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Pour Jessica Klimkait, les Championnats du monde n'étaient qu'une étape

Deux judokas s'affrontent en compétition.

Jessica Klimkait (à gauche)

Photo : Getty Images / AFP/ATTILA KISBENEDEK

Jessica Klimkait est fière de son titre aux mondiaux de judo, mais elle n'a pas encore atteint son but. La Canadienne a accepté d'en parler à Radio-Canada Sports avant de se plonger dans sa préparation olympique.

Jessica Klimkait est devenue championne du monde le 8 juin, à Budapest, grâce à un gain sur la Japonaise Momo Tamaoki en prolongation par waza-ari.

On parlait beaucoup d'une éventuelle finale toute canadienne entre la championne en titre de l'époque, Christa Deguchi, no 1 au monde, et Klimkait, no 2 à ce moment-là.

Elles ne pouvaient se rencontrer qu'en finale, et leur dernier affrontement, en finale du grand chelem d'Antalya en Turquie, avait été de très haut niveau.

Christa Deguchi et Jessica Klimkait marchent sur le tatami lors d'un combat.

Christa Deguchi (en bleu) et Jessica Klimkait

Photo : IJF

L'enjeu était le billet pour Tokyo, puisque le Canada n'a doit qu'à une athlète par catégorie. Celle qui aurait le meilleur résultat à Budapest partirait pour le Japon. En raison de la pandémie, Judo Canada avait laissé tomber l'idée d'organiser un duel entre les deux.

À Budapest, contre toute attente, Deguchi a été battue en demi-finale par Momo Tamoki. Le scénario envisagé ne s'est pas produit.

Depuis l'arrivée de Deguchi, invitée par Nicolas Gill en 2017 à représenter le Canada dans la catégorie des 57 kg, Klimkait a travaillé dans l'ombre malgré ses succès sur la scène internationale.

À Budapest, avec l'élimination de sa compatriote, elle avait la chance de sortir de l'ombre, et elle l'a saisie.

Ce jour-là, je voulais vraiment montrer mon meilleur judo. Et je savais que si j’arrivais à faire ça, tous les morceaux tomberaient en place, explique l'Ontarienne.

Bien sûr, je savais aussi que ma compatriote était dans l’autre moitié du tableau, et j’ai dû faire abstraction de ça. Je m’attendais à la retrouver en final. Et pour mes premiers combats, j’ai éliminé ça de mes pensées, je comptais y repenser avant la finale.

J’étais consciente de l’enjeu, il y avait beaucoup de caméras, c’était une journée importante pour le Canada et c’est pour ça que je n’ai pensé qu’à me battre du mieux possible, sans penser au reste.

Jessica Klimkait discute pendant une entrevue à Radio-Canada.

Jessica Klimkait en entrevue à Radio-Canada

Photo : Société Radio-Canada

Jessica Klimkait a remporté difficilement ses trois premiers combats, ce qui a laissé planer un doute.

J'ai fait des erreurs de base que je ne devrais pas faire. Je n’étais pas encore tout à fait en confiance, car je ne connaissais ni la Cubaine ni l’Allemande. Et donc, c’était clair que, pour ma demi-finale, je devais faire beaucoup mieux, se souvient-elle. Il n’y avait plus de place à l’erreur.

Pas le scénario prévu

Dans les quatre à cinq semaines avant les mondiaux, la finale que je prévoyais, c’était contre Christa, dit-elle. Je me disais que j’étais capable de la battre, que c’était le scénario prévu. Mais son combat de demi-finale ne s’est pas terminé de la façon prévue et j’ai dû m’ajuster un peu pour affronter Momo [Tamaoki] en finale.

Je ne peux pas dire que j’étais soulagée de ne pas l'affronter, car si j’avais ressenti ça, je n’aurais pas été dans le bon état d’esprit. Disons que j’étais complètement préparée à me battre contre elle.

C’était dans le but de l’affronter que je me préparais depuis deux ans.

Une citation de :Jessica Klimkait

Tellement de choses m’ont traversé l’esprit quand elle [Christa] a perdu ce combat que j’ai dû me concentrer à faire ce que j’avais à faire, comme si c’était un jour normal de compétition, et m’assurer que tout tombe en place en finale, révèle-t-elle.

Klimkait pouvait sortir de l'ombre de sa compatriote. Encore fallait-il qu'elle batte une adversaire qu'elle connaissait bien.

