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Dopage : le nageur chinois Sun Yang privé des Jeux de Tokyo

Gros plan d'un nageur qui porte sa médaille à sa bouche.

Le nageur chinois Sun Yang après sa victoire au 1500 m libre aux Jeux asiatiques en août 2018

Photo : The Associated Press / Lee Jin-man

Agence France-Presse

Sun Yang manquera les Jeux olympiques de Tokyo. Il a été suspendu mardi quatre ans et trois mois par le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour avoir détruit à coups de marteau une fiole de son sang lors d'un contrôle antidopage inopiné.

Entamée le 28 février 2020, cette suspension s'achèvera donc en juin 2024, soit avant l'ouverture des Jeux de Paris. Le nageur chinois, triple champion olympique à Londres et à Rio, aura toutefois 32 ans.

En février 2020, le TAS avait déjà infligé huit ans de suspension pour ce geste, soit la peine maximale.

Toutefois, à la stupéfaction générale, le Tribunal fédéral suisse avait annulé cette décision en décembre, sanctionnant la partialité du président du panel d'arbitres et ancien chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini.

Dénonçant la cruauté infligée à des animaux en Chine, alors que l'affaire Sun Yang était en cours d'instruction, le magistrat s'était en effet livré à une série de gazouillis extrêmement violents et racistes, avait révélé le Tribunal.

Après une nouvelle audience en mai, l'instance d'arbitrage a confirmé mardi la suspension, bien qu'en infligeant une durée moins longue, soit quatre ans, mais auxquels s'ajoutent trois mois d'une violation précédente du règlement antidopage.

Un nouvel appel devant la justice suisse ne sera pas suspensif. La route des Jeux de Tokyo est donc bouchée.

En 2014 et dans le plus grand secret, Sun Yang avait été déclaré positif à un stimulant (trimétazidine), rendu public bien après que la sanction eut été purgée.

Adulé dans son pays et égérie des grandes marques, Sun Yang compte à son palmarès trois médailles d'or olympiques, à Londres en 2012 (400 m et 1500 m nage libre), puis à Rio en 2016 (200 m). Il compte 11 titres de champion du monde.

La Fédération chinoise de natation avait expliqué que les nageurs titrés aux mondiaux de 2019 à Gwangju seraient qualifiés d'office pour les Jeux de Tokyo (23 juillet-8 août). Or, Sun Yang, qui avait alors remporté deux titres mondiaux au 200 m et au 400 m en nage libre, répondait à ces critères, même si rien ne filtrait en Chine concernant son niveau physique et l'état de sa préparation.

Fils unique d'une famille de sportifs, le nageur s'était révélé au grand public aux mondiaux de 2011 à Shanghai. À 19 ans, il avait pulvérisé le record du monde du 1500 m libre, qu'il a amélioré depuis et détient toujours, et avait aussi remporté le 800 m.

En 2016, deux ans après son contrôle positif, il s'était heurté lors des JO de Rio à l'hostilité de ses rivaux qui couvait depuis longtemps. L'Australien Mack Horton l'avait d'abord qualifié de dopé, avant de lui ravir l'or du 400 m libre.

D'ordinaire inébranlable, le nageur chinois s'était effondré en larmes et avait riposté en gagnant le 200 m. Sun Yang, il pisse violet, avait dans l'intervalle persiflé le Français Camille Lacourt, dégoûté de voir des gens qui ont triché sur les podiums.

Contrôlé à son domicile en septembre 2018, Sun Yang avait détruit au marteau un échantillon de sang, arguant pour sa défense que les contrôleurs n'avaient pas produit les documents prouvant leur identité.

La Fédération internationale de natation (FINA) avait pourtant blanchi le nageur en raison d'un vice de forme – avant d'être désavouée par le TAS –, lui permettant de se présenter aux mondiaux de 2019, à la consternation de certains adversaires.

Je ne veux pas voir ce gars concourir aux mondiaux ou aux Jeux olympiques contre mes partenaires qui travaillent très dur pour être là, avait ainsi lancé sur Twitter le Britannique Adam Peaty, champion olympique du 100 m brasse.

Médaillés à ses côtés, respectivement au 400 m et au 200 m, l'Australien Mack Horton avait refusé de monter sur le podium, tandis que le Britannique Duncan Scott avait refusé de lui serrer la main.

Tu es un perdant, je suis un gagnant!, avait riposté Sun, exaspéré, serrant le poing en direction de Scott.

Un nageur est perplexe face au refus d'un adversaire de lui serrer la main.

Le Britannique de Duncan Scott (à gauche) refuse de serrer la main de Sun Yang.

Photo : Associated Press / Mark Schiefelbein

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