•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La petite blessure qui fait déborder le vase d’Amélie Kretz

Une triathlète court.

Amélie Kretz

Photo : Gracieuseté : World Triathlon

Amélie Kretz attendait la fin de semaine depuis tellement longtemps. Enfin, elle allait pouvoir courir devant ses proches à Montréal pour une épreuve des Séries mondiales de triathlon.

Son petit bonheur n’aura duré qu’une quinzaine de minutes. Après sa nage de 300 mètres et 6,6 kilomètres de vélo, elle faisait partie des 10 premières de son groupe de qualifications à la transition des 2 kilomètres de course.

Sauf qu’elle n’est jamais revenue au fil d’arrivée du Triathlon mondial Groupe Copley. Une blessure à un pied l’a forcée à mettre fin à sa course, à son week-end et même à sa saison.

J’avais une petite blessure qui traînait depuis les Jeux de Tokyo et la longue transition de la natation vers le vélo en montant l’a aggravée. Je n’ai pas pu avoir accès à mon physio personnel durant ma quarantaine stricte de trois jours avant l’épreuve. C’est malheureux parce que je voulais performer devant ma famille. Mais c’est correct, mon objectif cette saison, c’était les Jeux de Tokyo.

C’est un signe que mon corps avait besoin de repos après une longue année, ajoute-t-elle. J’ai eu une année stressante avec une qualification à la dernière minute pour Tokyo. J’ai aussi dû me battre contre ma propre fédération pour qu’on me laisse faire ma course aux Olympiques.

Entrevue avec Amélie Kretz

Se battre contre sa propre fédération?

À Tokyo, sa 15e place a fait d’elle la meilleure Canadienne de la jeune histoire de cette épreuve aux Olympiques depuis les Jeux de Sydney en 2000. Ses larmes à l’arrivée témoignaient déjà de sa fierté et des épreuves qu’elle avait dû surmonter pour être sur la ligne de départ.

Non seulement elle avait décroché sa qualification olympique, mais elle affirme avoir dû faire appel à un avocat pour que Triathlon Canada la laisse s’élancer. Le plan était de ne l’inscrire qu’au relais, ironiquement qualifié en raison de sa performance en solo.

Une partie de la blessure à ma jambe en ce moment, c’est une accumulation de stress et du manque de sommeil, affirme Kretz. C'est lourd de devoir toujours me battre avec les gens qui sont censés me soutenir et de croire en moi.

L’objectif de la fédération aux Jeux, c’était le relais et je n’avais pas atteint leurs critères pour faire la course individuelle. Avec un bon avocat, ils m’ont laissée la faire. Mais ce n’était vraiment pas nécessaire tout ce processus, et ça m’a empêchée d’avoir une bonne préparation pour les Jeux. C’est pour ça qu’à Tokyo, mon résultat était très émotif, parce qu’il validait ma lutte des semaines précédentes.

Deux jeunes femmes courent rapidement pendant une épreuve de triathlon.

La Canadienne Amélie Kretz à Tokyo

Photo : Getty Images / Cameron Spencer

Amélie Kretz affirme que la fédération nationale n’avait pas l’intention d’inscrire une seule athlète féminine à la course individuelle à Tokyo, question d’améliorer les chances de médaille au relais mixte. Le Canada a finalement pris le 15e et avant-dernier rang de ce relais.

Tyler Mislawchuk, vedette de l'équipe, s’est d’ailleurs blessé lors de son épreuve individuelle et n’a pu prendre part au relais.

Ils ont mis tous leurs œufs dans le même panier avec Tyler Mislawchuk et le relais, dit Kretz. Ils ont arrêté de croire en nous, les femmes. Joanna Brown et moi avons dû nous battre avec la fédération pour participer à l’épreuve individuelle. On aurait pu voir une ligne de départ avec 55 places, mais avec 53 athlètes et sans les Canadiennes.

Selon Kretz, Triathlon Canada préférait qu’elles soient fraîches et reposées pour le relais. La Québécoise affirme que les quatre jours de repos entre son épreuve individuelle et le relais étaient amplement suffisants pour qu’elle récupère bien.

Je suis contente qu’on se soit battues pour et, à la fin, je pense qu’ils étaient bien contents. J’ai quand même bien performé avec ma 15e position.

Amélie Kretz affirme ne recevoir aucun appui financier de sa fédération.

Du repos et cap sur Paris

Elle entend ne pas s’entraîner au cours des deux ou trois prochaines semaines. Elle a besoin de repos, de voir sa famille et ses amis. La dernière année a été difficile et compliquée.

Je pense que tout le monde est à bout, admet-elle. Nos voyages à travers le monde et les restrictions qui sont vraiment différentes à travers le monde, ça ajoute un stress aux voyages. C’est vraiment bien d’avoir pu avoir une course à Montréal. On est fatigués, mais on est contents.

Elle préfère se reposer plutôt que de tenter de participer aux Championnats du monde à Edmonton la semaine prochaine. Elle pense déjà aux Jeux de Paris en 2024 et le processus de qualifications s’amorce dès le printemps prochain.

À 28 ans, ses plus récentes performances lui ont confirmé qu’elle voulait poursuivre sa carrière, même si en début d’année, elle n’en était pas si sûre.

Je vais me donner du temps pour récupérer, mais j’ai de grands objectifs pour Paris en 2024, dit Kretz. J’ai vraiment hâte et j’ai hâte de montrer de nouveau ce dont je suis capable. Je suis encore très motivée et excitée pour la suite.

Elle sent encore qu’elle progresse et c’est le plus important.

Pas de Québécois en action samedi

Avec la blessure d’Amélie Kretz, l’épreuve montréalaise a perdu sa vedette locale. Du côté des hommes, le Québécois Jérémy Briand n’a pas non plus été en mesure de se qualifier pour les épreuves de samedi.

Il a terminé 11e de la séance de repêchage. Seuls les 10 premiers étaient qualifiés. Samedi, les 30 hommes et femmes qualifiés prendront part à un maximum de trois courses pour monter sur le podium. Les 20 premiers de la première course se qualifient pour la seconde et les 10 premiers de la deuxième atteindront la grande finale.

Un peu à l’image des séances de qualifications en formule 1, mais sans moteur et sans pollution.

La championne olympique Flora Duffy est notamment du nombre des participantes.

Les courses ne durent qu’une vingtaine de minutes. Les spectateurs sont les bienvenus sur le toit du grand quai du Vieux-Port de Montréal et dans les rues avoisinantes.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !