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Chronique

Ça sent le dernier tour de piste pour la bande à Sidney Crosby

Il saute sur la patinoire.

Sidney Crosby

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Lorsqu’on décortique le classement annuel des équipes de recruteurs de la LNH, on se demande sérieusement si Sidney Crosby terminera sa carrière à Pittsburgh.

Cette année, notre traditionnel classement des recruteurs couvre les repêchages de 2013 à 2020. En étalant l’analyse sur une période de huit ans, on donne aux équipes le temps de développer leurs jeunes joueurs, comme le hockey est un sport à développement tardif. Les derniers ont par la suite suffisamment de temps pour montrer s’ils appartiennent à la LNH.

Dans un contexte de plafond salarial, le repêchage constitue le seul moyen de connaître du succès et de le perpétuer. Il est difficile, au terme de cette compilation, de ne pas s’attarder aux cas des Penguins de Pittsburgh et des Capitals de Washington, qui semblent foncer tout droit dans un mur.

Les recruteurs des Penguins apparaissent au 30e et dernier rang (1) de la LNH, mais ce n’est pas vraiment de leur faute. Au cours de ces huit repêchages, les Penguins ont sélectionné seulement 41 joueurs, le plus bas total de la ligue. En comparaison, les Red Wings de Détroit, qui sont en reconstruction, ont choisi 72 joueurs durant cette période et le Canadien, qui a empilé le quatrième total de choix, a sélectionné 61 espoirs.

Si on se présente au bâton moins souvent, on a évidemment moins de chances de cogner la balle en lieu sûr. En plus, la direction des Penguins a constamment cédé ses choix de premier tour pour maximiser ses chances de succès dans les séries. Entre 2015 et 2021, Pittsburgh a donc sélectionné une seule fois au premier tour, soit Samuel Poulin, au 21e rang, en 2019.

Ça ne fait pas des enfants forts, comme on dit chez nous.


En huit ans, donc, les Penguins ont choisi seulement trois joueurs qui défendent régulièrement leurs couleurs : l’attaquant Jake Guentzel et le gardien Tristan Jarry (en 2013), et Kasperi Kapanen (en 2014) qu’ils ont rapatrié dans le cadre d’un échange.

En ce qui a trait au repêchage, on ne parle donc pas d’une courte période de sécheresse, mais plutôt d’un véritable désert.

Evgeni Malkin a 35 ans et s’apprête à écouler sa dernière année de contrat. Idem pour Kristopher Letang, qui a 34 ans. Et Crosby, qui est âgé de 34 ans, a encore quatre saisons de contrat devant lui.

Un joueur patine avec la rondelle.

Evgeni Malkin

Photo : Getty Images / Andre Ringuette/Freestyle Photo

Ça ressemble drôlement à un dernier tour de piste ou à une saison de la dernière chance.

Si les Penguins connaissent une mauvaise campagne (tout est possible avec un noyau aussi âgé), il n’est pas difficile d’imaginer que Malkin et Letang puissent changer d’adresse à la date limite des échanges afin que l’organisation entame une reconstruction.

L’ex-directeur général Jim Rutherford a quitté son poste la saison dernière parce qu’on lui refusait d’échanger des membres du noyau de l’équipe. Mais l’administration actuelle n’aura pas le choix. Il n’y a pas de relève. Il faudra bien reconstruire à un moment donné.

Il sera intéressant de voir si Crosby acceptera d’en faire partie.


Les Capitals de Washington se retrouvent un peu dans une situation semblable. Leurs recruteurs viennent au 28e rang, mais ils n’ont bénéficié que de 43 choix (l'avant-dernier total de la LNH) pour tenter de dénicher une relève. Et même s’ils ont bénéficié de six choix de premier tour, les chercheurs de talents des Capitals n’ont jamais eu l’occasion de piger dans le top 10 des meilleurs talents disponibles.

