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Arslanbek Makhmudov en quête d’opposition

L'arbitre lève le bras du boxeur en signe de victoire.

Arslanbek Makhmudov lors de la défense de son titre de la NABF des poids lourds, au Centre Bell, en décembre 2019

Photo : Vincent Ethier - EOTTM

Jean-François Chabot

Eye of the Tiger Management (EOTTM) prépare son retour en grande pompe, à Québec, le 23 septembre. Avec le poids lourd Arslanbek Makhmudov en tête d’affiche, entre 3000 et 4000 spectateurs y sont attendus.

Camille Estephan, promoteur de l’événement, se réjouit face à l’idée d’inscrire des boxeurs de l’étranger au cœur de l’un des premiers galas présentés en sol québécois depuis le début de la pandémie.

Dans la foulée de ce que vient de réaliser le Groupe Yvon Michel à Montréal et avec l’apparition du passeport vaccinal qui sera en application à l’entrée du Centre Vidéotron, Estephan se croise les doigts pour que les amateurs répondent présents.

La prévente se déroule très bien. On a eu quelques questions à propos du passeport vaccinal, mais très peu de gens ont demandé des remboursements. Est-ce que ça limitera certaines personnes? Certainement, mais c’est le prix à payer pour se sortir le plus rapidement possible de cette pandémie, a indiqué le patron d’EOTTM.

En mal d’adversaires capables de lui offrir un peu d’opposition, Makhmudov (12-0, 12 K.-O.) a cette fois rendez-vous avec l’Allemand Erkan Teper (21-3, 13 K.-O.). Ce dernier a vaincu David Price par K.-O. au premier round en 2015. Le Britannique était alors perçu comme une étoile montante.

L'ancien membre de l’équipe olympique allemande s’est également mesuré au Finlandais Robert Helenius (30-3, 19 K.-O.), devant lequel il s’est incliné avant la limite en 2018 dans un combat pour la ceinture IBF intercontinentale.

Interrogé sur la difficulté à trouver des adversaires plus solides pour Makhmudov, Camille Estephan va au-delà de la situation sanitaire ou de la fermeture des frontières. La réputation du Lion fait en sorte que même des boxeurs moins bien classés exigent des bourses de deux à trois fois plus élevées que ce qu’ils toucheraient normalement.

Je ne veux pas faire de promesse à savoir qui tiendra plus de 40 secondes face à Arslanbek. La division des poids lourds est constituée de 5 à 10 individus dans le haut de l’échelon mondial capables de rivaliser avec lui. Et il y a les autres…

Une citation de :Camille Estephan, président d'Eye of the Tiger Management

Soit dit en passant, 11 des 12 combats de Makhmudov dans les rangs professionnels totalisent 21 min 25 s d'action dans le ring. L'exception étant Rice qui a tenu jusqu'au 7e round.

Quant à la possibilité d’affronter les plus grosses pointures, EOTTM devrait être capable d’engendrer des recettes nettement plus importantes que celles que l’entreprise génère en ce moment pour frapper à la porte des noms les plus célèbres du moment.

Cependant, Estephan ne jette pas l’éponge et réitère sa confiance envers le marché québécois de la boxe.

Même Jonathan Rice, aujourd’hui classé 11e au monde par la WBA, a quand même fait 6 ou 7 rounds avant d’être arrêté par Arslanbek. Même si Rice était de bon calibre, ç’a paru facile. C’est comme quand Carey Price fait un arrêt anodin, mais qu’en réalité, ce n’est pas si facile que ça, a ajouté Estephan.

Faire son travail

Le principal intéressé poursuit sa préparation à raison de deux séances d’entraînement par jour, avec deux heures de conditionnement physique le matin avant de peaufiner sa technique de boxe en après-midi en compagnie de Marc Ramsay.

Interrogé sur la qualité des adversaires qu’il a eu à affronter jusqu’à présent, Makhmudov ne s’en offusque pas. Il indique simplement qu’il a un travail à faire et que s’il peut en finir en moins de cinq secondes, il le fera sans la moindre hésitation.

Teper a pas mal d’expérience. Il a battu de bons boxeurs. Je pense que ce sera un bon défi. En ces temps de pandémie, je veux surtout demeurer actif et me battre souvent. Mais comme d’habitude, mon but est de démolir et de gagner, a lancé Makhmudov, joint chez lui à Montréal.

S’il admet que la situation sanitaire crée une certaine frustration devant la difficulté à recruter des adversaires, il indique du même souffle que cette responsabilité n'est pas la sienne.

Mon travail est de me battre contre les gars qu’on met devant moi. Camille sait ce qu’il fait et j’ai confiance en lui. C’est vrai que les temps sont durs pour tout le monde. Je dois simplement gagner et les bonnes choses viendront, a dit Makhmudov.

À 32 ans, il est bien conscient de la fenêtre qui s'ouvre en ce moment. Et il voudrait bien en profiter.

J’ai 32 ans et non pas 42 ans (rires)! Mon moment est venu. Je veux en profiter d’ici à ce que j’aie 37 ou 38 ans. C’est le meilleur temps pour moi parce que je combine l’expérience, la puissance. Tous les aspects sont réunis pour que ça fonctionne. Je n’ai que 12 combats, mais en restant actif, je peux aspirer à un titre mondial.

Une citation de :Arslanbek Makhmudov, boxeur

Le point de vue de l'entraîneur

En questionnant l’entraîneur Marc Ramsay sur le sujet, il se dit convaincu que Teper s’avérera un client moins commode pour son protégé.

On est convaincus. Mais en même temps, on a vécu la même situation avec David Lemieux. Quand on était dans des combats où on voulait le préparer à des sommets de la boxe professionnelle, on magasinait des adversaires endurants, a expliqué Ramsay.

On est allé chercher Jonathan Rice ou un gars comme Avery Gibson qui ne s’était jamais fait passer le K.-O. C’est un peu ce qu’on recherche pour permettre à Arslanbek d’avoir des rounds. Malgré ça, il nous démontre une capacité à se débarrasser des boxeurs de classe moyenne.

Une citation de :Marc Ramsay, entraîneur de boxe

Ramsay ne nie pas que la pandémie a grandement ralenti la progression de Makhmudov à l’échelle mondiale. En précisant que tout le monde est dans le même bateau, il souligne à quel point Camille Estephan a œuvré avec insistance pour garder ses boxeurs actifs.

Un homme donne une entrevue dans un gymnase.

Marc Ramsay

Photo : Radio-Canada

Comme c’est le cas pour la plupart des boxeurs professionnels, Makhmudov a profité des 18 derniers mois pour parfaire sa condition physique et peaufiner sa technique de boxe. Reste à voir si le colosse aura le temps ou la nécessité d’appliquer ses nouvelles armes défensives.

En plus de Makhmudov, le gala du 23 septembre annonce un total de huit combats, dont une demi-finale de super-moyens entre Christian Mbilli (18-0, 17 K.-O.) et Nick Brinson (19-5-2, 9 K.-O.), qui n’a pas boxé depuis mai 2019. Le titre IBF d'Amérique du Nord y sera à l'enjeu.

De plus, Steven Butler (28-3-1, 24 K.-O.) renouera lui aussi avec l’action pour la première fois depuis sa retentissante défaite de janvier dernier, au Mexique.

La composition complète de la carte et l’identité des adversaires des protégés d'EOTTM seront connues d’ici le début de la prochaine semaine. Il sera intéressant de voir si le moratoire de six mois suivant un K.-O. que prône Camille Estephan sera mis en application de façon stricte.

À propos de l’incident Zapata…

Invité à commenter le fâcheux événement de samedi dernier qui a conduit la Mexicaine Jeanette Zacarias Zapata, entre la vie et la mort, aux soins intensifs, Marc Ramsay a indiqué qu’il n’y avait pas selon lui de recette miracle pour empêcher qu’une telle chose arrive.

C’est quelque chose qui fait partie de notre sport, un peu comme c’est le cas en formule 1. On ne le souhaite jamais. On essaie de structurer ça le plus possible pour que ça ne se produise pas. Malheureusement, il y a des accidents qui arrivent, s’est contenté de dire Ramsay qui, au moment de réaliser l’entrevue, n’avait pas encore vu les images du K.-O.

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