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La mission (presque) impossible de Kaiden Guhle

Kaiden Guhle est écrasé sur la baie vitrée.

L’attaquant des Maple Leafs Wayne Simmonds met en échec le défenseur du Canadien Kaiden Guhle.

Photo : Reuters / Eric Bolte/USA TODAY Sports

Lundi matin, Dominique Ducharme décrivait ce qu’un jeune joueur doit lui montrer au camp d’entraînement pour avoir ne serait-ce qu’une mince chance de se tailler un poste avec son équipe. Lundi soir, un jeune défenseur, Kaiden Guhle, a appliqué la recette.

Ducharme a d’abord parlé de ses fameux quatre paliers de la saison, faisant référence au niveau de jeu qui augmente en même temps que la saison progresse. Un peu comme si vous changiez de tableau à Mario Bros.

C’est de savoir qui va être capable de continuer à monter son jeu à travers ces paliers. Est-ce que le jeune a le potentiel de le faire immédiatement, a-t-il expliqué.

Concrètement, comment l’évaluer?

C’est la capacité de répondre à des petits détails qu’on veut corriger. La capacité physique d’un jeune joueur de mettre ça ensemble […] Quand le jeu va être plus physique, va-t-il être capable de maintenir ça, a détaillé l’entraîneur.

La phrase fétiche à ce temps-ci de l’année : ce n’était qu’un match, mais Guhle a offert une ribambelle de petits jeux impressionnants dans la victoire de 5-2 du Canadien contre les Maple Leafs.

Guhle qui bloque un tir sur réception en désavantage numérique, se relève, met en échec Wayne Simmonds, aide son équipe à faire avorter la menace.

Guhle qui gère bien la vitesse de Travis Dermott tentant de le border, lui enlève le disque, amorce la sortie de zone.

Guhle qui frappe (4 mises en échec) et joue 23 min 44 s, dont 21:36 à cinq contre cinq.

Cet ensemble de petits détails, justement, dûment notés par tous les observateurs.

Au premier chef, son partenaire à la ligne bleue, David Savard.

Il patine super bien, il a bien fait défensivement. Il est physique quand il en a besoin, il se positionne extrêmement bien. Il a rendu ma job très facile, a-t-il conclu dans ce qui est certainement l’un des plus beaux compliments de la part d’un vétéran.

Jonathan Drouin a vanté sa capacité à bien contrôler l’espace qui le sépare du porteur du disque, une nécessité à ce niveau pour enlever du temps à l’adversaire.

Ducharme a reconnu un peu tout ça.

Quel est le problème alors? L’échantillon est famélique, d’accord, mais le CH a besoin de défenseurs. Après les quatre premiers arrières de l’équipe, le déluge. Même le poste d’Alexander Romanov pourrait être en jeu, qui sait?

Et Guhle affiche une telle maturité. Autant sur la glace que devant un parterre de journalistes curieux d’avoir ses impressions. Il s’est présenté devant les médias, sac de glace sur le pied droit, nullement impressionné par le parterre chevronné pour répondre d’aplomb qu’il estimait avoir joué solide, simple.

Pas de l’arrogance, de la confiance. Sauf qu’il a 19 ans. Au nombre de fois où Ducharme a répété depuis le début du camp qu’un joueur peut arriver trop rapidement dans la LNH, mais jamais trop tard, on croirait le Tricolore échaudé par de récentes mauvaises expériences.

À voir tout le bien que Nick Suzuki a tiré de sa saison à dominer dans la Ligue de l’Ontario à 19 ans comparativement aux essais moins concluants de Victor Mete et de Jesperi Kotkaniemi, il y a de quoi tempérer ses ardeurs.

Un joueur d’âge junior de sa trempe part-il donc avec deux prises contre lui, a-t-on demandé à l’entraîneur?

Il faut faire attention. Mais toute l’expérience qu’il prend, toutes les chances, à l’entraînement, un match comme ce soir, ce sont des choses où il grandit. À un moment donné, il faudra prendre une décision […] Quand je le regarde, [je sais] qu’on va avoir un excellent défenseur pour plusieurs années. Il faut être patient, le faire quand c’est le temps, a lancé Ducharme.

Beaucoup de prudence et d’introspection ici.

Si Guhle a ressorti du lot, ses rivaux Mattias Norlinder et Chris Wideman ont été plus discrets.

Un trio intrigant

Une fois n’est pas coutume, il n’y a d’ailleurs que peu de points négatifs à souligner du côté du Tricolore dans ce match. Jake Allen semble déjà prêt. Michael Pezzetta a surpris par sa fougue et sa finition (une jolie déviation et un autre but dans un filet désert).

Et l’une des meilleures nouvelles pour Ducharme : le trio de Drouin, Christian Dvorak et Josh Anderson a développé rapidement une cohésion. Les trois ont récolté neuf points, dont huit en avantage numérique, et se repéraient aisément un peu partout sur la glace.

Trois joueurs du Canadien de Montréal célèbrent un but à côté du gardien des Maple Leafs de Toronto.

Après avoir déjoué Jack Campbell, Christian Dvorak célèbre son but avec ses coéquipiers Jonathan Drouin et Joel Armia.

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Drouin et Anderson, de bons amis, aimaient déjà jouer ensemble et le style de jeu de Dvorak, efficace et intelligent, en fait un joyeux complément, foi de Drouin.

Il est juste intelligent. Avec ou sans la rondelle, il est vraiment intelligent. [Rick] Tocchet en parlait. Tu peux le mettre dans toutes les situations. C’est un gros échange de Marc.

Une citation de :Jonathan Drouin à propos de Christian Dvorak

Le camp d’entraînement a beau durer trois semaines, l’entraîneur n’a que six matchs pour dénicher les meilleures combinaisons. Il a donc peu de temps à perdre, surtout qu’il risque d’alterner entre deux équipes distinctes pour les quatre premières rencontres.

L’on peut croire que les trios assemblés, dans certains cas, représentent bien plus que des expérimentations, mais des désirs de l’entraîneur-chef. Une vision même.

Si on veut continuer à jouer ensemble, il faut continuer sur cette poussée, a affirmé Drouin.

Sans Brendan Gallagher et Mike Hoffman, le portrait est incomplet.

Si leurs coéquipiers réussissent à s’accorder en leur absence, ce ne sera que des options supplémentaires pour le CH. Et ce sera surtout aux ailiers de s’intégrer au tableau peint par Ducharme. Non l’inverse.

En rafale

Jonathan Drouin a reçu de chaleureux applaudissements à quelques reprises pendant le match, particulièrement quand Michel Lacroix a annoncé sa mention d’aide sur le premier but de la soirée de Josh Anderson, auteur d’un doublé. Le Québécois rencontrait les médias en point de presse pour la première fois depuis le mois d’avril et semblait détendu. L’ovation de la foule lors du match intraéquipe de dimanche lui a même fait verser une larme, a-t-il assuré, même si ça n’a peut-être pas paru.

À l’inverse, de tristes sires installés dans les hauteurs du Centre Bell s’amusaient à railler le gardien Kevin Poulin, venu en relève à Jake Allen au milieu de la deuxième période. Poulin a accordé un mauvais but dès les premières minutes et recevait des applaudissements ironiques à chaque arrêt de routine. L’humanité, parfois.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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