Dans les trois dernières années, je n’ai pas cru qu’elle [Christa] pouvait perdre et que je puisse être celle qui irait aux JO. Donc, pour me convaincre que ça pouvait arriver, je savais que je devais battre Momo.

Je la connais très bien. On s’est rencontrées souvent en compétition et dans des camps d’entraînement. Je connais son style, sa personnalité, et il était clair que je devais dès le départ m’imposer. Et c’est ce que j’ai fait.

L'arbitre soulève son bras droit à 90 degrés pour confirmer le waza-ari et la victoire.

Le sourire de Jessica Klimkait le 8 juin 2021 à Budapest

Photo : Getty Images / ATTILA KISBENEDEK

La victoire s'est jouée en prolongation (golden score), et par waza-ari.

Ça n’a pas été évident de digérer cette victoire, en raison du double enjeu qui s’y rattachait. Mon esprit passait des JO à venir au titre que je venais de gagner, se souvient-elle. Ça a dû prendre une grosse semaine avant que je puisse prendre un peu de recul par rapport à ce titre et au long chemin parcouru dans les trois dernières années.

Jessica Klimkait ne s'est pas laissée emporter par ses émotions ni par des réjouissances à son retour au pays, qui auraient pu la distraire.

Je devais m’assurer de clore ce chapitre et continuer à avancer, car il y a quelque chose de très gros qui m’attend et qui est la raison de tous mes efforts dans les dernières années, depuis mes débuts en judo, en fait.

Trouver le bon état d'esprit à Tokyo

Jessica Klimkait n'a pas l'impression d'avoir atteint son but à Budapest.

Ces Championnats du monde n’étaient pas ordinaires, étant si près des Jeux olympiques. Oui, c’était des mondiaux, mais c’était surtout pour moi une étape à franchir pour atteindre mon prochain but, précise-t-elle. Ça m'a aidé à retomber sur terre. Je suis juste contente de ce qui s’est passé. Je dois poursuivre dans le même état d’esprit qui m’habitait avant les mondiaux pour être encore meilleure aux Jeux.

Elle met du ruban sur ses doigts.

Jessica Klimkait se prépare pour une séance d'entraînement.

Photo : Société Radio-Canada

L’aventure n’est pas terminée, je n’ai pas terminé ma mission. Ma famille a partagé de loin ma victoire, bien sûr, car elle a été là tout au long du parcours, mais on comprend tous que c’est mieux de reporter les célébrations.

Jessica Klimkait foulera les tatamis du célèbre Budokan de Tokyo (construit pour les Jeux de 1964) avec le dossard rouge de championne du monde.

D'ici à son départ pour le Japon le 18 juillet, l'Ontarienne se met en pilotage automatique pour éviter les imprévus.

La quarantaine m’a permis de répondre à toutes les demandes d’entrevues. Et maintenant que je suis de retour à l’entraînement, ça s’est calmé. Cette semaine, je coupe tout contact médiatique pour me concentrer à 100 % sur les Jeux.

De façon réaliste, je ne peux pas changer grand-chose. Je dois économiser mon énergie, faire le nécessaire au dojo et au gym, travailler avec entraîneur, pour qu’une fois là-bas, je sois reposée, dans le bon état d’esprit et prête à connaître une bonne journée.

Et le bon état d'esprit à Tokyo, ce sera pour la nouvelle championne du monde de se dire que tout est à refaire.

Ce titre de championne du monde, c'est une dose de motivation. Mais aux Jeux, je vais devoir mériter ma place, affirme-t-elle.

Une fois là-bas, ce que j’aurais fait un mois plus tôt ne comptera plus.

Une citation de :Jessica Klimkait, championne du monde de judo

Je veux aller aux Jeux olympiques en pensant que je peux battre n’importe qui, que je sois championne du monde ou dernière au classement.

Jessica Klimkait fait un petit sourire complice en regardant loin.

Jessica Klimkait va suivre le Canadien en finale de la Coupe Stanley.

Photo : Société Radio-Canada

La bulle dans laquelle elle s'enferme d'ici aux Jeux ne sera pas complètement hermétique.

Je vais quand même essayer de suivre la finale de la Coupe Stanley, avoue-t-elle avec un petit sourire complice. Je ne célébrerai pas trop si le Canadien gagne des matchs, mais je vais le suivre, et j’espère qu’il va gagner.

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