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Le Kraken de Seattle dévoilera ses choix ce soir, le sort de Price bientôt connu

La drapeau du Kraken de Seattle flotte au mât.

La tour Space Needle, emblème architectural de la ville

Photo : Getty Images / Abbie Parr

Pierre-Yves Robert

Carey Price sera-t-il sélectionné par le Kraken de Seattle? La question qui divise les amateurs du Canadien de Montréal sera résolue mercredi soir. La 32e équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH) annoncera ses choix lors du repêchage d'expansion.

La liste des joueurs protégés en vue du repêchage d'expansion a été publiée dimanche. Dans le lot, Carey Price ne se retrouve pas sur celle du Canadien de Montréal, le rendant disponible pour la nouvelle formation.

Décision inattendue de la part du directeur général Marc Bergevin, le choix de laisser son gardien vedette sans protection surprend les amateurs du Tricolore.

Le directeur général du Canadien, masqué, observe l'action sur la glace.

Marc Bergevin

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Le CH a choisi de protéger sept attaquants (Josh Anderson, Joel Armia, Jake Evans, Brendan Gallagher, Jesperi Kotkaniemi, Arturri Lehkonen et Tyler Toffoli), trois défenseurs (Ben Chiarot, Joel Edmundson et Jeff Petry), ainsi qu'un gardien de but (Jake Allen).

Il a préféré cette option plutôt que celle demandant la protection de huit patineurs, toutes positions confondues.

Seuls les Golden Knights de Vegas étaient épargnés du processus d'expansion, qui permet au Kraken de sélectionner un joueur dans les 30 autres équipes de la LNH. Un procédé complexe, mais qui offre à la nouvelle franchise la chance de pouvoir compter sur une équipe compétitive dès sa première saison dans le circuit Bettman.

Une succession de grands noms

Plusieurs grands noms seront associés au Kraken de Seattle, autant chez les joueurs disponibles que ceux qui feront l'annonce des sélections.

Parmi les joueurs laissés sans protection, on compte Carey Price, bien entendu, mais aussi plusieurs vedettes établies comme Vladimir Tarasenko, des Blues de St. Louis, Jakub Voracek, des Flyers de Philadelphie, Mark Giordano, des Flames de Calgary, Josh Bailey, des Islanders de New York, Max Domi, des Blue Jackets de Columbus, Matt Duchene, des Predators de Nashville, Yanni Gourde, du Lightning de Tamba Bay, ou encore P.K. Subban, des Devils du New Jersey.

Si tous ces joueurs ont un apport indéniable sur la patinoire, ils partagent tous la même contrepartie : une empreinte importante sur la masse salariale de leur équipe. Le Kraken devra sélectionner au moins 20 joueurs sous contrat pour la prochaine saison, et s'assurer que le salaire combiné des joueurs choisis représente entre 60 % et 100 % du plafond salarial en vigueur, qui est établi à 81,5 millions de dollars.

Plus tôt dans la semaine, le Kraken a également indiqué qu'il fera appel à plusieurs athlètes ayant marqué l'histoire sportive de la région de Seattle pour procéder aux annonces de ses choix.

Du lot, on retrouve Sue Bird, joueuse emblématique du Storm de Seattle dans la WNBA, Sean Kemp, légende des défunts Super Sonics de Seattle en NBA ou encore Marshawn Lynch, ancien porteur de ballon des Seahawks de dans la NFL. Ils feront leurs annonces depuis divers lieux phares de Seattle, notamment le marché public Pike Place, l'Aquarium de Seattle, la tour Space Needle et le mont Rainier.

Le parc Gas Works de Seattle.

Le parc Gas Works, au centre-ville de Seattle, à partir duquel on peut apercevoir l'emblématique tour Space Needle, accueillera près de 4000 partisans du Kraken, mercredi soir.

Photo : afp via getty images / JASON REDMOND

Près de 4000 partisans du Kraken sont aussi attendus au Gas Works Park, sur la rive nord du lac Union, juste en face du centre-ville de Seattle, tandis que le repêchage d'expansion sera télédiffusé sur les grandes chaînes sportives.

Partira, partira pas?

Le directeur général Ron Francis sautera-t-il sur l'occasion d'ajouter un gardien de premier plan à son équipe en la personne de Carey Price? La liste des joueurs sélectionnés par le Kraken doit être soumise à 10 h (HAE) et sera dévoilée au public à compter de 20 H (HAE) à l'émission spéciale télévisée organisée par la LNH.

