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La triple mission de Gaëtane Thiney aux États-Unis

Elle prend part à l'échauffement avant un match.

Gaëtane Thiney est en prêt au Gotham FC jusqu'à la fin de la saison 2021 de la NWSL.

Photo : Craig Mitchelldyer/isiphotos.com

Olivier Tremblay

Elle est une joueuse légendaire du Paris FC, la capitaine qui refuse depuis toujours les propositions de l’Olympique Lyonnais ou du Paris Saint-Germain. Elle est une figure marquante de l’équipe de France, avec ses 163 sélections et ses 58 buts. Mais aujourd’hui, Gaëtane Thiney est la fille heureuse de montrer à ses parents son nouveau milieu de vie.

Maman et papa Thiney visitent la région de New York pour la toute première fois. Leur grande enfant de 35 ans s’installe dans la voiture pour s’entretenir avec Radio-Canada Sports pendant qu’ils explorent les lieux, au milieu des klaxons. Si elle est rigoureusement fidèle à son club, l'attaquante avait toujours voulu vivre une expérience à l’étranger, et c’est au Gotham FC de la NWSL, jusqu’à la fin de la saison, qu’elle satisfait son insatiable soif d’apprentissages.

La NWSL est de retour à Radio-Canada Sports!

Après une première expérience couronnée de succès lors de la Coupe Challenge 2021, Radio-Canada Sports diffusera des matchs de la première division féminine nord-américaine à partir du 25 septembre, dont les éliminatoires en entier.

Soyez au rendez-vous dès le samedi 25 septembre pour un duel entre le Gotham FC et le Courage de la Caroline du Nord, à 15 h (HAE), suivi du match entre les Red Stars de Chicago et les Thorns de Portland, à 20 h.

Elle se dit hyperactive et épicurienne. Elle veut découvrir tout, goûter à tout. Thiney a choisi les États-Unis parce que les saisons américaine et française sont décalées. Cela lui permet de ne pas partir trop longtemps, mais d’en profiter intensément, avec ce calendrier de matchs incroyable, hallucinant.

Avant la pandémie, Thiney s’est mise à faire des recherches sur les clubs de la NWSL, mais elle n’est pas passée par quatre chemins pour aboutir au Gotham FC. Elle avait le luxe de contacter directement la grande Carli Lloyd, no 10 new-yorkaise, qui s’est empressée de relayer ses coordonnées à la directrice générale de l’époque, Alyse LaHue, et à l’entraîneuse – de l’époque aussi, c’est une saison bizarre à Gotham – Freya Coombe.

Cette dernière cherchait justement à recruter Thiney depuis des mois, mais elle n’arrivait pas à trouver son agent. Et pour cause : la joueuse n’en a pas. Je pense que je suis assez carrée pour écrire un courriel, souligne-t-elle.

Toute cette histoire m’a fait dire que c’était tout tracé pour aller à New York, soutient Thiney. J’ai laissé tomber les autres clubs, les visites. J’ai fait un peu confiance à la vie, parce que je me dis que, dans la vie, il n’y a pas grand-chose qui tient au hasard.

Je profite de chaque instant, même si je serai très heureuse de retrouver les miens en rentrant.

Une citation de :Gaëtane Thiney, joueuse du Gotham FC

Le choc des cultures est tout de même considérable après plus de 20 ans comme joueuse professionnelle en France. Découverte à 14 ans par la redoutable buteuse Marinette Pichon, aujourd’hui directrice technique du club de soccer de LaSalle, Thiney est donc adolescente lorsqu’elle fait ses débuts en première division avec le Saint-Memmie Olympique.

Quand elle se joint à son club actuel, en 2008, c’est l’amour d’une vie qui commence. Un sentiment d’appartenance qu’elle ne croit pas tout à fait possible en Amérique du Nord pour les joueuses, susceptibles d’être échangées à tout moment, ce qui fait que la notion de se battre pour sa ville peut leur être étrangère.

