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André Tourigny n’a pas eu besoin du Canadien pour faire sa place dans la LNH

Les deux hommes sourient et tiennent un chandail des Coyotes au nom de Tourigny.

André Tourigny en compagnie du directeur général Bill Armstrong

Photo : AP / Ross D. Franklin

La place réservée aux Québécois au sein du Canadien de Montréal est revenue dans l'actualité cette saison quand le Tricolore a disputé pour la première fois de sa longue histoire un match sans joueur du Québec, le 10 mai dernier. Mais l’organisation reste la principale rampe de lancement pour les entraîneurs francophones dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

Vendredi, les Coyotes de l’Arizona ont confirmé l’embauche d’André Tourigny à titre d’entraîneur-chef. L’ancien pilote des 67's d'Ottawa, des Huskies de Rouyn-Noranda et des Mooseheads d’Halifax retournera derrière un banc de la LNH cinq ans après avoir quitté ses fonctions d'adjoint avec les Sénateurs d’Ottawa.

Il portera à trois le nombre d'entraîneurs francophones dans la LNH l’année prochaine, avec Alain Vigneault (Flyers) et Dominique Ducharme (Canadien). Claude Julien pourrait s'ajouter au groupe s’il reçoit l’appel d’un directeur général cet été.

Tourigny est cependant l’intrus du groupe. Vigneault, Ducharme et Julien ont tous obtenu leur première chance grâce au Tricolore. Le natif de Nicolet fera quant à lui ses débuts en Arizona, loin de l’effervescence médiatique montréalaise.

Il devient le premier instructeur francophone depuis Patrick Roy, en 2013, à obtenir un poste sans passer par le CH ou ses filiales.

Un exploit qui n’est pas passé inaperçu auprès du principal intéressé. Fierté. C’est le premier mot qui me vient en tête en ce moment, a déclaré Tourigny, quand on lui en a fait la remarque vendredi, au moment de sa conférence de presse d’embauche. Je mentirais de dire que ça ne m’a pas passé par la tête. Être reconnu par une organisation comme les Coyotes, c’est incroyable. Ça me touche.

Je sais d’où je viens. Je sais par où je suis passé. De dire aujourd’hui que ma première job dans la Ligue nationale, c’est une équipe de l’Arizona qui me l'offre, c’est incroyable.

Une citation de :André Tourigny, entraîneur-chef des Coyotes

Les entraîneurs francophones font face à des obstacles supplémentaires pour faire leur chemin jusque dans la meilleure ligue de hockey du monde. La barrière de langue est un premier défi, a reconnu Tourigny.

Il y a une vingtaine d’années, il ne pouvait même pas rêver à devenir entraîneur professionnel. À mes débuts dans le bantam, ça aurait été difficile de m’imaginer un jour dans la LNH, a admis l’homme de 47 ans. Dans ce temps-là, je ne parlais pas anglais. Vers 2006, quand j’avais en tête de devenir professionnel, j’ai décidé d’apprendre l’anglais.

Montréal comme tremplin

Plusieurs entraîneurs québécois ou franco-ontariens qui ont connu du succès plus tard dans leur carrière, comme Claude Julien ou Guy Boucher, ont d’abord fait leurs preuves à Montréal.

Quand Julien a remporté la Coupe Stanley, en 2011 avec les Bruins, il a d’abord dû vaincre le Lightning en finale d’association, alors que l’équipe était dirigée par Guy Boucher, un autre ancien de l’organisation du Canadien.

Boucher, qui a également mené les Sénateurs jusqu’au troisième tour des séries éliminatoires en 2017, a obtenu son premier contrat professionnel avec les Bulldogs de Hamilton, alors club-école du CH.

Alain Vigneault, 8e entraîneur pour le nombre de victoires dans l’histoire du circuit, et Michel Therrien ont aussi été recrutés par le Tricolore, avant de poursuivre leur carrière ailleurs.

Jim Montgomery, né à Montréal, a été embauché par les Stars en 2019. Sa langue maternelle est toutefois l’anglais, même s’il se débrouille très bien en français. Alain Nasreddine a pris les commandes des Devils de façon intérimaire pour terminer la saison 2019-2020, après le congédiement de John Hynes, mais il est de retour dans un rôle d'adjoint.

Avant Tourigny, le dernier francophone à avoir obtenu un poste d'entraîneur-chef dans la LNH sans commencer à Montréal est ironiquement une ancienne gloire du Bleu-blanc-rouge, Patrick Roy.

Les deux hommes donnent vivement leurs indications aux joueurs lors d'un temps d'arrêt.

André Tourigny a côtoyé Patrick Roy pendant deux saisons derrière le banc de l'Avalanche avant de démissionner en mai 2015.

Photo : Getty Images / Doug Pensinger

C’est ce même Roy qui avait offert à Tourigny sa première chance dans la LNH. À son arrivée avec l’Avalanche du Colorado, l’ancien no 33 s’est tourné vers la cour dont il était lui-même issu, la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), pour pourvoir les autres postes derrière le banc.

À l’époque, il avait évoqué l’éthique de Tourigny, ainsi que son enthousiasme débordant pour le hockey. On forme vraiment une belle équipe, avait dit Roy en octobre 2013 au Journal de Montréal. La raison pour laquelle nous les [Tourigny et Adam Foote] avons choisis, c’est qu’ils sont passionnés. On passe beaucoup d’heures ici. Quand tu travailles, tu as du succès.

Au cours de la dernière année, André Tourigny a encore démontré qu’il n’avait pas peur des grandes charges de travail. Avant d’accepter l’offre des Coyotes, il s’était trouvé un emploi auprès de Hockey Canada, avec qui il était censé travailler dans quatre tournois en moins de 12 mois.

Celui qu’on surnomme Bear va maintenant se concentrer à relancer une organisation moribonde, qui n’a participé aux séries éliminatoires qu’une seule fois en huit saisons.

Si le directeur général Bill Armstrong s’est tourné vers lui pour relever ce défi, ça n’a pas été sans convoquer en entrevue d’autres candidats… dont un autre Québécois, Benoît Groulx.

Originaire de Hull, Groulx est pour l’instant l’homme de confiance de Julien BriseBois avec le Crunch de Syracuse, club-école du Lightning de Tampa Bay. Il a longtemps été l’adversaire de Tourigny dans la LHJMQ, mais cette fois-ci, ils étaient en compétition pour un poste dans la LNH.

Une situation un peu délicate, puisque les deux hommes se connaissent très bien. C’était bizarre un peu. Benoît est un coach extraordinaire, a souligné Tourigny. J’étais pas surpris [qu’il soit un candidat], mais c’était hors de mon contrôle.

Benoît, c’est mon ami. C’est un adversaire coriace, mais on a toujours été amis.

Une citation de :André Tourigny

Cette fois, la balance a penché en faveur de Tourigny.

Le grand gagnant de cette bataille est certainement le hockey québécois. Puisque pour une rare fois, deux candidats francophones ont été considérés pour occuper le même poste d'entraîneur-chef à 4000 kilomètres de Montréal.

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