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Naviguer plutôt que marcher

Une régate a permis d'amasser près de 65 000 $ au profit de l'Association québécoise de voile adaptée.

Un homme est soulevé de son fauteuil roulant pour être assis dans un voilier.

Guy Bergeron est aidé par deux personnes, dont l'instructrice-chef de l'AQVA Véronique Fortier, pour embarquer à l'aide d'un lève-personne dans son voilier au Yacht Club de Pointe-Claire.

Photo : Radio-Canada

Le plus effrayant, semble-t-il, c’est le premier transfert du fauteuil roulant au petit voilier sur l’eau à partir du quai.

Guy Bergeron, lui, connaît bien la manœuvre qui consiste à être soulevé par un lève-personne et installé dans l’étroit bateau. Le sexagénaire fait une vingtaine de sorties en voilier adapté par saison.

Samedi, sa conjointe se trouvait derrière lui dans le voilier Martin 16 adapté. C’est d’ailleurs elle qui semblait la plus hésitante en mettant les pieds sur le bateau.

En 2007, il est devenu paraplégique à la suite d’un accident de moto et a découvert la voile en regardant un reportage à Radio-Canada en 2013. Huit ans plus tard, il fait partie du reportage.

Naviguer seul lui rappelle un peu le sentiment que lui procurait la moto.

Avec ce genre de bateau, avec les commandes devant nous, on est capable de naviguer seul et c’est une liberté, explique-t-il. Quand je navigue, je ne pense à rien. Je regarde les bateaux, je regarde les maisons, le rivage. Je me donne des défis d’aller tourner près d’une bouée. C’est un plaisir d’aller me promener avec un véhicule non polluant.

Samedi, Guy Bergeron participait sur le lac Saint-Louis à une régate caritative organisée par l’Association québécoise de voile adaptée, l’AQVA. Cet organisme a comme mission de permettre aux personnes qui vivent avec des limitations physiques ou sensorielles de pratiquer la voile.

Ils sont assis dans un voilier.

Guy Bergeron et sa femme Lyne à bord de leur voilier avant de quitter pour la régate.

Photo : Radio-Canada / Antoine Deshaies

C’est Véronique Fortier, l’instructrice qui lui a montré les rudiments de la navigation, qui aidait d’ailleurs Bergeron à s’installer dans l'embarcation.

Guy et moi, on a une relation très spéciale, c’est comme mon troisième grand-papa, dit la jeune femme qui navigue depuis l’âge de 11 ans. Quand il n’y a pas de vent, c'est thérapeutique, on jase. Et quand il y a du vent, on trippe les deux. J’adore le voir sourire après. Je sens qu’il apprécie vraiment.

Fortier est d’ailleurs l’instructrice en chef de l’AQVA. Pour elle, la régate caritative organisée au Yacht Club de Pointe-Claire samedi est un pur moment de bonheur.

D’avoir l’opportunité de donner cette expérience-là à des gens qui n’auraient jamais cru qu’ils pouvaient faire de la voile, c’est extraordinaire, ajoute Fortier. De voir des bateaux de l’AQVA participer à des courses avec des bateaux non adaptés, donc de partager la même expérience sur l’eau, c’est vraiment extraordinaire. Ça nous réchauffe le cœur.

Certains marins, bien attachés, contrôlent le voilier à la force de leurs bras, d’autres avec les mains sur une manette, et d'autres le font même avec la bouche.

Dans certains cas, un instructeur doit les accompagner dans l’embarcation. Les bateaux adaptés sont insubmersibles, impossibles à faire chavirer et permettent la navigation en toute sécurité.

Des jeunes du club ont essayé d'en renverser un et ils n'ont jamais été capables, ajoute Guy Bergeron. Tu peux le remplir d'eau et revenir avec en toute sécurité.

Un accès toujours limité

Le Yacht Club de Pointe-Claire est le seul endroit à offrir cette pratique dans le Grand Montréal selon Geneviève Prévost, la directrice de l'administration de l'Association québécoise de voile adaptée et amoureuse de la voile.

Ailleurs au Québec, les clubs nautiques qui offrent la voile adaptée sont rares. Il y en a un en Estrie, puis un en Gaspésie.

Une femme tient la pose dans une marina en bord du fleuve Saint-Laurent.

Geneviève Prévost

Photo : Radio-Canada / Antoine Deshaies

On aimerait que ça change à court, moyen et long terme et on va mettre l’accent là-dessus, mentionne Geneviève Prévost. On veut que plus de personnes participent à ce magnifique sport dans le Grand Montréal et aussi en région.

À Pointe-Claire, environ 215 personnes en font annuellement.

Toute personne vivant avec un handicap physique ou sensoriel peut venir pratiquer la voile, précise-t-elle. On a des enfants, des adolescents, des adultes et des aînés. Peu importe le handicap, c'est possible de faire de la voile et on s’assure de répondre à tous leurs besoins.

Samedi, à défaut de vraies rafales, un vent de solidarité a soufflé sur les rives du lac Saint-Louis. La neuvième régate caritative annuelle a permis d’amasser environ 65 000 $, un record.

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