Pour quelqu’un comme moi qui est très, très attachée à son club, il y a beaucoup de repères que je n’ai pas ici, dit Thiney. J’ai du mal à comprendre. Moi, un de mes moteurs, une de mes motivations, c’est ça. Du coup, je pose beaucoup de questions aux filles : est-ce que tu te sens vraiment intégrée dans ce club? J’ai ce souci-là, un peu communautaire, et je me rends compte qu’il y a une volonté de performance collective, mais je le vois comme suit : si l’équipe joue bien, les individualités vont s’exprimer. Ici, j’ai l’impression que c’est : si les individualités s’expriment, l’équipe s’exprimera. C’est une toute petite nuance qui change tout.

L’identité collective est au cœur de ce séjour aux États-Unis. Le Gotham FC, c’est l’ancien Sky Blue FC dont la marque a été remise à neuf au début d’avril.

Elles se bousculent pour tenter de gagner le ballon.

Gaëtane Thiney (à gauche) et Carli Lloyd se sont croisées à quelques reprises sur la scène internationale avant d'être coéquipières au Gotham FC.

Photo : Getty Images / AFP/CHRISTOF STACHE

C’est un processus qui n’a plus de secrets pour Thiney puisqu’elle l’a vécu en 2017 lorsque le FCF Juvisy, pour lequel elle avait déjà inscrit 115 buts en D1, est devenu la section féminine du Paris FC. Changer les couleurs, le nom, le maillot, elle connaît, et ça lui a souri, puisqu’elle a encore touché la cible 24 fois en championnat depuis. Comme à Paris, elle voit un réel potentiel à New York et au New Jersey même si, dans cette refonte de l’image somme toute réussie, son club américain a traversé certaines épreuves.

Le 3 août, l’ex-défenseuse internationale américaine Yael Averbuch West a remplacé la directrice générale Alyse LaHue, congédiée pour des motifs liés à la politique anti-harcèlement de la NWSL. Trois semaines plus tard, la nouvelle DG a dû embaucher un entraîneur puisque Freya Coombe pilotera l’équipe d’expansion de Los Angeles en 2022.

Sur le terrain, Gotham surfe sur son bon début de saison pour demeurer dans la course aux éliminatoires. Après n’avoir subi qu’une défaite en 11 matchs, le club n’a plus gagné depuis le 25 juillet. Thiney et ses coéquipières ont perdu quatre de leurs six dernières rencontres. Une victoire samedi contre la Caroline du Nord leur ferait le plus grand bien.

Malgré tout, je me dis que c’est une expérience enrichissante, quel que soit le contexte, ajoute Thiney. J’ai vécu une entraîneuse qui s’en va, j’ai pu voir deux différents entraîneurs. Parfois, je me disais que le foot, c’était ça, alors que c’était la version d’un entraîneur. Là, j’ai la version d’un autre. Je le prends très positivement. Ce club est un peu à l’image du Paris FC, un club qui est nouveau, comme nous il y a quelques années, qui se construit une identité et une philosophie avec de nouvelles personnes qui vont décider.

Je pense que c’est un club qui a de l’avenir. Il y a un vrai potentiel à New York.

Une citation de :Gaëtane Thiney, joueuse du Gotham FC

Les rapprochements entre le Paris FC et le Gotham FC se multiplient. Depuis les premiers contacts avec Carli Lloyd, l’équipe parisienne a accueilli en prêt des joueuses comme la Québécoise Évelyne Viens, qui y a fait un tabac avec un rythme de près d’un but par match. Encore cette semaine, Gotham a prêté la milieu de terrain américaine Delanie Sheehan au Paris FC jusqu’à la fin de 2021.

La collaboration semble s’inscrire dans le long terme, et c’est tout ce que souhaite Gaëtane Thiney, dont le travail ne s’arrête même pas aux relations entre les deux clubs. En plus de ses responsabilités de joueuse et, visiblement, d’ambassadrice, elle occupe un poste de conseillère technique à la Fédération française de football. Elle profite de son passage en Amérique pour analyser l’écosystème américain du soccer et tout l’environnement autour du développement et du foot professionnel, garçons et filles.

C’est à se demander quand elle arrive à dormir. Et ce ne sera pas ce dimanche. Elle doit se lever à 6 h 30 pour regarder ses sœurs du Paris FC affronter le tout-puissant PSG.

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