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Les JO ou l’allaitement? Un choix déchirant pour une basketteuse canadienne

Elle est penchée vers l'avant avec ses mains sur ses genoux.

La basketteuse Kim Gaucher aux Jeux de Rio, en 2016

Photo : Associated Press / Jessica Hill

CBC

À moins d’un mois des Jeux olympiques, Kim Gaucher pourrait devoir prendre une décision déterminante pour son avenir.

Membre de l’équipe féminine canadienne de basketball, la Britanno-Colombienne a donné naissance, le 19 mars, à la petite Sophie, qu’elle allaite toujours. Comme les familles d’athlètes ne pourront être présentes à Tokyo en raison de la pandémie, Gaucher se retrouve dans une situation bien compliquée.

Elle a exprimé sa frustration dans une vidéo diffusée mercredi soir sur Instagram.

Présentement, on me force à choisir entre être une maman qui allaite ou une athlète olympique. Je ne peux pas avoir les deux, a lancé la joueuse de 37 ans. Tokyo a dit : pas d’amis, pas de famille et pas d’exception.

Exception improbable

Le Comité international olympique a indiqué jeudi, à CBC News, qu’il est hautement improbable que des personnes non accréditées provenant de l’étranger soient admises aux JO.

Les comités olympiques nationaux sont responsables de la composition de leurs délégations aux Jeux et le CIO est conscient que certains d’entre eux doivent composer avec des demandes d’athlètes pour amener leurs enfants.

Gaucher a d’abord cru qu’il lui serait possible d’emmener sa fille Sophie et son mari Ben Gaucher à Kariya, la ville japonaise où sera hébergée l’équipe canadienne avant le début des Jeux. La situation a toutefois changé récemment.

J’ai appris qu’il n’y aurait pas de partisans admis, a expliqué Gaucher, qui a alors supposé qu’une exception serait faite pour une mère qui allaite. Si ce n’était pas le cas, j’assumais qu’on rendrait les choses plus faciles pour envoyer du lait à la maison et des choses comme ça.

Sur les réseaux sociaux, Gaucher a dit qu’elle avait tenté toutes les options traditionnelles pour obtenir la permission d’amener Sophie à Tokyo. Elle raconte que le Comité olympique canadien sympathise avec elle sans toutefois pouvoir faire une exception.

Tout le monde est d’accord, mais personne ne peut faire quoi que ce soit.

Une citation de :Kim Gaucher

Sa sortie dans les médias a toutefois convaincu le COC et Canada Basketball de faire appel au Comité organisateur des Jeux de Tokyo, jeudi, pour que Gaucher soit accompagnée de sa fille et de son mari aux JO pendant qu’elle compétitionne.

Le Tribunal arbitral du sport

Erin Durant, une avocate basée en Ontario qui est engagée dans le dossier de Gaucher, indique qu’une prochaine étape possible, après avoir contacté le CIO et le COC directement, est de considérer un recours devant le Tribunal arbitral du sport.

Si elle dit avoir épuisé toutes ses options, faire une sortie publique et aller dans les médias est un peu sa dernière tentative de forcer les gens à changer d’idée, a mentionné Me Durant.

Les organisateurs des Jeux de Tokyo ont récemment annoncé une limite de 50 % dans la capacité d’accueil, ce qui signifie qu’un maximum de 10 000 personnes, résidant au Japon, pourront être admises sur le site. Les familles et amis ne pourront s’y rendre.

Comme on le voit dans d’autres sphères de la société, parfois les règlements uniformes ont un impact très différent sur les gens et peuvent causer de la discrimination, a soutenu Erin Durant.

Pour leur part, les médias internationaux et les commanditaires seront admis au Japon pendant les Jeux.

Je commence à être un peu frustrée, car je ne vois pas pourquoi ma demande de pouvoir emmener ma fille pour l’allaiter est traitée différemment de celles des médias et des commanditaires.

Une citation de :Kim Gaucher

La basketteuse a représenté le Canada aux Jeux de 2012 et de 2016. Elle s’est retirée après l’élimination des Canadiennes en quarts de finale à Rio, mais a choisi de revenir en 2018 pour participer une dernière fois aux Olympiques.

Kim Gaucher en compagnie de l'entraîneuse-chef de l'équipe de basketball canadienne, Lisa Thomaidis, aux Jeux de Rio en 2016.

Kim Gaucher en compagnie de l'entraîneuse-chef de l'équipe de basketball canadienne, Lisa Thomaidis, aux Jeux de Rio en 2016.

Photo : afp via getty images / MARK RALSTON

Après avoir fait l’impasse sur l’AmeriCup, un tournoi de la FIBA présenté récemment à Porto Rico, Gaucher doit maintenant se préparer à passer 28 jours loin de la maison pour participer aux JO.

Je n’ai pas assez de lait en moi pour m'entraîner à un haut niveau en tant qu’athlète, me remettre en forme, la nourrir et stocker du lait pour 28 jours, a lancé Gaucher.

Pour une normalisation

Gaucher a aussi étudié la possibilité d’expédier son lait à la maison pendant les JO. Même si cette option est compliquée, elle continue de l’explorer.

Avant elle, la boxeuse canadienne Mandy Bujold n’a pu obtenir une place aux Jeux de Tokyo puisque les qualifications olympiques, qui ont été déplacées en raison de la pandémie, se sont déroulées pendant sa grossesse et peu après son accouchement.

Sa cause est maintenant étudiée par le Tribunal arbitral du sport, qui rendra une décision dans les prochains jours.

La boxeuse Mandy Bujold en plein combat

La boxeuse canadienne Mandy Bujold, 33 ans, espère participer aux Jeux de Tokyo, où elle vise un podium, et en faire la dernière compétition de sa carrière.

Photo : Getty Images / Christian Petersen

Gaucher a aussi entendu parler de joueuses de l’équipe américaine de basketball qui tentent d’obtenir la permission d’amener leurs jeunes enfants à Tokyo.

Avoir plusieurs histoires similaires aide à convaincre les gens de changer d’idée à propos d’un règlement ou à défendre une cause, a dit Me Durant.

Gaucher demande aux partisans d’aider. On est en 2021. Voyons si nous pouvons normaliser la situation des mères qui travaillent, a-t-elle conclu.

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