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Stephanie Labbé a souffert d’anxiété pendant les Jeux de Tokyo

La gardienne de but réussit un arrêt.

Stephanie Labbé

Photo : Getty Images / Koki Nagahama

La Presse canadienne

Stephanie Labbé, dont les prouesses ont aidé le Canada à gagner la médaille d’or en soccer à Tokyo, révèle qu’elle n’a pas été en mesure de s’entraîner pendant une partie des Jeux olympiques en raison d’un « niveau élevé d’anxiété et de multiples attaques de panique ».

La gardienne de 34 ans avait déjà parlé ouvertement de ses problèmes de santé mentale dans le passé. Elle a cette fois partagé son histoire publiquement afin de promouvoir un programme de sensibilisation pour la santé mentale lancé par FIFPRO, une organisation qui représente 65 000 joueurs de soccer professionnels.

Une blessure aux côtes est venue ennuyer Labbé lors du match d’ouverture du Canada contre le Japon aux JO. Malgré la douleur, elle a pu terminer la rencontre. Elle n'a finalement raté qu’un seul match et a permis à son équipe de gagner en tirs de pénalité en quarts de finale contre le Brésil et en grande finale, face à la Suède.

Toutefois, il y a eu un prix à payer, explique Labbé dans un essai publié par FIFPRO ayant pour titre : Gagner les Olympiques n’est pas suffisant pour guérir la santé mentale.

Je n’avais aucune idée que cette blessure allait affecter mon état mental, a écrit Labbé. Mon niveau d’adrénaline était si élevé, et mon système neuromusculaire était si finement réglé que j’ai eu de la difficulté à redescendre entre les matchs. Cela a engendré des niveaux d’anxiété très élevés et de nombreuses attaques de panique. Ç’a atteint un point où je n’ai pas pu m’entraîner entre les quarts de finale et la finale parce que j’étais surstimulée.

Labbé savait qu’il ne s’agissait pas d’anxiété de performance.

Avec du recul, je réalise que c’était une accumulation de tout ce que j’avais vécu au cours de la dernière année. La pandémie, les changements d’entraîneurs, le manque de clarté concernant ma place dans l’équipe... Atteindre les Jeux olympiques n’était pas un remède magique face à tout ça, a-t-elle confié.

Quand le coup de sifflet final s’est fait entendre et que nous avions gagné l’or, je m’attendais à ressentir un soulagement incroyable. Mais ce sentiment n’est jamais venu. Peu importe à quel point je voulais relaxer et célébrer avec mes coéquipières, je n’arrivais pas à quitter cet état de vigilance accrue.

J’ai passé les 48 heures après avoir gagné la médaille d'or allongée dans une pièce sombre.

Une citation de :Stephanie Labbé, gardienne du Canada

Labbé, qui a récemment conclu une entente avec le Paris Saint-Germain, avait déjà parlé de moments difficiles qu'elle a connus en 2012 et après les Jeux de Rio en 2016.

En 2012, elle se sentait bien avec son club, mais le temps passé avec l’équipe nationale a fait des ravages. Elle s’est donc retirée et a raté les Jeux olympiques de Londres, où le Canada a gagné la médaille de bronze.

Après avoir remporté le bronze à Rio en 2016, elle a commencé à éprouver les mêmes sensations alors qu’elle jouait pour le Spirit de Washington. En septembre 2017, le Spirit a annoncé que Labbé manquerait le reste de la saison pour des raisons médicales.

Elle raconte qu’après la médaille de bronze à Rio, elle avait hâte de rentrer à la maison afin de partager cet exploit avec un maximum de personnes.

Toutefois, quand est arrivé le moment de montrer la médaille et de parler de mon expérience, j’ai commencé à me sentir vide à l’intérieur, j’ai commencé à sentir que cette pièce de métal valait plus que moi en tant que personne. N'ayant aucune compétition dans un futur rapproché, ma motivation a commencé à chuter de façon draconienne.

Avec le temps, j’ai appris à trouver un équilibre dans mon esprit entre ce que j’ai accompli et ce que je vaux. Et j’en suis venue à apprécier ma médaille à nouveau, surtout lorsque je considère à quel point j’ai travaillé fort physiquement et mentalement pour atteindre ce point dans ma carrière.

Nous avons parfois l’impression que notre santé mentale est directement liée à notre performance sur le terrain. Et bien que je comprenne qu’il s’agit évidemment d’un facteur, ce n’est pas tout. Une fois que le trophée a été soulevé, et que les partisans ont cessé d’applaudir, il y a des chances que l’athlète se sente à son plus bas. C’est à ce moment que nous avons le plus besoin de soutien, quand nous devenons de simples êtres humains.

En lançant son programme pour la santé mentale en juin, FIFPRO révélait que 38 % des joueurs de soccer professionnels avaient souffert de symptômes de maladie mentale au cours de leur carrière. Cette statistique aurait augmenté pendant la pandémie de COVID-19.

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