En huit ans, les recruteurs des Caps ont choisi trois joueurs partants de la LNH : Zach Sanford, Andre Burakovsky et Jakub Vrana. Mais aucun des trois n’est encore avec l’équipe. Les gardiens Ilya Samsonov et Vitek Vanicek sont toutefois issus de l’encan amateur.

Les Capitals miseront presque sur une équipe de l’âge d’or, dans le contexte de la LNH, cette saison. Leurs attaquants sont en moyenne âgés de 30,9 ans et leurs défenseurs, de 30,2 ans.

Un joueur célèbre un but en sautant dans les bras de son coéquipier.

Alex Ovechkin et Nicklas Backstrom

Photo : usa today sports / Geoff Burke

Alex Ovechkin a 35 ans, Nicklas Backstrom, 33 ans, et TJ Oshie, 34 ans. Il n'y a qu'un seul attaquant plus jeune qu'Anthony Mantha, 26 ans.

Un espoir intéressant, le centre Connor McMichael, se profile à l’horizon. Mais il faudra beaucoup plus que cela pour rattraper le temps perdu.

Des lendemains difficiles s’annoncent aussi dans la capitale américaine.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

Pour leur part, les recruteurs du CH reculent d’une place au classement. Ils se retrouvent au 19e rang, même s’ils ont profité de 61 sélections.

Parmi les 1838 matchs disputés dans la LNH par des choix de repêchage du Tricolore, seulement 462 rencontres comptaient des joueurs permanents qui sont encore avec l’équipe (Artturi Lehkonen, Jake Evans, Alexander Romanov et Cole Caufield).

L'attaquant s'appuie, un genou presque sur la glace, pour tirer au-dessus de la mitaine du gardien.

Cole Caufield

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Le Canadien a sélectionné deux fois dans le top 10 durant cette période, mais Jesperi Kotkaniemi (Caroline) et Mikhail Sergachev (Tampa Bay) ne font plus partie de l’organisation.

Les recruteurs montréalais occupaient le 29e rang de la LNH il y a six ans. L’organisation courait tout droit vers la catastrophe et, par la suite, elle a effectivement connu le pire quinquennat de son histoire.

L’équipe de recrutement amateur a peu à peu gravi les échelons depuis ce temps, mais elle se situe autour du 20e rang, pour une quatrième année de suite, en ce qui concerne le nombre de matchs disputés.

On voit mal comment les recruteurs du CH pourront progresser dans le classement de l’an prochain, qui couvrira les repêchages de 2014 à 2021.


Une petite note douloureuse pour terminer.

Le classement de cette année illustre encore une fois l’ampleur du cirque que sont devenus les Sabres de Buffalo.

Lors des repêchages de 2013 à 2020, les Sabres ont encore eu la chance de choisir dans le top 10 chaque année. Ils ont d’ailleurs sélectionné, en moyenne, au cinquième rang. Malgré cela, et même si ses choix de repêchage ont disputé 3257 matchs, l'équipe de Buffalo ne s’est jamais approchée d’une course aux séries éliminatoires.

Les Hurricanes de la Caroline, par contre, ont vraiment bien cultivé leur jardin. La saison dernière, 8 de leurs 63 sélections effectuées durant cette période faisaient partie de leur formation. Et malgré la jeunesse de leur noyau, ils étaient des aspirants légitimes à la Coupe Stanley.

C’est franchement impressionnant! Et c’est sans compter les nombreux jeunes des Hurricanes qui ont été inclus dans des échanges et qui ont permis de rehausser la qualité de l’équipe.

D’autres espoirs de qualité comme les attaquants Ryan Suzuki et Seth Jarvis finiront sans doute par faire partie de la formation un jour.

Quand on regarde le portrait dans son ensemble au sein des Hurricanes, on se dit qu’au fond, ils n’avaient pas vraiment besoin de Jesperi Kotkaniemi.

(1) Les Golden Knights ne font pas partie de la LNH depuis assez longtemps pour couvrir la période 2013-2020.

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