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Un dernier contre-la-montre à vie satisfaisant pour Karol-Ann Canuel

La cycliste est en plein effort lors du contre-la-montre.

Karol-Ann Canuel

Photo : Reuters / YVES HERMAN

Michel Chabot

La Canadienne Karol-Ann Canuel a fait un pas de plus vers la retraite en disputant lundi le contre-la-montre des Championnats du monde de cyclisme sur route, dans les Flandres, en Belgique.

L’athlète de 33 ans a fini 13e. Elle a franchi les 30,3 km en 38 min 53 s, deux échelons et à peine 14 secondes de sa compatriote Leah Kirchmann, 11e.

Ça s’est bien passé, a observé l’Abitibienne d’origine. C’était vraiment un contre-la-montre qui était difficile. C’était sur le plat, mais il n’y a pas vraiment moyen de récupérer, à part dans certains virages. Mais encore là, ça va vite et il n’y en avait pas tant que ça. C’était une course exigeante du début jusqu’à la fin. C’était 40 minutes de souffrance. Heureusement, on avait un vent favorable, de dos, ou à certains endroits, de côté. Ç’a aidé pour que ça passe plus vite, mais ce n’était pas facile.

Canuel a terminé à 2 min 48 s de la gagnante, la Néerlandaise Ellen van Dijk (36:05), qui a maintenu une moyenne de 50,3 km/h pour devancer la Suisse Marlen Reusser par 10 secondes. Il s’agissait d’un deuxième titre pour Van Dijk après celui acquis en 2013.

Une autre Néerlandaise, la championne olympique Annemiek van Vleuten, a complété le podium.

Une athlète sereine

Pour Canuel, il s’agissait donc d’un ultime contre-la-montre. Elle l’a pourtant abordé comme une course normale.

C’est sûr que je voulais en profiter, mais je voulais aussi faire un bon résultat. J’essayais de ne pas trop y penser avant la course. Pour moi, c’est une routine, je suis habituée de faire ça depuis plusieurs années. Mais vers la fin de la course, on me disait dans la radio : "Hey, ce sont tes derniers kilomètres, pousse à fond." Là, j’ai commencé à y penser un peu plus.

Une citation de :Karol-Ann Canuel

Initialement, elle désirait mettre fin à sa carrière après les JO en 2020. La COVID-19 aura toutefois brouillé les cartes. Cette année supplémentaire aura donc été comme un boni, mais il est maintenant temps de passer à autre chose.

Je suis contente de partir en aimant le vélo, a révélé celle qui a remporté trois titres mondiaux au contre-la-montre par équipe (2014, 2015 et 2016). J’en ai vu qui arrêtent et qui n’aiment plus ça. Pour moi, c’était important d’arrêter alors que j’aime encore ça. J’aime l’entraînement, le style de vie. Mais pour moi, prendre des risques… C’est un sport assez dangereux. Je pense que je suis un peu trop vieille pour ça maintenant. Je suis heureuse de passer à autre chose dans ma vie.

Des blessures, cette diplômée en soins infirmiers en a eu sa part. En 2014, elle s’est fracturé une vertèbre du cou et quelques mois plus tard, le bassin. Cela dit, l’Amossoise n’a jamais pratiqué le métier d’infirmière et elle se voit désormais ailleurs.

L’année où j’ai terminé mes études, j’ai signé un contrat professionnel, a-t-elle laissé tomber. Ce n’est plus quelque chose qui m’intéresse. Je suis une différente personne 10 ans plus tard.

Elle compte maintenant se donner une année de transition avant de décider de son avenir. Mais avant ce choix déterminant, elle a encore une course à faire samedi. L’épreuve de 157,7 km entre Anvers et Louvain ne sera pas de tout repos pour elle, Kirchmann et l’autre Canadienne, Alison Jackson, qui vient de remporter le titre national en Beauce.

C’est un parcours exigeant, de type classique, et surtout, c’est une longue course pour nous les femmes, a expliqué Canuel, qui a terminé 16e à la course sur route des Jeux olympiques de Tokyo. Donc, ça va dépendre comment chacune de nous se sentira à la fin et qui sera encore là. Ce sera une course intéressante.

La stratégie n’a pas encore été établie par les trois représentantes de l’unifolié qui devront d’abord faire leurs devoirs.

On a encore cinq jours pour y penser et il faut voir le parcours, a confié Karol-Ann Canuel. J’ai eu la chance de le voir sur Internet, mais je ne suis pas allée le reconnaître en vrai. Ça va dépendre de nos sensations, comment nous allons récupérer, Leah et moi, du contre-la-montre. Tout peut arriver.

Quant à ce qu’elle souhaite y accomplir, elle dit ne pas s’être fixé de but précis.

Je veux juste avoir une bonne journée. J’aimerais saisir une bonne occasion, si je suis capable de la voir, mais je n’ai pas d’objectif de résultat. J’aimerais juste avoir une bonne course et, à la fin, être contente. Comme aujourd’hui.

Une citation de :Karol-Ann Canuel

Et ce n’est qu’après que viendront les émotions. Et encore, il lui faudra peut-être un peu de temps avant de verser quelques larmes.

Habituellement, je fais les Championnats du monde et c’est ma fin de saison. Je pense que c’est au moment où je recommencerais normalement à m’entraîner que je pense que je vais plus le réaliser.

Par ailleurs, du côté des hommes de moins de 23 ans, le Canadien Raphaël Parisella s’est classé 32e (+2 min) et son compatriote Francis Juneau a pris le 46e rang (+2:45) dans une course remportée par le Danois Johan Price-Pejtersen.

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