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Marché des joueurs autonomes : pour le meilleur et pour le pire

Si les directeurs généraux de la LNH cherchent une raison d'être prudents à l'ouverture du marché des joueurs autonomes, ils n'ont pas à regarder bien loin en arrière.

Montage de trois photos des joueurs en action

Matt Duchene, Artemi Panarin et Milan Lucic

Photo : Getty Images / Montage / Photos Getty

Le marché des joueurs autonomes s’ouvre mercredi dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

Chaque année, des dizaines de joueurs en profitent pour s'entendre avec une nouvelle formation. Cette saison, plusieurs joueurs de grande qualité comme Phillip Danault et Dougie Hamilton pourraient changer d’adresse.

Pour de nombreux directeurs généraux, l’ouverture du marché représente l'une des journées les plus chargées du calendrier. C’est souvent dans la frénésie des premières heures que les plus gros contrats sont octroyés.

Pour eux, l'appât du gain à court terme est parfois irrésistible. Il s’agit d’un rare moment où ils peuvent ajouter un élément à leur formation, sans rien sacrifier en échange, si ce n’est qu’une partie de leur masse salariale.

Dans certains cas, les contrats génèrent des mariages longs et heureux. Mais dans d'autres, c'est la catastrophe, et le divorce est douloureux pour les deux parties.

Avant l'imposition d'une durée maximale, lors de la convention collective de 2013, les ententes pouvaient s'étendre sur 10 ans et plus. Ils sont maintenant limités à sept ans, pour les joueurs qui changent d'équipe, et à huit pour ceux qui décident de rester à la maison.

Sept ans de vie commune, ça peut être très long, comme le démontre cette rétrospective des cinq dernières années.


2016

Il serait difficile de déterminer une seule bonne entente annoncée le 1er juillet 2016.

Cette journée-là, plusieurs directeurs généraux ont succombé à l’attrait du gain rapide, avec des contrats monstrueux à des joueurs de soutien.

Le trio de tête est composé d’Andrew Ladd, de Kyle Okposo et de Milan Lucic. Ces trois gros ailiers ont signé des pactes de sept ans avec les Islanders, les Sabres et les Oilers, respectivement.

Il manie le disque.

Après deux bonnes premières saisons à Buffalo, Kyle Okposo est désormais incapable de produire. Il a marqué seulement 25 buts à ses 165 derniers matchs dans l'uniforme des Sabres.

Photo : usa today sports / Mark Konezny

Si Ladd s’est satisfait d’un salaire annuel de 5,5 millions pour déménager à New York, Lucic et Okposo, eux, ont exigé 6 millions de leur nouveau patron, rien de moins.

Ladd n’a joué aucun match avec les Islanders la saison dernière. Le 17 juillet dernier, la direction new-yorkaise a dû refiler trois choix de repêchage aux Coyotes afin de se débarrasser de cet énorme boulet.

Le partenariat entre Lucic et sa nouvelle équipe n'a pas été plus fructueux. Il a été cédé trois ans plus tard en échange d'un autre joueur qui traîne un mauvais contrat, James Neal.

Okposo est le seul joueur toujours avec l'équipe qui a délié les cordons de sa bourse cette journée-là. Il n'a inscrit que 2 buts en 35 rencontres avec les Sabres la saison dernière.

Il est impossible d'expliquer ce qui justifiait pareils salaires, considérant que Lucic et Okposo n'avaient marqué que 20 et 22 filets respectivement lors de la saison précédente.

Bref, vous pouvez choisir parmi les trois pour le pire contrat. Il y a l’embarras du choix. Pour ce qui est de la meilleure embauche, c'est plus compliqué.

David Perron a paraphé une entente d’une durée raisonnable (deux ans seulement) avec les Blues, la formation qui l’avait repêché presque 10 ans auparavant.

Doug Armstrong lui a octroyé un contrat d’une valeur totale de 7,5 millions. Les Blues en ont eu pour leur argent, puisque l’ailier a inscrit 46 points en 82 matchs à son retour à Saint Louis.

Perron a été réclamé au repêchage d’expansion par les Golden Knights. Il connaîtra la meilleure saison de sa carrière à Vegas avant de retourner à nouveau au Missouri.


2017

Les partisans du Canadien se souviennent certainement de cet été comme celui où Alex Radulov a quitté Montréal pour Dallas. L'entente du Russe avec les Stars a toutefois été annoncée le 3 juillet.

Deux jours auparavant, Marc Bergevin s’était empressé de faire signer un contrat de 4,625 millions à Karl Alzner. Le défenseur ne jouera jamais à la hauteur de ce salaire. Le directeur général du CH a reconnu son erreur en rachetant le contrat d’Alzner en octobre dernier.

Il retourne au banc dans l'uniforme du Rocket.

Karl Alzner a terminé son aventure dans l'organisation du Canadien avec le Rocket de Laval, dans la Ligue américaine.

Photo : Rocket de Laval

Il s’agit de loin du pire contrat signé cette journée-là, d’autant plus que le Tricolore misait sur la venue d’Alzner pour pallier la perte d’Andrei Markov du côté gauche.