Ron Francis montre un chandail de hockey à son nom, devant le centre-ville de Seattle.

Ron Francis a été embauché en juillet 2019 comme premier directeur général de la nouvelle équipe de Seattle.

Photo : NHL Seattle

Outre Price, les attaquants Paul Byron et Jonathan Drouin ainsi que les défenseurs Shea Weber et Brett Kulak sont les joueurs encore sous contrat pour la prochaine saison qui n'ont pas été protégés par le Canadien.

Avec un salaire de 1,85 million, Brett Kulak pourrait faire l'objet d'une étude attentive de la part du Kraken, où il aurait l'occasion de jouer un rôle plus grand que celui qu'il occupe à Montréal, mais il demeure un joueur somme toute marginal.

Paul Byron, qui n'a pas été réclamé au ballottage en trois occasions lors de la dernière saison, serait un choix étonnant, compte tenu de son salaire élevé. Il empochera 3,4 millions ces deux prochaines saisons. Quant à Jonathan Drouin, il n'a pas disputé de match dans la LNH depuis le 21 avril et les doutes persistent quant à un retour au jeu.

De son côté, Shea Weber traînerait depuis un bon moment des blessures au pouce, au pied et à la hanche, et son avenir dans la LNH serait sérieusement compromis, à tout le moins pour la prochaine saison. Les chances de le voir devenir le joueur sélectionné par le Kraken apparaissent donc assez minces.

La plupart des observateurs estiment donc qu'il s'agit de tout un coup de poker de laisser Carey Price et son imposant contrat sans protection en vue du repêchage d'expansion, puisque l'acquisition d'un joueur de son envergure représenterait toute une prise pour le Kraken.

Le gardien de but de hockey est concentré pendant les hymnes nationaux.

Carey Price pourrait devenir le visage de la nouvelle franchise de la LNH.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Un hic toutefois : le contrat de Price, qui célébrera son 34e anniversaire en août, compte pour 10,5 millions sur la masse salariale jusqu'à l'issue de la saison 2025-2026. Le pacte, signé à l'été 2017, s'élève à 84 millions pour une durée de 8 ans. Il doit aussi recevoir un boni de signature d'une valeur de 11 millions en septembre, un montant important pour une franchise qui n'aura toujours pas disputé de match dans la LNH.

Plusieurs arguments militent en faveur des deux décisions auxquelles fait face Ron Francis : sélectionner Price ou non dans son équipe.

Choisir Price, un choix très payant

Si le passé est souvent garant de l'avenir, l'exemple de Marc-André Fleury avec les Golden Knights, en 2017, représente un cas de figure intéressant pour le Kraken.

Lors de l'entrée dans la LNH de l'équipe de Vegas, Marc-André Fleury avait accepté de lever sa clause de non-échange et les Golden Knights en avait fait un de leurs choix. Une décision payante puisque le gardien québécois, avec sa personnalité enjouée et ses performances inspirées, est rapidement devenu le visage de l'organisation.

Ils se serrent la main.

Marc-André Fleury (gauche) et le propriétaire des Golden Knights de Vegas, Bill Foley (droite).

Photo : Getty Images / Ethan Miller

Déjà gagnant de trois Coupes Stanley, Fleury était devenu un meneur incontesté des Golden Knights et avait largement contribué au succès immédiat de la nouvelle franchise, qui avait atteint la finale de la Coupe Stanley dès sa première saison.

Avec le parcours éliminatoire que vient de connaître le CH, mené par un Carey Price au sommet de son art, le parallèle est facile à faire, d'autant plus que le Britanno-Colombien connaît bien la grande région du Nord-Ouest Pacifique.

Originaire de Anahim Lake, à plus de 1000 km de Seattle, il est aussi familier avec l'État de Washington, où il a disputé quatre années au hockey junior.

De 2003 à 2007, il a joué pour les Americans de Tri-City, dans la Ligue junior de l'Ouest. L'équipe dispute ses matchs à Kennewick, une ville de 80 000 habitants située à environ 3 heures de route de Seattle.

Outre la proximité avec son patelin et la nostalgie envers ses jeunes années, Angela Price, la femme de Carey, est originaire de l'État de Washington et a effectué ses études à l'Université de Washington. Le couple s'est marié dans l'État de Washington et possède une résidence à Kelowna, en Colombie-Britannique. Avec trois jeunes enfants, c'est une occasion idéale pour eux de se rapprocher de leurs familles et de renouer avec la région où ils ont grandi.

