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Atteint de diabète de type 1, il veut traverser le Canada à vélo en 14 jours

Un cycliste, devant son vélo

Sébastien Sasseville

Photo : Gracieuseté de Sébastien Sasseville

Christine Roger

Diabète de type 1. Lorsque le diagnostic est tombé, à l'âge de 22 ans, la vie de Sébastien Sasseville a basculé. Le choc a d'abord été immense, mais il a rapidement choisi d'avancer. Vingt ans plus tard, il tente de traverser le Canada à vélo en 14 jours pour la cause.

À l’époque, j’étais étudiant à l’université. Il y a la vie avant et la vie après. C’est très difficile, mais j’ai pris la décision que je voulais faire quelque chose de bien avec ça. Je ne voulais pas arrêter d’être, de vivre, de faire des choses, explique l'athlète en direct de Vancouver, où il commencera son périple lundi.

Sébastien Sasseville n'en est pas à sa première épreuve d'endurance. C'est au milieu de la vingtaine qu'il a commencé à faire de l'alpinisme, jusqu'à compléter l'ascension du mont Everest. Puis, il a accumulé les triathlons et les épreuves Ironman.

J’ai fait la course dans le désert du Sahara, qui est une course de 250 km en autonomie complète. C’est cette course qui m’avait donné la confiance pour faire la grande traversée du Canada à la course. En 2014, j'ai fait la distance entre Saint-Jean de Terre-Neuve et Vancouver, 7500 km, soit l’équivalent de 180 marathons en neuf mois, raconte l'homme de 41 ans.

C'est l'hiver dernier, en pleine pandémie, alors que les marathons et triathlons étaient majoritairement annulés, que l'idée de l'actuel défi a commencé à germer dans son esprit. C'est à l'endroit où il avait terminé son périple en 2014, à Vancouver, qu'il commencera à pédaler pour se rendre jusqu'à Halifax, deux semaines plus tard.

C’est un défi immense, reconnaît-il. C’est gigantesque, alors il y a une importante préparation dans la dernière année. Il y a un défi logistique, alors j’ai une équipe avec moi qui suit, qui s’assure qu’à tous les 50 kilomètres, il y a un ravitaillement. On est entre 16 et 22 heures par jour sur vélo, alors il y a de la fatigue physique, cognitive qui s’ajoute à tout ça.

Il ne faut pas négliger la nutrition non plus. En endurance, c’est ce que tu fais maintenant qui dicte comment tu vas te sentir dans 4, 5, 6 heures. C’est beaucoup plus que simplement pédaler, ajoute-t-il.

Au-delà de la performance athlétique, s'assurer que sa glycémie soit contrôlée pendant un effort aussi intense sera un défi particulièrement important.

C’est un équilibre extrêmement fragile. Comme athlète, j’ai le souvenir que, pendant plusieurs années, je n'avais pas accès à des technologies et c’était beaucoup plus complexe, beaucoup plus difficile, beaucoup plus dangereux. Ça reste un défi de gestion immense.

Ces technologies dont il parle, c'est notamment la pompe à insuline t:slim X2, dotée de la technologie Control-IQ, qui lui permet de maintenir son taux de glucose à un niveau raisonnable. À travers son périple, il appuie la campagne #AccèsPourTous de la Fondation pour la recherche sur le diabète juvénile (FRDJ). En s'associant à Dexcom et à Tandem Diabete, il espère sensibiliser les gens à l'importance de rendre accessibles ces technologies de prise en charge du diabète.

Les gouvernements provinciaux du Québec, de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique ont récemment annoncé qu’ils offriront une couverture publique à ce chapitre, comme c'est déjà le cas au Yukon.

Je me souviens que, quand j'ai été diagnostiqué, je rêvais à des technologies comme celle-là. À l’époque, il y a 20 ans, c’était de la science-fiction. Le diabète de type 1, ce n’est pas une condition qu’on choisit, ça n’a rien à voir avec par exemple un type 2 qui peut être évité ou retardé avec de meilleures habitudes de vie. Le type 1, c’est une mauvaise carte qu’on pige, souligne-t-il.

Ce sont des technologies qui peuvent alléger grandement le poids de la gestion du diabète et nous permettre d’atteindre un meilleur contrôle avec beaucoup moins d’efforts.

Pour atteindre Halifax en plus ou moins 14 jours, Sébastien Sasseville devra parcourir entre 400 et 500 kilomètres quotidiennement, un projet gigantesque. Mais tant qu'il gardera en tête la cause pour laquelle il pédale, il a bon espoir d'atteindre son objectif.

Même si tout ce que je fais, je le fais par plaisir, je le fais pour moi, je le fais parce que ça me rend heureux, la cause s’est rapidement greffée à tout ça. C’est vraiment plaisant de voir que des jeunes peuvent être inspirés par tout ça. L’important, ce n’est pas ce qu’on fait, c’est pourquoi on le fait, conclut-il.

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