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Rêver du podium olympique et d'Équipe Canada

Hamoon Derafshipour, Iranien établi en Ontario, fera partie de la première cohorte de karatékas à combattre aux JO.

Le karaté Hamoon Derafshipour fera partie de l'équipe olympique des réfugiés aux Jeux de Tokyo.

Le karaté Hamoon Derafshipour fera partie de l'équipe olympique des réfugiés aux Jeux de Tokyo.

Photo : CIO / Stephen Caillet / Panoramic

Radio-Canada

Établi à Waterloo en Ontario depuis moins de deux ans, Hamoon Derafshipour fera partie de la première cohorte de karatékas à combattre aux Jeux olympiques, cet été, à Tokyo. L’athlète d’origine iranienne apprécie sa chance, même s’il ne pourra pas combattre sous les couleurs d’Équipe Canada.

Le Comité olympique canadien a néanmoins soutenu le karatéka de 28 ans, qui est en attente de sa résidence permanente, dans ses démarches pour rejoindre l’équipe olympique des réfugiés. Le Comité olympique international l’a finalement sélectionné.

Les Olympiques, c’est la plus grande compétition pour tous les athlètes, surtout au karaté puisque nous n’y sommes jamais allés. Nous sommes très heureux de faire partie du premier groupe, a raconté Derafshipour, médaillé de bronze aux championnats du monde de 2018 chez les 67 kg.

Il a commencé à pratiquer le karaté à l’âge de 7 ans en Iran, comme beaucoup d’autres jeunes.

Dans mon pays natal, le karaté est un des sports les plus populaires. Aux derniers mondiaux, l’Iran a terminé premier. Nous avons beaucoup de karatékas talentueux et c’est pourquoi mes parents ont accepté que je commence ce sport.

Entraîné par sa femme

Même si l’engouement pour le karaté y est grand, l’Iran ne permettait plus à Derafshipour de se développer comme il le voulait en tant qu’athlète. En effet, la loi islamique ne l’autorisait pas â être entraîné par sa femme, Samira Malekipour, comme il le souhaitait. La conjointe de Derafshipour est elle-même une ancienne karatéka de haut niveau et elle était entraîneuse pour l’équipe nationale féminine iranienne.

En Iran, les hommes et les femmes ont des entraîneurs différents. C’est une règle et nous la respectons, a affirmé Derafshipour.

C'était impossible dans mon pays, mais en étant sélectionné pour représenter le drapeau du CIO, maintenant on peut. Nous sommes heureux. Je crois que ma femme peut me comprendre mieux que n’importe quel entraîneur. On travaille ensemble depuis 4-5 ans, nous avions un dojo en Iran… Elle sera avec moi aux Olympiques.

Derafshipour fréquente maintenant deux dojos en Ontario, dont le Driftwood Martial Arts, près de Kitchener, où il est entraîneur. Comme tous les athlètes, la pandémie a compliqué les choses pour lui au cours de la dernière année et demie. Il avait toutefois l’avantage de pouvoir compter sur sa femme.

Pendant mon entraînement au Canada, à cause de la pandémie, Samira avait deux emplois : être mon entraîneuse et ma partenaire d’entraînement. Je me suis entraîné avec elle toute l’année. Ça a été un peu dur pour elle… Mais nous avons le même but, a dit le karatéka, qui termine actuellement sa préparation à Istanbul avant de s’envoler pour les JO.

De grands objectifs

Malgré toutes les circonstances entourant sa participation olympique, Derafshipour n’ira pas au Japon en touriste.

On ne s’en va pas à Tokyo simplement pour compétitionner, mais pour remporter une médaille, a lancé l’ancien membre du top 10 mondial. Au karaté, on est juste 82 à aller aux Jeux. Dans ma catégorie, on est seulement 11. Ce sont juste les meilleurs qui y vont et je suis tellement heureux d’être parmi eux. Mais je pense juste à obtenir mes résultats aux JO. C’est important pour nous.

Même s’il aura certainement un petit pincement au cœur lorsqu’il verra défiler la délégation canadienne, pour lui, ce ne sera que partie remise.

Maintenant, le Canada, c’est notre maison. On y travaille, on y vit, c’est notre pays. Ça me rend un peu triste de ne pas représenter mon pays aux Jeux, mais je ne veux pas y penser. Car si j’y pense, ça va peut-être m’éloigner de mon objectif. On espère pouvoir devenir citoyens après les Jeux. Mon but est de participer aux Jeux panaméricains en 2023 avec le Canada.

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