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Yvon Michel écarte de ses galas les boxeurs étrangers venant de subir un K.-O.

Deux boxeuses s'observent dans le ring pendant leur combat.

Jeannette Zacarias Zapata (à gauche) est morte quelques jours après avoir subi un K.-O. face à Marie-Pier Houle (à droite).

Photo : Groupe Yvon Michel/Yanick Maltais

Radio-Canada

Trois semaines après le décès de Jeanette Zacarias Zapata et dans la foulée des révélations de La Presse sur la boxeuse mexicaine et son entourage, le promoteur Yvon Michel affirme qu’aucun boxeur étranger ayant subi un K.-O. à son plus récent combat, peu importe à quand remonte cette défaite, ne pourra monter dorénavant dans le ring à l’un de ses galas.

C’est sûr que, quand il arrive des choses comme ça, on regarde avec beaucoup d’attention ce qu’on peut faire de mieux, tout le temps. Il y a déjà une décision qu’on a prise chez nous : si un boxeur étranger a subi un K.-O. à son combat précédent, il ne remontera pas sur le ring ici. On n’engagera jamais, on ne réservera jamais ses services, peu importe que ça fasse 30 jours, 6 mois ou 2 ans, a assuré le président du Groupe GYM à l'émission Tout un matin jeudi.

Au cours des derniers jours, une série d’articles parus dans La Presse ont soulevé de nombreuses interrogations sur l’entourage de la Mexicaine et sur le personnel médical de son pays, qui auraient caché à la Régie des alcools, des courses et des jeux qu’elle avait subi un premier hématome cérébral lors de sa défaite par K.-O. contre Cynthia Lozano, en juin.

J’étais furieux. Je ne pouvais pas comprendre. Si c’est vrai qu’elle avait subi un hématome lors de son combat précédent, ça dépasse mon entendement que la commission athlétique locale a pu lui délivrer un permis pour qu’elle puisse sortir du pays et venir boxer ici. Qu’un neurologue lui a donné l’autorisation de boxer, qu’un médecin généraliste a fait un examen qu’il lui a donné l’autorisation de boxer. Encore plus, que son entraîneur et son père aient cautionné tout ça, a ajouté Yvon Michel.

Je ne peux pas croire qu’un médecin, qu’un neurologue, qu’une personne qui a reçu un saignement cérébral aurait été autorisée. Quelqu’un qui a eu ce genre de blessures partout dans le monde, il lui est interdit de boxer pas pour trois mois, six mois, mais à vie. Tu ne peux pas avoir un permis quelque part si tu as déjà eu un hématome cérébral.

Une citation de :Yvon Michel, promoteur de boxe et président du Groupe GYM

La Presse détaille également que le père de Zacarias Zapata aurait refusé qu’on l’opère d’un hématome cérébral à deux reprises, la première fois au Mexique en mai dernier et la seconde au Québec, dans les heures suivant son K.-O. subi face à Marie-Pier Houle.

Je ne suis pas encore convaincu que c’est arrivé et, si c’est le cas, que tu ne fasses pas tout ce qu’il faut pour sauver la vie de ta fille, je ne comprends pas, a poursuivi Yvon Michel, qui avoue être confus par toutes les informations contradictoires qui émanent du clan mexicain.

Autre révélation, celui qui s’est alors présenté comme son conjoint et son entraîneur, le boxeur Jovanni Martinez, qui était également sur la carte montréalaise, n’était ni l’un ni l’autre. Mais en l’absence du père et de l’entraîneur de Zacarias Zapata, retenus au Mexique sans passeports valides, il avait accepté de jouer le jeu.

Je vais vous le dire, le gars est un très bon acteur, a lâché Yvon Michel. J’ai passé la nuit et une partie de la journée avec lui lors de l’hospitalisation de Zacarias. En tout temps, il y a eu quelqu’un de chez nous qui faisait la traduction parce que les médecins ne parlaient pas espagnol. C’était cette personne qui était le lien entre le médecin et lui. Et sincèrement, j’ai reparlé à Catherine [la traductrice, NDLR] et je lui ai demandé si à un point les médecins lui ont demandé l’autorisation de l’opérer et elle n’avait pas entendu parler de ça et en aucun temps quelqu’un ne lui a demandé ça. Et c’était elle le lien entre le boxeur [Jovanni Martinez] et les médecins.

Qu’est-ce qu’on peut faire? Est-ce qu’on devrait demander un détecteur de mensonges à tous les intervenants, à tous les paravents qu’on a pour s’assurer qu’on nous dise la vérité?

Une citation de :Yvon Michel

La décision du Groupe Yvon Michel de ne plus choisir des boxeurs étrangers qui ont subi un K.-O. à leur dernier combat n’est pas sans rappeler l’intervention de Camille Estephan, du groupe rival Eye of the Tiger Management, survenue au lendemain de l’hospitalisation de Zacarias Zapata. Estephan souhaitait interdire aux boxeurs de se battre pour un certain temps après un K.-O.

Pour moi, ça fait un bout que j’aimerais que l’on fasse un petit changement. C’est très simple. Un boxeur ou une boxeuse qui aurait été vaincu par K.-O. ne pourrait plus boxer pour six mois, avait expliqué Estephan en entrevue à Radio-Canada Sports, à la fin du mois d’août.

Joint jeudi, Camille Estephan ne suivra pas les traces d'Yvon Michel afin de créer une exception pour les boxeurs étrangers dans son organisation. Je pense qu’il faut être cohérent, a-t-il insisté auprès de Radio-Canada Sports. Si on parle de santé, qu’il soit Québécois ou Russe, c’est quoi la différence? Pour moi, c’est mieux de dire six mois pour tous. C’est un humain comme un autre.

Yvon Michel croit de son côté que les structures en place au Québec avec la Régie des alcools, des courses et des jeux protègent déjà efficacement les boxeurs d’ici et affirme qu’on n’a pas besoin de personnes pour nous mettre un règlement.

Une enquête du Bureau du coroner est en cours sur la mort de la boxeuse mexicaine.

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