Le meilleur coup aura été l’oeuvre des Hurricanes, qui ont rapatrié Justin Williams, une valeur sûre, pour un modeste montant annuel de 4,5 millions de dollars.


2018

À l'été 2018, John Tavares faisait saliver à peu près tous les directeurs généraux du circuit Bettman.

La vedette des Islanders a décidé de tester sa valeur sur le marché, et il a reçu des offres généreuses des Sharks de San José et des Maple Leafs de Toronto, avant d’opter pour la formation de son enfance.

Tavares, qui sera ensuite nommé capitaine des Leafs, sera incapable de mener l'équipe ontarienne plus loin que le premier tour des séries éliminatoires. Son ancienne équipe, elle, va étrangement connaître beaucoup plus de succès en son absence.

Malgré les circonstances, Tavares demeure une prise en or pour les Leafs. Il a certainement répondu aux attentes en saison avec 198 points en 201 rencontres.

Il tient dans ses mains un chandail des Maple Leafs de Toronto.

John Tavares en compagnie de ses nouveaux patrons, Brendan Shanahan et Kyle Dubas

Photo : Gracieuseté / Maple Leafs de Toronto

La même journée qu’il a apposé sa signature au bas d’une entente de sept ans, un autre contrat a été officialisé en catimini, celui de Patrick Maroon.

Maroon s’est joint aux Blues pour une saison. Il sera un rouage important de l’équipe championne de la Coupe Stanley la saison suivante.

À l'autre bout du spectre, il y a James Neal, qui s'est engagé auprès des Flames pour cinq ans. Son contrat deviendra rapidement un boulet et la formation albertaine va rapidement s'en départir... contre un autre contrat décerné un 1er juillet, celui de Lucic.


2019

Lors de la saison 2019, voyant que plusieurs éléments clés de son équipe allaient quitter le navire, le directeur général des Blue Jackets a décidé de miser le tout pour le tout.

Il a payé chèrement les services de Matt Duchene afin d’ajouter un peu de profondeur à son attaque. Le pari était bon, puisque Columbus va surprendre le monde du hockey dans les séries éliminatoires en balayant le Lightning.

L’histoire digne de Cendrillon des Blue Jackets prendra toutefois rapidement fin dans ce tournoi éliminatoire. Et le désastre annoncé s’est concrétisé : les joueurs sans contrat en poche des Jackets ont filé vers d’autres cieux.

Artemi Panarin, la dynamo offensive de l'équipe, s’est laissé désirer quelques heures avant d'offrir ses services aux Rangers de New York, avec qui il brille depuis deux saisons.

Son compatriote Sergei Bobrovsky, lui, va rejoindre les Panthers en Floride, avec qui son étoile perdra beaucoup de son lustre.

Assis au banc de son équipe, il regarde l'action se dérouler sur la patinoire.

Le gardien russe s'est fait ravir son poste de gardien partant avec les Panthers la saison dernière.

Photo : usa today sports / Jasen Vinlove

Le Russe a été relégué à un rôle de deuxième gardien (et même troisième) depuis son arrivée avec les Panthers.

Et l'expérience de Matt Duchene avec les Predators n'est pas plus concluante. Il a même été offert gratuitement au repêchage d'expansion. La nouvelle formation de la ligue n'a pas voulu de lui ni de son contrat, encore valide pour cinq saisons, et doté d'une clause de non-mouvement à partir de 2023.

Faut-il rappeler que le Canadien était sérieusement intéressé par ses services?


2020

Le directeur général Marc Bergevin a dû attendre une année supplémentaire pour ajouter un peu de coffre à son attaque. Et cette patience s'est révélée bénéfique, puisqu'il a pu embaucher Tyler Toffoli à un coût modique à l'été 2020. Ce coup de circuit a toutefois été annoncé plusieurs jours après l'ouverture du marché des joueurs autonomes.

Pour trouver l'aubaine du jour 1, il faut se tourner vers Cam Talbot, qui a paraphé une entente de six saisons avec le Wild, quelques heures après l'ouverture du marché, le 9 octobre.

Il célèbre la victoire avec un coéquipier.

Cam Talbot a joué une seule saison à Calgary avant de se rendre au Minnesota.

Photo : Associated Press / Ross D. Franklin

Le portier a connu une saison remarquable au Minnesota, et il a même été l'une des principales raisons expliquant la présence de son équipe en séries éliminatoires. De plus, Bill Guerin a fait son acquisition à un prix raisonnable de 3,67 millions pour trois ans.

Guerin a misé sur le bon cheval, contrairement au directeur général des Canucks Jim Benning. Lors de la même journée, Vancouver a fait signer un pacte de 8,6 millions de dollars, répartis sur deux ans, à Braden Holtby.

Il est encore tôt pour juger, mais Holtby a connu une première année difficile loin de Washington. En comparaison, toutefois, Talbot semble être une véritable aubaine.

Le jeu de chaise musicale du côté des gardiens a aussi provoqué le départ de Jacob Markstrom de Vancouver vers Calgary. Celui-ci a répondu aux attentes à la première année de son contrat, qui s'échelonne jusqu'en 2026.

La suite des aventures et mésaventures des directeurs généraux s'écrira à compter de midi, mercredi.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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