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Les chantiers de Luc Tardif, nouveau patron du hockey mondial

Un homme derrière un lutrin prononce un discours.

Le nouveau président de la Fédération internationale de hockey sur glace, Luc Tardif

Photo : Twitter @IIHFHockey

Alexandre Coupal

Dans le cadre d’un long entretien accordé au balado Tellement hockey, le nouveau président de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), Luc Tardif, a abordé une multitude de sujets, dont certains qui seront ses principaux chantiers.

La progression du hockey féminin

Au moment où les forces qui veulent organiser un circuit professionnel féminin sont toujours divisées, avec la nouvellement baptisée Premier Hockey Federation d’un côté, la PWHPA de l’autre, et la LNH qui attend toujours avant de se mouiller, le nouveau président de l’IIHF est sans équivoque à savoir s’il est nécessaire que la LNH s’implique.

Je pense qu’elle devrait. Le soccer ici en Europe, ça a vraiment commencé à décoller quand les grands clubs ont mis les moyens, avec les mêmes entraîneurs, la même énergie, le même savoir-faire, etc. Ça a commencé à Lyon, et après, il y a eu un effet d'entraînement. Le PSG a dit "nous aussi", et après un autre…

Les grandes structures, les grands clubs s’investissent vraiment. Ils ne font pas semblant de s’investir, ils s’investissent vraiment, comme ils l’ont fait pour les garçons.

Une citation de :Luc Tardif, président de la Fédération internationale de hockey sur glace

Pendant que l’on attend un dénouement au niveau professionnel, le hockey féminin a passablement évolué aux yeux de Luc Tardif.

Déjà, les progrès qui ont été faits depuis Vancouver au hockey féminin, ça ne se voit pas trop, parce que vous voyez le haut. Je me souviens qu’à Vancouver, Jacques Rogge avait fait une menace. Il avait dit : "Si les championnats féminins, ça se résume toujours à la même finale, et que le reste, c’est des 10-0, on va arrêter ça." Là, il y a eu une espèce d’électrochoc et les grandes nations, enfin, ont commencé à aider les petites nations. Peut-être de façon égoïste, mais l’impact était là.

Il y a eu des échanges. Nous en France, France St-Louis est venue nous aider, et résultat, les finales, ce ne sont pas toujours les mêmes. On a vu les Finlandaises, et maintenant, on a une dizaine ou une quinzaine de nations qui commencent à être assez homogènes. Et les matchs, ça n’a plus rien à voir.

Maintenant, les fédérations ont pris vraiment le taureau par les cornes, elles ont commencé à faire des investissements, mettre des entraîneurs. Il commence à y avoir des ligues semi-professionnelles en Suède, en Finlande, en Suisse. La seule difficulté, c’est quand on voit qu’une ligue professionnelle, même au Canada, c’est difficile, on peut voir un peu comment ça peut être difficile pour tout le monde. Moi, je pense qu’on va passer ce cap-là.

Je pense que ce pas vers un professionnalisme, on est en train de le faire.

Le 3 contre 3 aux Jeux olympiques

Le basketball a décliné une mouture du genre aux derniers Jeux d’été. Le rugby et le volleyball ont également développé différentes adaptations qui ont trouvé leur place dans le programme olympique.

Je trouve que ça va bien avec la génération qui zappe. On doit être à la recherche de nouvelles façons de jouer, lance Luc Tardif.

On l’a expérimenté aux Jeux de la jeunesse à Lausanne. C’était comme un festival de la jeunesse, donc on avait des joueurs de toutes les nations qui jouaient dans différentes équipes, et on a fait une compétition trois contre trois. On a expérimenté les règlements, on a regardé la notion de sécurité, et on a affiné un petit peu les règles. Mais on a fait cette expérience, et elle a été concluante.

Le Comité olympique a été assez surpris, et séduit.

Une citation de :Luc Tardif

Le nouveau président y voit aussi une occasion d'asseoir l’importance de son sport aux Jeux d’hiver.

Le boulot que l’on fait aux Jeux olympiques pour six médailles, trois pour les garçons, trois pour les filles, on investit 15 millions pour amener les arbitres, etc. On commence les qualifications un an et demi à l’avance. Eh bien, je trouve qu’on n’est pas considérés à notre juste valeur. Alors qu’on a un impact qui vaut plus. Je me dis : "On va pousser le trois contre trois, pour être un peu plus présent."

Une telle entreprise demande un peu de temps.

J’aimerais qu’aux prochains Jeux de la jeunesse, on garde ce festival, mais qu’on fasse une expérimentation.

J’ai envie de mettre une équipe là-dessus, parce qu’il y a des impacts sur le type d’équipement, le type de bande… On ne sera pas prêts pour l'Italie (en 2026), et on ne connaît pas l’endroit où auront lieu les Jeux après, mais ce serait un bon timing.

La sempiternelle question de la présence de la LNH aux Jeux

C’est la raison pour laquelle René Fasel apparaissait de manière si constante dans les médias. Ce sera maintenant au tour de Luc Tardif, qui, bien évidemment, souhaiterait une solution permanente.

J’aimerais bien trouver un accord à long terme, et ne pas être obligé tous les quatre ans d’entrer dans ce même type de négociations. Mais bon, même s’il faut tendre vers ça, je pense qu’il va falloir faire avec, dit-il.

L’absence des joueurs de la LNH à Pyeongchang en 2018 a peut-être porté des fruits pour la suite.

Suite aux difficultés, et la non-participation à Pyeongchang, le Comité olympique a commencé, enfin, à faire des concessions et à nous aider pour le financement des assurances des athlètes, le transport. Avant, il nous laissait tout seuls.

Une citation de :Luc Tardif

Le CIO a accepté pour une première, une dérogation pour que la Ligue nationale utilise non pas les anneaux, mais une fenêtre pour dire que la Ligue nationale participe aux Jeux olympiques. Il y a eu vraiment un compromis.

On aimerait que ce soit pérenne. Si c’est pérenne, ça veut dire qu’on peut faire un truc à long terme. Mais je ne pense pas que la Ligue nationale veut s’embarquer là-dedans. Mais ce n’est pas qu’on n'essaiera pas.

Malgré les charmes de Milan, il y a fort à parier que Luc Tardif sera une personnalité incontournable dans les médias quelques mois avant les Jeux de 2026.

(Le balado de l’entretien complet de Luc Tardif à Tellement hockey sera publié au cours des prochains jours.)

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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