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Presque impossible de trouver un maillot des championnes olympiques de soccer féminin

Elles sont alignées et chantent l'hymne nationale.

De joueuses canadiennes

Photo : Radio-Canada / Francois Nel

Radio-Canada

La popularité de l'équipe nationale de soccer féminin, championne olympique à Tokyo, ne se reflète pas sur les tablettes des magasins. Plusieurs voix s'élèvent contre la difficulté de se procurer des maillots de leurs joueuses préférées. Pourtant, Soccer Canada ne semble pas pressée de remédier à la situation.

Lors de la finale olympique entre le Canada et la Suède, remportée en juillet par les Canadiennes lors d'une séance de tirs au but mémorable, plus de 4 millions de personnes au pays ont regardé le match en direct.

Un succès sur le plan sportif, mais aussi pour les cotes d'écoute, qui a donné l'envie à plusieurs partisans de se procurer un maillot de leurs héroïnes. Pourtant, la tâche est presque impossible, raconte Marine Peres Labelle, jeune joueuse de soccer du programme de Pointe-Claire, au Québec.

Ses coéquipières et elles, fières du triomphe de leurs idoles, voulaient afficher leur soutien en portant fièrement des maillots adaptés à leur taille.

On a essayé de trouver des maillots pour femmes de l'équipe nationale féminine et on a été déçues parce qu'on ne voyait que des maillots pour hommes, explique-t-elle.

On a trouvé ça vraiment injuste.

Une citation de :Marine Peres Labelle

Elles ont par contre aperçu des maillots de la vedette Alphonso Davies, joueur étoile de l'équipe nationale, dans plusieurs commerces et dans les trois couleurs disponibles : blanc, rouge et noir.

Cette injustice, plusieurs l'ont remarquée dans la foulée de la médaille d'or. À commencer par les principales intéressées.

Aucune des championnes olympiques n'a reçu de maillots officiels pour offrir aux membres de leur famille, une situation qui est pourtant la règle de plusieurs autres fédérations de soccer.

La gardienne de but réussit un arrêt.

Stéphanie Labbé a été importante dans la victoire olympique des Canadiennes.

Photo : Getty Images / Koki Nagahama

Ma famille ne possède aucun maillot Nike floqué Labbé, et Nike est l'équipementier officiel du Canada depuis combien de temps, lance Stephanie Labbé, l'une des plus grandes vedettes de l'équipe canadienne. Aucun membre de ma famille n'en possède un. Mes parents ne devraient pas avoir à trouver un site web où acheter un maillot à mon nom. Ils le feraient avec plaisir, mais ils ne devraient pas avoir à le faire.

Jointe par CBC, une porte-parole de Nike Canada, Angineh Storino, indique que la compagnie travaille à rendre plus de maillots accessibles afin que les supporteurs puissent afficher leur soutien et leur fierté.

Labbé n'est pas la seule à être contrariée par la situation. L'attaquante Janine Beckie, qui évolue pour le prestigieux club de Manchester City, en Angleterre, est également mécontente du peu de marchandises offertes aux couleurs de l'équipe nationale féminine.

Nous allons continuer de nous faire entendre et de faire en sorte qu'ils se justifient si on n'obtient pas ce qu'on mérite. Mais le dialogue est bon. La conversation est en place et certains chantiers commencent à avancer, dit-elle.

Une occasion ratée

Au Canada, on dénombre environ 85 000 jeunes filles inscrites dans des équipes de soccer. Les championnes olympiques sont les idoles de bon nombre d'entre elles, et toutes partagent la frustration de ne pouvoir s'afficher aux couleurs de leurs footballeuses préférées.

On aurait pu en profiter pour accroître la popularité de l'équipe nationale, estime Rachel Allison, autrice d'un essai sur la marchandisation du soccer féminin professionnel et professeure associée à l'Université Mississippi State, aux États-Unis.

