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Une ligue professionnelle de soccer féminin dans les plans pour 2023 au Canada

Les joueuses canadiennes courent toutes ensemble en criant suite au but vainqueur de Julia Grosso.

L'équipe canadienne féminine a remporté la première d'or olympique de son histoire, à Tokyo.

Photo : Getty Images / Francois Nel

Avec son seul coup de pied lors de la séance de tirs au but de la finale olympique, à Tokyo, Julia Grosso n'a pas seulement offert la médaille d'or à l'équipe canadienne de soccer féminin. Elle a aussi donné un nouvel élan au mouvement qui tente de faire du soccer professionnel féminin une réalité au Canada.

Diana Matheson, qui a annoncé sa retraite sportive le mois dernier après une longue carrière avec la sélection nationale, dit travailler sur le dossier depuis environ un an à Toronto.

Le petit groupe qu'elle mène souhaite mettre sur pied une ligue toute canadienne. Selon leurs calculs, celle-ci pourrait d'ailleurs voir le jour dès 2023.

Cette médaille d'or a certainement apporté un nouvel élan. Cela va faire basculer le projet. Nous allons avoir plus d'investissements qui vont arriver. On peut mettre notre plan en marche un peu plus, dit Diana Matheson, qui a quant à elle gagné le bronze avec l'équipe canadienne en 2012 et en 2016.

Avec du recul, cette médaille d'or paraît presque le produit d'une progression naturelle pour le programme national. C'est incroyable, mais je pense que ça masque le fait que nous n'ayons pas de ligue professionnelle, ajoute l'Ontarienne.

Si on ne commence pas à construire, ce ne sera pas durable. Tous les autres pays (de l'élite mondiale) ont déjà des ligues. Et, alors que les investissements et les cotes d'écoute continueront de monter, on sera laissés derrière à un moment donné.

Une citation de :Diana Matheson, ancienne joueuse de l'équipe nationale

Des 10 premiers pays au classement de la FIFA, seul le Canada (8e) ne compte ni ligue ni équipe professionnelle de soccer féminin. Les joueuses du programme national jouent donc aux États-Unis, en Allemagne, en France et en Angleterre, par exemple, lorsqu'elles n'enfilent pas le maillot du Canada.

Après ses années à l'Université Princeton, Matheson a elle-même pris la route de la Norvège. Elle a ensuite évolué dans la National Women Soccer League (NWSL) aux États-Unis.

Le fait que nous soyons championnes olympiques et que nous n'ayons pas d'équipes professionnelles dans notre propre pays, c'est inacceptable, avait dit la gardienne de but Stephanie Labbé à CBC dans les jours suivant la victoire de son équipe.

Un besoin criant d'options au Canada

Jessie Fleming célèbre un but qu'elle a marqué à Tokyo avec Ashley Lawrence et Vanessa Gilles.

Vanessa Gilles, Jessie Fleming et Ashley Lawrence évoluent toutes en Europe lorsqu'elles ne jouent pas pour le Canada.

Photo : Getty Images / Francois Nel

Médaillée d'or à Tokyo, la défenseuse Vanessa Gilles a amorcé sa carrière professionnelle à Chypre, en Europe, à sa sortie des rangs universitaires américains. C'est par chance, selon elle, qu'elle a abouti sur le Vieux Continent.

Quand j'ai fini l'université, il y avait qu'une équipe qui me voulait, qui m'offrait un contrat. Et ça, c'est en disant que j'ai aussi mon passeport français. Donc, si je ne l'avais pas eu, j'aurais fini exactement comme mes amies en finissant le foot après l'université. Ça, c'est sûr, raconte l'Ottavienne qui possède la citoyenneté française grâce à son père né à Paris. Elle évolue maintenant à Bordeaux, en première division française.

La NWSL, par exemple, n'alloue que quatre places de joueuses internationales à chaque équipe. Ces places ne peuvent pas être échangées et les Canadiennes – bien que la plupart étudient aux États-Unis avant de faire le saut chez les professionnelles – sont considérées comme des joueuses étrangères au même titre que les Allemandes et les Brésiliennes.

Dans les ligues européennes, les places sont aussi limitées pour les joueuses en provenance de l'extérieur du continent. Ces places vont aux joueuses de l'équipe nationale, qui sont déjà connues, qui ont un nom, et valent beaucoup plus d'argent que toi, précise Vanessa Gilles. Les Canadiennes qui demandent plus de temps pour se développer se trouvent ainsi souvent à court d'options.

Les opportunités qui sont données pour les femmes en général, mais pour les Canadiennes en plus, c'est vraiment minime, minime, minime.

Une citation de :Vanessa Gilles, médaillée d'or à Tokyo

Le président de Canada Soccer, Nick Bontis, avait promis au début de son mandat en 2020 de travailler très fort pour créer une équipe de la NWSL au Canada. Cela tient toujours. Il a réitéré sa promesse lors d'une conférence de presse visant à accueillir trois membres de l'équipe canadienne à Toronto mardi.

Tout ce que je peux dire, c'est que cette médaille d'or est parfaite. C'est exactement ce dont on avait besoin, soit une action incitative pour surmonter ce que la COVID nous a fait subir et pour faire venir de nouveaux investisseurs qui réaliseront ce qu'ils pourront tirer de sommes injectées dans le soccer féminin, a-t-il dit.

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