont de 30 000 $, donc je dois me financer 30 000 $ pour faire partie de l’équipe nationale cette année.

Face à son ordinateur, elle regarde vers sa gauche.

Laurence St-Germain en entrevue à Radio-Canada

Photo : Société Radio-Canada

Laurence St-Germain doit encore aller chercher 20 000 $ pour rester dans l’équipe.

Si je ne le débourse pas, je ne suis pas sur l’équipe nationale, dit-elle sans détour. Je vais trouver une façon d’avoir l’argent. J’ai toujours réussi à le trouver. Je le débourse moi-même. On a des paiements, et d’ici au 1er janvier, je dois avoir déboursé mon 30 000 $.

Une fois que je suis avec l’équipe, je suis complètement encadrée, je suis couverte. Mais pas pour mon entraînement physique à la maison. Physio, psychologue, ci, ça, c’est tout de l’extra, c’est moi qui gère mes dépenses et ce que j’ai le plus besoin. J’ai la chance d’avoir Excellence Québec-Lévis qui me soutient un peu là-dedans.

Cet organisme appuie annuellement plus de 400 athlètes, dont une trentaine en processus de sélection pour les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2022.

Avoir les bons outils

Sur la neige, la slalomeuse peut oublier ses soucis de financement, mais il lui reste une corvée à faire pour être prête pour la saison.

Je dois tester mon équipement. Je ne peux pas dire que j’aime beaucoup tester, je trouve que, des fois, ça devient un peu compliqué. Il y a beaucoup de facteurs qui peuvent changer, mais au bout de la ligne, le chrono ne ment pas. Je prends les skis que je suis confortable pour aller plus vite.

C’est assez facile. Quand les skis sont vite, tu les prends.

Une citation de :Laurence St-Germain, spécialiste du slalom

Je suis toujours avec Rossignol. Il y a différents modèles de ski de slalom, donc je dois choisir celui que je préfère, ajoute-t-elle. Comme j’ai un nouveau technicien, je teste aussi différents aiguisages et différentes manières d’affûter mes skis.

La Québécoise se simplifie la vie en choisissant un seul modèle qu'elle garde de course en course pour ne pas avoir de mauvaises surprises.

Je sais exactement comment je vais me sentir. Je trouve que ça fait moins de facteurs à blâmer si tu as une mauvaise performance. Je sais que si j’ai une mauvaise performance, c’est de ma faute, affirme-t-elle en riant.

Si Laurence St-Germain a le bon équipement, si elle se sent sereine au départ, elle aura tous les outils pour aborder les Jeux olympiques de la meilleure façon possible. Reste la confiance qui se bâtira au fur et à mesure des épreuves de Coupe du monde.

Les Jeux, c’est sûr que c’est prestigieux, c’est super important pour nous. L’enjeu est un peu plus grand, parce que ça vient tous les quatre ans, lance-t-elle en riant de bon cœur. Je vais vouloir performer le jour J. Mais autour des Olympiques, on a quand même une saison de Coupe du monde qui est pour moi super importante, et je vais vouloir performer dans toutes les courses.

Pour le slalom, les Jeux arrivent à mi-saison. Je vais déjà avoir fait cinq courses, je pense, avant les Jeux [en fait, six, NDLR]. Donc, pour l’instant, je focusse sur ces courses-là. J’espère que ça va bien aller, et que rendue aux Jeux, je vais me sentir bien.

En 2018, en Corée du Sud, Laurence St-Germain avait fini 15e du slalom et avait atteint les huitièmes de finale de l’épreuve par équipe.

Elle fait un virage à gauche entre deux portes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Laurence St-Germain lors des Jeux olympiques de 2018 en Corée du Sud

Photo : Getty Images / Sean M. Haffey

L'expérience olympique

Pour vivre à plein les Jeux de 2022, Laurence St-Germain fera une pause cet hiver dans ses études à Polytechnique Montréal. Cet automne, elle suit deux cours par correspondance. Elle sait qu'elle ne verra pas grand-chose de la Chine, mais elle veut en profiter au maximum malgré la pandémie et les restrictions sanitaires.

Il n’y aura pas de spectateurs étrangers. Je suis déçue que ma famille ne pourra pas être là. Mais sinon, je pense qu’à Tokyo, ça a relativement bien été. Tout le monde va être dans le même bateau, j’essaie de ne pas trop y penser encore. Avec la pandémie, ça bouge tellement vite qu’on ne sait pas vraiment comment ça va être en février. Et je sais qu’avec l’équipe, on va être super bien encadrés, donc ce n’est pas vraiment une inquiétude que j’ai pour l’instant.

Son prochain camp d'entraînement est du 12 au 29 octobre. Elle sera d'abord en Autriche, à Sölden, puis à Val Salenas, en Italie.

La première épreuve de Coupe du monde de la saison de slalom aura lieu à Levi les 20 et 21 novembre. Après sa 6e place en 2020, pourquoi pas un top 5 en 2021?

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