À son avis, Soccer Canada et Nike auraient dû prévoir le coup bien avant le coup d'envoi du tournoi olympique, où les Canadiennes faisaient partie des favorites, fortes de leurs médailles de bronze à Londres et à Rio.

Elle sourit et crie devant sa coéquipière.

Christine Sinclair (no 12) célèbre le but de Julia Grosso (no 7) qui donne la médaille d'or à l'équipe canadienne à Tokyo.

Photo : Getty Images / Francois Nel

Les chances que l'équipe obtienne un tel rayonnement étaient présentes bien avant le début des Jeux et c'est quelque chose qu'ils auraient dû être en mesure de prévoir afin de profiter rapidement de cette visibilité. Et ça ne semble pas avoir été le cas, affirme Mme Allison.

À titre comparatif, la Fédération américaine de soccer offre une panoplie d'accessoires et de produits divers, comme des maillots de différentes couleurs et de différentes tailles, vendues à la fois sur le site officiel de l'équipe, mais aussi auprès de multiples détaillants autour du globe.

Rachel Allison se souvient que la fédération américaine a appris sa leçon à la dure. En 2019, lors de la Coupe du monde, les maillots des joueuses américaines étaient en rupture de stock à peu près partout. Ce manque de prévision coûte cher.

Alex Morgan saute sur les épaules de Megan Rapinoe (à droite) pour célébrer le but.

Megan Rapinoe après son but qui donne la victoire aux Américaines à la Coupe du monde en 2019.

Photo : Associated Press / Francisco Seco

Ils [Nike et la fédération américaine] ont compris qu'ils laissaient beaucoup d'argent sur la table en ne prévoyant pas le coup et en n'étant pas en mesure de tirer avantage du triomphe des Américaines, ajoute-t-elle.

Des détaillants déçus

En 2015, la Coupe du monde de soccer féminin a eu lieu au Canada. À cette époque, les maillots des joueuses américaines étaient déjà populaires, se souvient Carmelo Sansalone, dont la famille possède la chaîne Evangelista Sports, référence en matière de marchandise de soccer au Québec.

Sansalone se dit déçu de l'offre de Soccer Canada, particulièrement après la victoire olympique de l'équipe nationale féminine.

Je trouve qu'il y a tellement plus de potentiel. Elles ont remporté les Jeux olympiques il y a à peine deux mois, et le lendemain de leur victoire, on n'a rien reçu de plus. Il y a tellement plus qui aurait pu être fait... C'est désolant, estime Mme Sansalone.

Le début d'un temps nouveau?

La situation pourrait toutefois s'améliorer à court et moyen terme. Soccer Canada a récemment signé une entente avec Fanatics, l'un des plus importants commerçants de marchandise sportive dans le monde. Dans sa boutique en ligne, on trouve des maillots de la LNH, de la NFL et de plusieurs équipes nationales de soccer.

Les deux hommes se prennent dans leurs bras.

Alphonso David et Jonathan David, deux vedettes de l'équipe nationale de soccer masculin.

Photo : The Canadian Press / Nathan Denette

Il est difficile de savoir si Fanatics aura en stock plus de maillots de l'équipe féminine canadienne, et plus de tailles pour les supporteurs de tous âges. L'entreprise n'a en stock qu'une sélection très réduite de maillots au nom des championnes olympiques.

Les ententes commerciales pour la production et la distribution de produits dérivés, comme des maillots, sont un procédé complexe qui prend souvent beaucoup de temps, explique Vijay Setlur, professeur en marketing à la Schulich School of Business de l'Université York, à Toronto.

Selon lui, Soccer Canada en a tout simplement pas fait assez avec les occasions qui se présentaient à elle, mais il voit néanmoins de l'espoir pour la marchandisation des équipes nationales féminine et masculine, tout comme la possibilité pour les partisans de se procurer des maillots de leurs joueurs et joueuses préférés.

L'entente avec Fanatics permettra aux produits dérivés d'être mis en vente beaucoup plus rapidement, croit-il.

D'après un texte de Sonali Karnick (CBC)

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