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Celeste Boureille, la plus Française des Américaines de la NWSL

Elle regarde devant elle avant un match.

Celeste Boureille

Photo : Craig Mitchelldyer/isiphotos.com

Olivier Tremblay

Pour les journalistes, le « guide de prononciation » des équipes sportives est un outil précieux qui leur fait éviter certains pièges. Mais il arrive parfois qu’il en crée, comme dans celui des Thorns de Portland de la NWSL. Dans le nom de Celeste Boureille, faut-il vraiment dire « Boo-ray »?

La réponse, vous l’aurez devinée, est non. Sans être très répandu, Boureille est un nom tout à fait français importé à San Francisco vers la fin des années 1980 par Max Boureille. Quelques années plus tard, Max et sa conjointe Carol ont eu une fille prénommée Celeste qui offre aujourd’hui un lien insoupçonné entre la NWSL et la langue française, bien loin des voies habituelles comme les joueuses canadiennes ou les représentantes de l’Hexagone que sont Sarah Bouhaddi, Eugénie Le Sommer et Gaëtane Thiney.

La milieu de terrain de 27 ans fait partie des Thorns depuis 2016. Sa fiche donne l’impression qu’elle est hyperactive : chaque automne, depuis qu’elle est dans la NWSL, elle est prêtée à un club de l’étranger pendant l’intersaison.

Après quatre séjours purement professionnels en Australie, c’est une expérience parfois émouvante qu’elle a vécue de septembre à janvier dernier. Boureille a passé ces quelques mois à Fleury, près de Paris. Bien entendu, le papa était aux anges, affirme sa fille, qui n’avait précédemment visité la mère patrie qu’une fois, à un très jeune âge.

J’étais tellement heureuse de pouvoir faire ça. C’était un de mes rêves, aller jouer en France, soutient la joueuse en entrevue. Je voulais y retourner un jour. J’y ai vécu une superbe expérience. J’étais ravie de pouvoir le faire et de voir la famille aussi. Ça, c’était bien. Il y avait même des membres de la famille que je n’avais jamais rencontrés.

Elle prend la pose en présentant le maillot du club à l'objectif.

Celeste Boureille a joué 13 matchs pour le FC Fleury, club de la première division française.

Photo : FC Fleury 91

Attention au choc culturel. Aller visiter sa tante à Fontainebleau ne lui prenait que 45 minutes à partir de Fleury, mais pour les fêtes de Noël, c’est la famille à Antibes, près de Nice, qui jouait les hôtes. L’aller-retour de 18 heures dans les sinueuses routes françaises n’a pas toujours rendu la Californienne à l’aise…

En revanche, s’imprégner de la langue française lui a fait le plus grand bien. Boureille a amorcé sa scolarité dans une école franco-américaine, mais elle a surtout grandi en anglais, une décision prise en partie à cause du milieu de vie de la famille et en partie parce que sa mère est anglophone. À Fleury, elle a marché dans les traces de ses ancêtres de bien des façons.

Mon père est un grand adepte de soccer. Mais le grand joueur, c’était mon grand-père, raconte Boureille. Il a joué au niveau professionnel en France, même si ce n’était pas en première division. Le nom de son équipe m’échappe. C’était il y a belle lurette, après tout. Mais il était un grand amoureux du jeu, alors papa l’est aussi, et il est mon plus grand supporteur.

Quelques mois après son aventure en France, Boureille avoue bien franchement que son français est un peu rouillé. La lecture et l’écriture ne sont pas tout à fait à point, mais ses aptitudes de compréhension orale et de conversation lui font souhaiter tout haut que la prochaine entrevue ne se fasse pas en anglais.

Sur le terrain, cependant, les bons mots pouvaient être difficiles à trouver. Boureille a donc dû interpréter différemment le rôle de leader qu’elle a toujours cherché à occuper. Il lui fallait, encore plus qu’à l’habitude, montrer l’exemple plutôt qu’exprimer fermement ses volontés.

Elle maîtrise le ballon devant une coéquipière à l'échauffement.

Celeste Boureille joue malgré deux blessures aux poignets.

Photo : Daniel Bartel/isiphotos.com

Jouer dans différents pays, différentes cultures et différents championnats, ça enrichit concrètement mon expérience de joueuse. Et je peux mettre à profit les qualités que j’acquiers là-bas au sein de mon équipe actuelle, souligne-t-elle. En France, c’était génial de constater les différences dans le jeu. Ce n’était pas énorme, mais on se concentrait beaucoup sur des trucs techniques à l’entraînement, par exemple. Je voyais des choses que je n’avais pas faites avant et que je peux intégrer à mes habitudes. Les petits détails changent tout.

Forte de ces expériences, Boureille a profité des nombreuses absences de joueuses internationales cette saison pour montrer qu’elle a assurément un rôle à jouer avec les Thorns. Attaquante à l’université, défenseuse à ses débuts en NWSL, la numéro 30 de Portland est aujourd’hui une milieu de terrain énergique dont l’entraîneur apprécie l’éthique et le volume de jeu.

Elle connaissait l’une de ses saisons les plus occupées jusqu’à ce que les blessures freinent son élan au début d’août. Après une fracture du nez en début de saison, elle a trouvé le moyen de se faire mal aux deux poignets : une entorse à droite, puis une double fracture à gauche.

Elle a effectué son retour au jeu le 25 septembre dernier, pour la première mi-temps de la défaite des Thorns à Chicago, avec un bandage au poignet droit et un plâtre au poignet gauche qui lui donnaient l’air d’une boxeuse.

Avec la visite de leurs grandes rivales de l’OL Reign, mercredi, les fidèles des Thorns voudront peut-être même que Celeste Boureille emprunte quelques trucs au pugilat.


Christine Sinclair et Quinn sont les têtes d'affiche du match entre les Thorns de Portland et l'OL Reign.

Les Thorns de Portland reçoivent l'OL Reign ce mercredi.

Photo : Radio-Canada

La NWSL est de retour à Radio-Canada Sports!

Après une première expérience couronnée de succès lors de la Coupe Challenge 2021, Radio-Canada Sports diffuse encore des matchs de la première division féminine nord-américaine, dont les éliminatoires en entier.

Soyez au rendez-vous le mercredi 13 octobre dès 22 h 30 (HAE) pour un choc entre deux clubs rivaux, les Thorns de Portland et l'OL Reign.

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