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Une enquête du Bureau du coroner sur la mort de la boxeuse Zapata

Deux boxeuses s'observent pendant leur combat.

Jeannette Zacarias Zapata (à gauche) contre Marie-Pier Houle (à droite) sur le ring

Photo : Groupe Yvon Michel/Yanick Maltais

Radio-Canada

La ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, a confirmé vendredi sur Twitter que le Bureau du coroner procédera à une enquête à la suite du décès, la veille, de la boxeuse Jeanette Zacarias Zapata.

Au terme de son investigation, le coroner rédigera un rapport détaillé dans lequel il exposera l’identité de la personne décédée, la date et le lieu de son décès, ainsi que les causes et les circonstances qui ont mené au décès. Il peut également formuler des recommandations visant à éviter des décès semblables, a expliqué à Radio-Canada Sports le responsable des communications du Bureau du coroner, Jake Lamotta Granato.

Yvon Michel, dont le groupe organisait le gala pendant lequel le combat a eu lieu au parc Jarry de Montréal, a assuré son entière collaboration et complète transparence avec le Bureau du coroner concernant l'investigation sur la triste tragédie dont nous sommes tous affligés.

La Mexicaine de 18 ans a succombé à ses blessures, jeudi après-midi. Elle a été victime d'un violent K.-O. lors de son combat contre Marie-Pier Houle, au stade IGA, samedi dernier. Elle avait aussi été mise K.-O. à son dernier combat, en mai au Mexique, et avait réussi tous les tests médicaux pour monter dans le ring à Montréal.

Houle avait publié un message sur sa page Facebook afin d'offrir ses condoléances aux proches de la boxeuse, avant de finalement désactiver sa page.

La ministre responsable du Loisir et du Sport, Isabelle Charest, a aussi réagi sur les réseaux sociaux.

Mes sympathies les plus sincères à l’entourage de Jeanette Zacarias Zapata, a écrit la ministre Charest vendredi matin en appuyant la décision d'une enquête du Bureau du coroner.

Nous recevons positivement l’annonce de l’enquête du coroner pour faire la lumière sur cette mort qui aurait dû être évitée, a pour sa part écrit Andrés Fontecilla, porte-parole de Québec solidaire en matière de Sécurité publique. Ce décès tragique pose la question de fond suivante : peut-on vraiment rendre ce type de combat sécuritaire?

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de sports, de loisirs et de saines habitudes de vie, Enrico Ciccone, croit pour sa part que les critères retenus pour choisir les boxeurs ou les boxeuses qui s'affrontent dans des combats pourraient être revus.

Il y a matière à se poser des questions. La Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) n’a pas été changée depuis les années 90, alors qu’on sait que la science du sport évolue énormément. Il faut prendre des décisions à court terme. Mais avec l’enquête du coroner, peut-être faut-il être capable aussi à long terme de changer les choses pour resserrer les critères.

De son côté, le groupe de promotion de boxe Eye the Tiger Management a refusé nos demandes d'entrevue. Il a simplement dit être extrêmement attristé par cet incident tragique. Nous offrons nos plus sincères condoléances à tous les proches de cette jeune athlète.

Une communauté ébranlée

Le monde de la boxe au Québec a évidemment été secoué par cette terrible nouvelle. Plusieurs propriétaires de gymnase reconnaissent que les récents événements ont suscité beaucoup de questionnements et de réactions.

Toute la communauté souffre présentement. Ce n’est pas une boxeuse locale, mais c’est quelque chose qui nous afflige tous, affirme Ludovic Louis, propriétaire d'un gymnase à Montréal, où certains boxeurs mexicains s'entraînent.

Le monde de la boxe au Québec, c’est tout petit, c’est tissé serré, tout le monde se connaît. Au gym, personne n’a dit qu’il remettrait sa carrière en question, mais tu voyais que ça dérangeait. Pourquoi ça arrive? Au Québec, on est sécuritaire, ajoute Marcellin Gaumont, propriétaire d'un gymnase de boxe près d'Ottawa.

De son côté, la boxeuse québécoise Tammara Thibeault, qui a récemment terminé 5e aux Jeux olympiques de Tokyo, croit qu'un examen de conscience s'impose. Elle espère que des leçons seront apprises à la suite de cette tragédie et que la santé de l'athlète sera dorénavant mise au centre des priorités.

Je pense que c'était peut-être quelque chose qui aurait pu être évité. Ça n'a pas été fait de façon intelligente, je pense. Cet incident a démontré l'importance des précautions à prendre avant d'embarquer dans un ring. Il y avait de l'information sur l'athlète qui aurait dû être pris en compte, soutient-elle.

Au début de cette semaine, le Groupe Yvon Michel avait choisi de remettre à plus tard sa soirée de boxe prévue le 17 septembre quand Jeanette Zacarias Zapata était encore aux soins intensifs.

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