Autre argument, Carey Price revendique haut et fort ses origines autochtones, et l'État de Washington a une histoire riche avec les Premières Nations. Pas plus tard que cette semaine, alors que tous les projecteurs sont braqués sur lui, il en a d'ailleurs profité pour inviter la population canadienne à en connaître davantage sur l'histoire des pensionnats autochtones au pays.

Alors que le Kraken de Seattle se positionne comme une équipe à l'avant-garde de la LNH dans ses choix, que ce soit avec l'aréna de l'équipe, le descripteur des matchs à domicile ou encore les femmes embauchées dans des rôles de pouvoir, les origines de Price pourraient constituer un attrait pour une nouvelle franchise qui cherchent à intéresser des amateurs conscientisés par les enjeux sociaux.

Compte-tenu de ses performances, de sa reconnaissance par ses pairs et de son statut de joueur influent dans la LNH, le gardien serait un choix tout à fait raisonnable pour une équipe qui cherche à s'établir rapidement dans le circuit Bettman.

Choisir Price, un choix trop coûteux

D'autres croient au contraire que de sélectionner Carey Price représente une erreur pour le Kraken de Seattle.

C'est le cas de Stéphane Waite, qui a été l'entraîneur des gardiens de but du Tricolore pendant huit saisons. À son avis, il restera à Montréal, puisque que c'est à Montréal qu'il veut jouer et c'est à Montréal qu'il veut gagner, selon ses dires.

Agenouillé sur la glace, il discute avec le gardien.

Stéphane Waite, ici en discussion avec Carey Price en 2014, travaillait avec les gardiens du Canadien depuis 2013, jusqu'à son renvoi, en mars 2021.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Tout en admettant ne pas être devin, Waite voit deux embûches majeures associées à Price.

D'abord, son contrat représenterait un investissement trop grand pour une équipe qui n'a toujours pas généré de revenus ni joué de matchs. À sa première année dans le circuit, le Kraken devrait plutôt chercher à obtenir de petits contrats et s'assurer de conserver une flexibilité sous le plafond salarial.

C'est même ce que Ron Francis avait lui-même déclaré plus tôt cette semaine, estimant que la marge de manœuvre sous le plafond salarial est l'élément le plus précieux dans la LNH.

Les blessures ajoutent également une douche froide sur l'attrait de Price pour le Kraken.

Il serait aux prises avec une blessure à un genou qui nécessiterait une opération. Le gardien doit rencontrer un médecin à New York plus tard cette semaine afin d'en savoir plus sur sa condition physique.

Si Price est bel et bien blessé, rien n'empêche le Kraken de le sélectionner et de le placer sur la liste des blessés à long terme de la LNH. Une fois le coup d'envoi de la saison arrivé, son salaire ne serait plus comptabilisé sur la masse salariale de Seattle, mais le serait toutefois pour l'été, période importante pour la signature des joueurs autonomes.

Un pari qui coûte cher, donc, surtout que Price doit recevoir un boni de 11 millions en septembre. S'il est rétabli à temps, Price pourrait toutefois revenir au jeu dans les séries éliminatoires, où les règles liées au plafond salarial sont différentes et permettent aux équipes de retrouver des joueurs qui, autrement, feraient dépasser le plafond salarial.

C'est ce qu'on a vu cette saison avec le Lightning de Tampa Bay, qui a pu compter sur les services de Nikita Kucherov lors du tournoi printanier, après avoir manqué toute la saison à la suite d'une opération à une hanche. Le Lightning avait su tirer avantage de cette blessure en mettant sous contrat quelques joueurs de plus que ce que le plafond salarial aurait autrement permis, en comptabilisant le salaire de 9,5 millions de Kucherov.

Chose certaine, le Kraken doit envisager sérieusement de sélectionner Carey Price, croit Stéphane Waite. C'est un des meilleurs gardiens de but de la Ligue nationale. Ce serait toute une carte de marketing pour la concession de Seattle. En plus, il est capable de gagner des games!, avait-il déclaré, lundi, au Téléjournal Estrie.

Price a pris part à 707 matchs de saison et à 92  matchs des séries dans le circuit Bettman, remportant au passage les trophées Hart, Ted-Lindsay, Vézina et William-M.-Jennings en 2015. Il compte 360 victoires et 49 blanchissages dans l'uniforme tricolore.

Reste à voir si la suite de sa carrière s'écrira dans cet uniforme, ou dans les pages blanches de la 32e équipe de la LNH. La réponse ce mercredi dès 20 h (HAE).

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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