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Chronique

Le message du Kraken au CH : bonne chance avec Carey Price!

Gros plan d'un gardien concentré qui suit la rondelle des yeux.

Carey Price aura 34 ans la saison prochaine.

Photo : Minas Panagiotakis

Au bout du compte, au lieu de se réjouir, les partisans du CH devraient s’inquiéter du fait que le Kraken de Seattle ait ignoré Carey Price au repêchage d'expansion.

Tous les hommes de hockey crédibles disent la même chose : quand on construit une équipe de hockey, on commence par la défense et on finit par l’attaque. Pour connaître du succès, on commence par dénicher un excellent gardien qui deviendra la pierre d’assise de l’équipe, et on l’entoure ensuite de défenseurs fiables. Une fois cette base bien solidifiée, on part à la recherche de talent offensif.

Bref, c’est un peu le contraire de ce qu’ont fait les Oilers d’Edmonton au cours de la dernière décennie.

Le directeur général du Kraken, Ron Francis, avait la chance cette semaine d’appuyer sa nouvelle équipe sur les épaules de l’un des trois meilleurs gardiens de la LNH. Si vous contestez le fait que Price fasse partie de la royauté des gardiens de la ligue, je vous suggère de vous obstiner avec les joueurs qui l’affrontent quotidiennement. Parce que chaque année, c’est ce qu’ils affirment dans le grand sondage mené par l’Association des joueurs.

Or, malgré ce fait et le récent parcours éliminatoire du CH, Ron Francis a choisi de passer son tour.


Il aurait été franchement intéressant d’être une mouche et de se poser dans un coin de la salle de conférence du Kraken quand le personnel hockey de cette nouvelle organisation s’est réuni pour discuter du cas du gardien du Tricolore.

Durant ces rencontres, il a certainement été question d’avenir. Car pour savoir ce qui attend Price au cours des prochaines années, il suffit de jeter un coup d’œil à ce que les autres gardiens d’élite de la LNH ont vécu après avoir passé le cap de la mi-trentaine.

Les statistiques révèlent que, contrairement à la croyance populaire, les gardiens atteignent leur apogée au même âge que les autres joueurs, soit de 25 à 28 ans. Et bien que leur déclin survienne plus lentement que celui des attaquants et des défenseurs, les hommes masqués ne sont pas éternels.

Après l’âge de 35 ans, les gardiens de la LNH sont usés à la corde. Constamment se jeter à genoux sur une patinoire et piquer des lames de patin dans la glace pour effectuer de vigoureux déplacements latéraux imposent des charges et un stress énormes aux hanches et aux genoux. Le corps humain n’a pas été conçu pour cela.

Dans la deuxième moitié de la trentaine, les gardiens ne sont généralement plus capables d’assumer la charge de travail d’un gardien numéro un. Et leur taux d’efficacité chute en flèche. De Craig Anderson à Henrik Lundqvist, en passant par Pekka Rinne et Nikolai Khabibulin, la très grande majorité des gardiens atteignent leur date de péremption à cette époque de leur vie.

Martin Brodeur a constitué l’une des rares exceptions à cette règle, et c'est probablement dû au fait qu’il préconisait un style hybride plutôt que le style papillon pratiqué par la quasi-totalité des gardiens. Ses articulations ont tenu le coup plus longtemps.


Carey Price sera âgé de 34 ans la saison prochaine. Et, qu’on le veuille ou non, des signes indiquent que son déclin est bel et bien commencé. Des blessures aux hanches et aux genoux sont apparues au cours des dernières années. Il doit d’ailleurs consulter un orthopédiste à ce sujet. Il a aussi subi quelques commotions cérébrales.

De 2018 à 2020, parce qu’il n’y avait pas d’auxiliaire fiable dans l’organisation, Price a été le gardien le plus utilisé de la LNH. Et son niveau d’efficacité a chuté en partie parce que sa charge de travail était devenue trop importante. Pour ne pas tuer trop rapidement la poule aux œufs d’or, la direction de l'équipe s’est donc résolue, l’an dernier, à réduire sa charge de travail en faisant l’acquisition de Jake Allen.

Toutefois, l’arrivée d’Allen ne permettra pas de remettre le dentifrice dans le tube. Au mieux, le tube se videra peut-être un petit peu plus lentement.

Price ayant encore cinq années de contrat à écouler (qui pèseront chacune 10,5 millions sur la masse salariale), Ron Francis était face à la possibilité de mettre la main sur un gardien de haut niveau pour environ deux saisons, tout en étant presque certain d’être pris avec un boulet financier pour les trois années subséquentes.

Pour cette raison, aux yeux d’un homme de hockey qui construit une équipe de la LNH à partir d’une page blanche, nous vivons désormais dans un monde où un jeune défenseur comme Cale Fleury a plus de valeur que Carey Price et son lourd contrat.

Mieux encore : aux yeux de Ron Francis, les gardiens Chris Driedger, Vitek Vanicek et Joey Daccord, qui totalisent 85 matchs d’expérience à eux trois dans la LNH, sont désormais plus attrayants que la pierre d’assise du Canadien de Montréal.

L’histoire de la LNH est littéralement pavée de gardiens qui ont disparu comme des étoiles filantes après avoir connu des débuts étincelants comme l’ont fait Driedger et Vanicek la saison dernière. Depuis Montréal, on peut donc souhaiter la meilleure des chances à Ron Francis avec son beau projet.

Toutefois, en ignorant Carey Price mercredi soir, Ron Francis a clairement rendu la pareille au Canadien.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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