•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La nouvelle DG de Parasports Québec vise plus haut pour le sport adapté

Anne-Renée Thibault sourit devant un mur de briques.

Anne-Renée Thibault, nouvelle directrice générale de Parasports Québec

Photo : Gracieuseté : Anne-Renée Thibault

Jean-François Chabot

À l’heure où s’achèvent les Jeux paralympiques de Tokyo, le regroupement Parasports Québec accueille sa nouvelle directrice générale Anne-Renée Thibault.

La femme de 49 ans s’inscrit davantage dans la continuité que dans les grands changements. Elle effectue un retour dans l’organisme après une absence de 10 ans.

De 2009 à 2010, elle a œuvré dans le programme Au-delà des limites de ce qui s’appelait alors l’Association québécoise du sport en fauteuil roulant (AQSFR).

Mme Thibault a aussi été entraîneuse d’aviron adapté, ce qui l’a notamment menée aux Jeux paralympiques avec l’équipe canadienne. Après des passages à Énergie Cardio et à l’Institut national du sport, elle est retournée sur les bancs de l’Université du Québec à Montréal, où elle a fait une maîtrise en gestion avec une thèse consacrée à la gestion de la performance.

De nos jours, Parasports Québec s’occupe de façon plus spécifique de six sports : l’athlétisme, le basketball, le curling, le rugby et le tennis en fauteuil roulant, de même que le soccer en fauteuil roulant motorisé.

Au fil des récentes années, les autres sports pratiqués par les personnes handicapées, comme la natation, ont intégré les rangs de leur fédération avec lesquelles Parasports Québec maintient une étroite collaboration.

« L’objectif de Parasports Québec est de régir les sports qui sont sous notre gouverne, mais c’est aussi de réussir à rassembler le milieu (sportif) pour que l’on ait une voix commune pour le développement du sport para. »

— Une citation de  Anne-Renée Thibault, directrice générale de Parasports Québec

Aussi, voit-elle d’un bon œil le mouvement d’intégration des athlètes handicapés à l’intérieur des fédérations. Cela constitue la manière optimale de traiter tous les sportifs sur une base égalitaire, selon elle.

L’organisme dont elle a officiellement reçu les rênes lundi dessert entre 250 et 300 membres sur une base annuelle en plus d’en rejoindre une centaine d’autres par l'entremise de soirées d’initiation ou d’information.

Un rôle important

Parmi les adeptes les plus assidus, on retrouve ceux et celles qui aspirent à des performances qui leur permettront de participer à des compétitions de l'élite tant sur la scène nationale qu’internationale.

Il y a toutefois à la base la catégorie dite de participation qui offre un accompagnement pour les jeunes et leur famille.

Le programme Au-delà des limites est orienté pour répondre à cette clientèle. L’objectif est d’organiser des activités où les gens peuvent venir découvrir des sports, explique-t-elle.

Elle parle avec enthousiasme de la plateforme en ligne Trouve ton sport, offerte en collaboration avec le Centre d’intégration à la vie active (CIVA), un club sportif de la région de Montréal et les fédérations sportives du Québec.

C’est une plateforme où les gens peuvent aller cocher leur profil pour voir les sports qui seraient les mieux adaptés pour eux. On leur indique aussi les personnes à contacter afin d’essayer ces sports, soutient-elle en précisant que les centres de réadaptation sont des partenaires importants dans la diffusion de l’information.

Anne-Renée Thibault, sur un quai, discute avec deux athlètes installées dans un bateau.

Anne-Renée Thibault (à droite) à l'époque où elle était entraîneuse en aviron adapté.

Photo : Gracieuseté : Anne-Renée Thibault

Vision d’avenir

Anne-Renée Thibault succède à Francis Ménard, qui a quitté ses fonctions en juin dernier. Durant le processus de sélection qui comportait plusieurs entrevues, elle s’est inscrite dans la continuité. Pas question pour elle de chambouler une machine qui fonctionne bien.

Cela ne l’empêchera pas de proposer une approche novatrice quand la situation l’exigera.

« Au Québec, on est super bien placés en matière de développement sportif. On a de très bons programmes gouvernementaux qui nous permettent de faire ça de façon intéressante. À long terme, j’aimerais continuer à avoir beaucoup d’athlètes québécois sur les contingents canadiens aux grands jeux et en championnats. »

— Une citation de  Anne-Renée Thibault

Elle veut également assurer la pérennité du programme Au-delà des limites qui revêt à ses yeux une grande valeur incitative pour des personnes qui ignorent que des activités sportives existent pour elles.

Elle vise à mieux encadrer la modernisation et la réalisation de nouveaux plateaux sportifs afin qu'ils répondent mieux aux besoins de sa clientèle.

Il y a des choses toutes simples qui peuvent être faites, mais il faut que les gens soient conscientisés. Quand tu renouvelles un gym, il y a peut-être de petites modifications ou des aspects importants à revoir comme les surfaces de jeu qui demeurent un problème, précise-t-elle.

Enfin, Anne-Renée Thibault a comme objectif pour sa première année à la tête de Parasports Québec de ramener le niveau de participation à ce qu’il était avant l’arrivée de la COVID-19.

Elle espère aussi rehausser le degré de collaboration entre les divers partenaires qui oeuvrent dans l’univers du sport adapté, qu’il s’agisse des fédérations ou des organismes orientés vers cette spécialité.

La question financière

Pour rejoindre sa clientèle ou pour entrer en communication avec les décideurs qui conçoivent les centres sportifs de l’avenir, il faut en avoir les moyens. Or, Parasports Québec vit au diapason de toutes les fédérations en matière de financement en fonction des budgets alloués par le gouvernement provincial.

Quand on lui demande quel est l’état des lieux et ce qu’il devrait être dans un monde idéal, Anne-Renée Thibault prend une grande respiration avant de répondre.

« Effectivement, on n’a jamais assez d’argent. On veut toujours plus de financement. Ça fait partie de nos défis. Le sport adapté demande souvent un peu plus d’équipement, un peu plus de matériel. Il y a certaines exigences qui peuvent paraître coûteuses. »

— Une citation de  Anne-Renée Thibault

Elle a aussi admis que la pandémie avait probablement exacerbé les besoins de ses membres, car les personnes handicapées sont souvent plus isolées que le reste de la population.

L'effet médiatique

Les exploits de nos athlètes paralympiques sont mis en lumière avec la couverture des Jeux de Tokyo.

Le Canada y a déjà dépassé son total de médailles remportées à Rio en 2016. Mais il est important pour la nouvelle DG d’assurer une meilleure diffusion du sport adapté en tout temps.

On peut prendre exemple sur plein de sports. On ne parlait pas tant que ça du soccer féminin. De fil en aiguille, elles ont plus de succès. Elles ont fait un effort pour être plus présentes dans les médias. Et les médias ont répondu à l’appel. Je pense que nos équipes et nos athlètes de toute catégorie peuvent suivre ce modèle, dit-elle.

Elle espère que l’on continue de s’intéresser à l’équipe féminine de basketball en fauteuil roulant ou à celle des hommes en rugby, des sports qu’elle qualifie de spectaculaires.

Ce qui est vrai pour les Olympiques est vrai pour les Paralympiques, a-t-elle conclu.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !