•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Marie-Pier Houle, le désir sans l’urgence

Elle sourit.

Marie-Pier Houle dans son garage aménagé en gymnase.

Photo : Photo Yanick Maltais

Jean-François Chabot

Elle n’a livré qu’un seul combat en 21 mois et qui plus est au Mexique, loin des siens. Dire que Marie-Pier Houle a hâte de se battre est un euphémisme.

La jeune femme vient d’avoir 31 ans. Samedi soir, au milieu du court Banque Nationale du parc Jarry, elle n’en sera qu’à son cinquième combat depuis qu’elle a fait le saut chez les professionnelles.

La pandémie lui a nettement fait prendre du retard dans la progression de sa carrière de pugiliste. Malgré tout, Marie-Pier Houle (3-0-1, 1 K.-O.) ne panique pas.

Mes jambes ne tiennent plus en place. Je n’en peux plus d’attendre. J’ai tellement hâte d’être dans le ring samedi. Ça me mange par en dedans tellement j’ai hâte de me battre, avoue-t-elle dès le début de l’entretien qu’elle a accordé mercredi à Radio-Canada Sports.

Quand on lui demande si elle ressent une certaine frustration face aux rares occasions qu’elle a eues de bonifier sa fiche, elle fait la moue en offrant une réponse mi-figue mi-raisin.

« Je suis plus en forme que jamais. La pandémie m’a permis de travailler des choses qu’on n’aurait pas eu le temps d’aborder quand on enchaîne les combats l’un après l’autre. C’est sûr que j’aurais préféré pouvoir me battre et être rendue à un stade différent de ma carrière avec une dizaine de combats à mon actif. »

— Une citation de  Marie-Pier Houle, boxeuse professionnelle

Elle se console en sachant que la scène mondiale de la boxe dans son entièreté a subi les affres de la COVID-19. Elle reste donc concentrée sur ses objectifs sportifs.

Elle souhaite encore aller le plus loin possible en tant que boxeuse sans vivre la pression d’avoir à préparer son après-carrière. Elle pratique déjà son métier de thérapeute en réadaptation physique dans deux cliniques spécialisées à Terrebonne et à Blainville.

Houle n’a pas non plus, dans l’immédiat, de projets pour avoir des enfants ou fonder une famille. Elle peut donc mettre toute son attention sur sa carrière de boxeuse.

Le fait demeure que si elle avait une dizaine de combats victorieux au compteur, elle s’approcherait du niveau supérieur et de la possibilité de livrer des duels d’envergure pour des ceintures mineures, voire un affrontement pour un titre mondial.

Marie-Pier Houle parle des moments difficiles que la boxe d'ici traverse.

Version 2.0

Si vous êtes de ceux et celles qui suivent Marie-Pier Houle sur les réseaux sociaux, vous êtes à même d’apprécier les nombreux efforts qu’elle a déployés et les changements remarquables qu’ils ont eus sur sa morphologie.

En aménageant un gymnase dans son garage, elle a pu engranger et maintenir un régime d’exercices quotidiens qu’il lui aurait été impossible de soutenir durant la pandémie avec la fermeture des gymnases et les limites imposées par la santé publique pour les déplacements entre les régions.

Face à l’incapacité de travailler à Trois-Rivières aux côtés de Jean Zewski, le père de Mikaël, elle s’est tournée d’abord vers son préparateur physique, Ian Verner-Gauthier, qui lui a imposé un programme complet. Ça lui a permis non seulement de garder la forme, mais de changer considérablement sa stature.

Elle montre son biceps droit.

Marie-Pier Houle et son préparateur physique Ian Verner-Gauthier

Photo : Facebook @ Marie-Pier Houle

On a permis à mon corps de se reposer en n’ayant pas à prendre autant de coups. J’ai développé une masse musculaire dont je ne savais qu’elle existait (rires!). Je suis vraiment très contente du cheminement qu’on a fait.

En ce qui a trait à sa technique de boxe, là aussi, celle qui se bat chez les mi-moyennes (147 lb) a le sentiment très net d’avoir progressé grâce aux enseignements de Sébastien Gauthier au gymnase La Station, à Sainte-Adèle.

Elle a notamment eu de nombreuses séances avec Tony Dinh, un jeune pugiliste amateur qui l’a souvent poussée dans ses derniers retranchements.

Si je peux prendre ses coups à lui, il n’y a pas une fille de ma catégorie qui peut me frapper aussi fort, a insisté Houle.

« En temps normal, on se prépare pour une adversaire en particulier. Mais là, on a travaillé sur plein de choses. On a amélioré ma défensive, mon jeu de pieds, mes déplacements. On a amélioré ma vitesse. Je suis plus rapide. Je travaille plus en angles, et je ne vais plus prendre de coups inutilement. On a développé mon style et j’ai hâte de voir comment ça va sortir dans le ring. »

— Une citation de  Marie-Pier Houle

Une autre Mexicaine

On constate en consultant la courte liste des boxeuses qu’elle a affrontées jusqu’à présent dans les rangs professionnels que Jeanette Zacarias Zapata (2-3) sera sa quatrième adversaire originaire du Mexique.

Zapata n’est pas très expérimentée et elle a perdu ses deux derniers combats avant la limite. Néanmoins, Houle se prépare à une dure bataille, comme elle est déjà familière avec l’endurance des boxeuses mexicaines.

Elle est peut-être un peu plus grande que les précédentes. On verra ce que ça va donner lors du face-à-face de la pesée, a dit Houle.

Un boxeur et une boxeuse montrent leurs poings.

Marie-Pier Houle et son partenaire d'entraînement Tony Dinh

Photo : Facebook @ Marie-Pier Houle

Quand on lui demande s’il existe au Québec ou ailleurs au Canada des adversaires susceptibles de se mesurer à elle, Houle admet qu’il y a là un grand vide.

Tammara Thibeault vient de prendre part aux Jeux de Tokyo et entretient encore des aspirations olympiques pour Paris en 2024.

L’ex-athlète olympique Mary Spencer, triple championne mondiale chez les amateurs et championne canadienne à huit reprises, s’apprête à faire ses débuts professionnels sur la carte que présentera Eye of the Tiger vendredi soir au Mexique. De l’aveu même de Houle, la Torontoise représente une grosse pointure et n’est pas une candidate envisagée pour le moment, d’autant qu’elle est liée à un groupe de promotion rival.

Une autre Ontarienne, Caroline Redman, a déjà été approchée par l’apparieur (matchmaker) du Groupe Yvon Michel, mais elle avait rapidement décliné l’invitation. Bref, dans l’état actuel des choses, ce n’est pas demain la veille que Marie-Pier Houle livrera un combat à saveur locale qui déchaînerait les passions.

En attendant, elle espère offrir une bonne performance devant les siens.

Une victoire convaincante, c’est mon objectif. C’est sûr que c’est l’fun de faire des rounds, mais je veux vraiment montrer que je peux dominer ce combat. Je vais donner tout ce que je peux et, au moment opportun, si ça se présente, on va expédier ça, a-t-elle conclu avec le sourire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !