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Boxe à Québec : Erkan Teper, un géant qui n’a plus rien à perdre

Les deux boxeurs se font face à la pesée officielle.

Arslanbek Makhmudov et Erkan Teper

Photo : Vincent Éthier - Eye of the Tiger Management

Jean-François Chabot

QUÉBEC – Erkan Teper (21-3, 13 K.-O.) n’est plus une jeunesse à 39 ans. Il n’a pas livré de combat depuis le mois de février 2020. Malgré tout, il a accepté de traverser l’Atlantique avec la ferme intention de prouver qu’il en a encore dans le ventre.

Et du ventre, à 264 lb (119,75 kg), l’Allemand en a à revendre. Son physique a visiblement connu de meilleures heures, mais il ne faut probablement pas s’y fier. Dans cette catégorie des super-lourds, on lance des bombes.

Une fois de plus, on nous promet, en Teper, un adversaire capable de donner du fil à retordre à Arslanbek Makhmudov.

De son côté, Makhmudov (13-0, 13 K.-O.) a fait osciller le pèse-personne à 260 lb (117,93 kg) au 23e étage du Hilton, qui offrait une vue imprenable sur la Citadelle, le Château Frontenac, le Bassin Louise, le mont Sainte-Anne et l’île d’Orléans à l’horizon.

C’est vraiment très beau, a dit Teper en s’assoyant pour l’entretien qu’il a accordé à Radio-Canada Sports après s’être plié à cette autre formalité à la veille du combat de 10 rounds qui constituera la finale de la carte d'Eye of the Tiger Management, jeudi.

Pour arriver jusqu’ici, ce résident et natif d’Ahlen, en banlieue de Dortmund, a dû montrer patte blanche pour répondre tant aux exigences des douaniers qu’à celles de la santé publique.

Voilà déjà une semaine que Teper et ses deux hommes de coin, Our Idodou et Adnan Ozgoban, campent dans leurs chambres d’hôtel afin de respecter l’incontournable quarantaine de sept jours, une mesure qu’ils ont tous qualifiée d’excessive.

Parions que ce gentil géant se sent un peu comme un fauve en cage en attendant de monter dans le ring pour affronter Le Lion.

La boxe par hasard

Malgré sa stature, Teper n’est pas issu d’une famille de sportifs. Comme son oncle, ancien membre de l’équipe nationale turque, il a un peu flirté avec le soccer. Mais ni ses deux frères ni sa sœur n’ont le tempérament athlétique.

Il avait 19 ans quand il a eu son premier contact avec la boxe. Une rencontre avec l’entraîneur du club local lui a ouvert la porte à un univers dont il ne connaissait pas grand-chose.

En Allemagne, c’est normal, tout le monde joue au soccer. Puis, un jour un ami m’a emmené visiter le gymnase où il s’entraînait. En me voyant, l’entraîneur m’a dit : "La boxe est un bon sport pour toi, vient essayer ça." Et j’ai aimé. Et j’aime encore, a raconté Teper.

Erkan Teper (au centre) flanqué d'Our Idodou et Adnan Ozgoban

Erkan Teper (au centre) flanqué d'Our Idodou et Adnan Ozgoban

Photo : Vincent Éthier - Eye of the Tiger Management

Quand on lui demande ce qui le motive à cette étape de sa carrière, Teper répond qu’il a encore envie de gagner et qu’il est prêt à affronter n’importe qui. Comme je n’ai pas pu m’entraîner ou me battre depuis le début de la pandémie, j’ai juste très envie de renouer avec la compétition.

Quant à la performance qu’il pourra offrir, jeudi soir, au Centre Vidéotron, il se contente de dire que le duel va opposer deux solides gaillards et qu’il faut être bien malin pour en prédire l’issue.

Makhmudov est encore très jeune et très puissant. De notre côté, nous avons une équipe qui travaille ensemble depuis longtemps. Nous avons beaucoup d’expérience. Vous pouvez dire tout ce que vous voulez avant un combat, mais dans un ring les choses peuvent changer très vite.

Une citation de :Our Idodou, entraîneur d'Erkan Teper

Invité à nous parler de son meilleur souvenir en tant que boxeur, Teper s’arrête sans hésiter sur sa victoire par K.-O., en juillet 2015, face à l’Anglais David Price. Il avait alors mis la main sur le titre de champion européen.

Malheureusement, ce moment de réjouissance s'était accompagné du contrôle antidopage auquel il avait échoué dans les heures suivant sa victoire.

Le premier échantillon disait positif, mais l’analyse de l’échantillon B a fourni un résultat négatif. On m’avait dépouillé de ma ceinture. Il a fallu près d’un an pour qu’on blanchisse ma feuille. Il était trop tard pour la récupérer , a expliqué Teper avec une moue qui en dit long.

Invité à commenter ce qu’une victoire signifierait pour la suite de sa carrière, il lance en boutade avec un grand éclat de rire que, s’il gagne, il annoncera sa retraite. Plus sérieusement, il a répété qu’il est venu pour gagner.

Aussitôt interrompu par son entraîneur et interprète, Teper a souri quand ce dernier a lancé que l’équipe attendrait les offres une fois qu’ils auront ravi les titres de la NABF et de la NABA à Makhmudov.

Autres combats

  • Poids super-moyens - 10 rounds - WBC Continental des Amériques
  • Christian Mbilli (18-0, 17 K.-O.), 167,8 lb c. Ronny Landaeta (18-3, 11 K.-O.), 167,8 lb
  • Poids légers – 4 rounds
  • Luis Santana (3-0, 1 K.-O.), 137 lb c. Dave Leblond (4-7, 1 K.-O.), 136,6 lb
  • Poids mi-lourds – 4 rounds
  • Hubert Poulin (2-0), 173,8 lb c. Stuart Twardzik (1-0, 1 K.-O.), 180,6 lb
  • Poids plumes – 4 rounds
  • Martine Vallières-Bisson (3-0, 1 K.-O.), 123,2 lb c. Lindsay Garbatt (9-7-2, 3 K.-O.), 118,8 lb
  • Poids légers – 4 rounds
  • Jean-Gardy François (débuts pros), 135,8 lb c. Jacob George (1-0, 1 K.-O.), 133,2 lb

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