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Le retour du « vrai » Steven Butler devra attendre

Il frappe sur un sac de sable.

Le boxeur Steven Butler à l'entraînement

Photo : Vincent Ethier / Eye of the Tiger Management

Jean-François Chabot

Le boxeur Steven Butler a appris tôt mercredi après-midi que le combat qu'il devait livrer jeudi prochain, à Québec, face à l'Allemand Omar Siala, n'aura pas lieu.

La nouvelle est tombée peu après 13 h 30. Butler l'a d'abord annoncée sur son compte Twitter, avant qu'elle soit confirmée quelques minutes plus tard par Eye of the Tiger Management (EOTTM).

À huit jours de la soirée de boxe de Québec, il est trop tard pour le promoteur Camille Estephan ou pour ses hommes de confiance de trouver un remplaçant. Il faut savoir que la période de quarantaine obligatoire pour les participants venus de l'étranger commençait ce mercredi.

Pour le moment, l'histoire ne dit pas pourquoi Siala (30-27-3, 22 K.-O.) n'a pas pu obtenir son visa, d'autant que selon les informations qui circulaient, ce dernier avait en main tous les documents nécessaires attestant sa pleine vaccination.

On ne sait pas non plus si EOTTM va conserver cette affiche dans ses cartons pour la présenter à une date ultérieure.

Les aléas du métier en pandémie

Du coup, l'intense préparation des dernières semaines à laquelle s'était soumise Butler devra être placée en réserve pour celui qui attendait le moment de remonter sur un ring afin de renouer avec la victoire.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada Sports, mardi, Butler indiquait qu'il avait retrouvé le goût de se battre et de boxer pour les bonnes raisons.

Si vous vous attendez à un boxeur anxieux face à l’idée de mettre fin à sa courte séquence de deux défaites, détrompez-vous. Le principal intéressé jure avoir tourné la page. Il dit à présent vouloir combattre pour les bonnes raisons.

De faire oublier (mes défaites), ça m’est un peu égal. Je le fais pour moi et ma famille. Je ne le fais pas pour les autres ou pour prouver quoi que ce soit. Je veux retourner sur le chemin de la victoire, avait-il indiqué d’entrée de jeu.

S’il a choisi de retourner travailler auprès de Rénald Boisvert, c’est parce qu’il souhaitait remonter à sa source. Pour lui, il était primordial de renouer avec ce qui le motivait à ses débuts professionnels.

Rénald, c’est mon mentor. C’est comme mon père. Ça me manquait énormément. Mais tu ne sais jamais à quel point tu es bien avec une personne tant que tu ne vas pas voir ailleurs, a lancé Butler, en faisant allusion à sa courte association avec Mike Moffa.

Quand on lui demande si Boisvert avait mis en place des conditions pour recommencer à travailler avec lui, Butler parle d’une solution d’équipe.

Ainsi, en raison de son âge, l'entraîneur a exigé l’embauche d’un assistant pour l’appuyer. Du coup, le père de Steven Butler, Clint, participe à sa préparation en compagnie de Vincent Auclair et de Claudio Misischia.

Je suis redevenu le p’tit gars de 18 ou 20 ans qui avait la rage au ventre, qui était affamé, qui était agressif dans le ring. Il y a une raison pourquoi on m’a donné le surnom de Bang Bang. Alors, on va remettre les pendules à l’heure.

Une citation de :Steven Butler, boxeur

Les leçons

Butler (28-3-1, 24 K.-O.) n’a pas terminé ses deux derniers combats sur ses jambes. Le premier était en championnat du monde, au Japon, en décembre 2019, face à Ryota Murata, détenteur de la ceinture de la WBA des poids moyens (160 lb). Il a perdu par T.K.-O. au cinquième round.

On a même alors questionné l’état de son champ de vision, tellement les coups de Murata touchaient aisément la cible. Mais des examens approfondis et une chirurgie avaient apparemment réglé le problème.

Il encaisse une solide droite

Steven Butler (à gauche) lors de son combat face au Japonais Ryota Murata

Photo : Getty Images / AFP/Kazuhiro Nogi

L’autre fin abrupte est aussi survenue au cinquième round devant le Mexicain José de Jesus Macias, à Cuernavaca, en janvier dernier. Cet autre revers a privé Butler de la possibilité d’entrer dans le top 15 de trois des quatre grandes organisations mondiales (WBA, WBC, WBO).

Il parle tout de même de ses plus récentes expériences comme quelque chose de très enrichissant.

C’est quand même une grosse victoire pour un jeune de 24 ans [l’âge qu’il avait quand il a affronté Murata, NDLR] de se battre en championnat du monde, de vivre toute cette expérience, d’être au Japon pendant trois semaines, l’intensité de la semaine avant le combat, le décalage horaire..., a dit Butler.

C’est beaucoup de bagages que tu peux mettre dans ton coffre à outils. Mais mon rêve n’est pas uniquement de me battre en championnat du monde, mais de devenir champion du monde.

Une citation de :Steven Butler

Steven Butler nous parle des leçons qu'il a retenues de ses défaites.

S’il devait obtenir une autre occasion de se battre pour un titre mondial, Butler affirme qu’il s’assurerait de moins gérer ses énergies.

C’est un combat de 12 rounds. Ça fait peur. Malgré un bon camp d’entraînement, on a eu peur d’être fatigué ou de manquer de souffle. Tu as peur de mal performer contre un gars et un olympien de cette qualité. Il faut juste y aller comme d’habitude.

En attendant une nouvelle date, Butler va continuer de peaufiner sa préparation en appliquant l’essence même des leçons apprises à ses deux derniers combats. Et pour lui, ça commence dans le gymnase.

Tout est dans l’intention quand je lance un coup de poing. C’est ce côté que j’avais plus jeune. Comme j’avais eu un passé assez difficile [ses fréquentations dans la vie de tous les jours, NDLR], je transportais cette rage contre le sac et dans le ring.

Steven Butler se prononce sur l'arrivée de Marc Ramsay chez Eye of the Tiger Management.

Butler ajoute qu’étant donné que ce passé sombre est de plus en plus lointain, il doit puiser ailleurs afin d'entretenir ce désir de vaincre.

Ma famille, ma femme (Seyla Peralta), mes enfants (Mason, 5 ans et Jason, 2 ans), c’est assez. C’est que je j’amène sur la table. C’est leur pain et leur beurre. Je ne suis pas le seul à vivre de la boxe. Je ne le fais pas uniquement pour l’argent non plus. Je le fais par passion et parce que j’aime ça. Le jour où je fais ça pour l’argent, je vais me retirer.

Une citation de :Steven Butler

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