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Chronique

Lance Stroll en France, une leçon de pilotage loin des caméras

Lance Stroll roule sur le circuit Paul-Ricard au Castellet.

Lance Stroll sur le circuit Paul-Ricard au Castellet

Photo : Getty Images / Clive Rose

On n'attendait pas grande chose du Grand Prix de France, car le circuit Paul-Ricard, de par son dessin, ne favorise pas les dépassements et donc le spectacle. Mais les pilotes nous ont prouvé le contraire dimanche.

Rarement avons-nous assisté à une course aussi passionnante sur ce circuit depuis son ouverture en 1970.

Le duel entre Max Verstappen et Lewis Hamilton a monopolisé l’attention des télévisions, à juste titre.

Max Verstappen roule juste devant Lewis Hamilton dans un virage.

Max Verstappen devant Lewis Hamilton

Photo : Getty Images / CHRISTOPHE SIMON

L’erreur du Néerlandais au premier virage a donné du relief à un grand prix qui aurait pu être processionnel, car il est théoriquement difficile de doubler sur le circuit provençal, très rapide, où la vitesse moyenne au tour se rapproche des 220 km/h (218 km/h pour Max Verstappen). Un peu le même genre de circuit qu’à Montmelo, en Espagne.

Comme la Red Bull était plus rapide en ligne droite que la Mercedes-Benz, ce que Lewis Hamilton a reconnu, Verstappen aurait pu s’échapper, seul en tête, et tuer le spectacle.

Toutefois, il y a la glorieuse incertitude du sport. Mercedes-Benz a bien tenté de déjouer les plans de Red Bull en gardant Hamilton en piste, après le deuxième arrêt aux puits de Verstappen, sachant que le Britannique maîtrise généralement l’art de conserver ses pneus.

L'artiste n'a cette fois pas résisté. Le Néerlandais a rattrapé et a doublé le champion du monde, en délicatesse avec ses pneus, dans l’avant-dernier tour pour l’emporter et augmenter son avance au classement des pilotes à 12 points.

Quelqu’un a-t-il encore des doutes sur le fait que cette saison sera passionnante à suivre?

La performance de Lance Stroll

La glorieuse incertitude n’est pas toujours visible, surtout en course automobile, quand elle se manifeste au cœur du peloton loin des caméras de télévision.

Lance Stroll partait de la dernière rangée de la grille de départ, après être passé à côté de sa séance de qualification. Un exercice qu’il maîtrise encore mal (malgré son tour d’anthologie en Turquie en 2020, comme quoi…).

Vue de haut de Lance Stroll dans son cockpit, avec sur son casque son no 18 et la feuille d'érable

Lance Stroll dans l'Aston Martin AMR21

Photo : @AstonMartinF1

Le Québécois a lui aussi offert une remarquable leçon de pilotage, en remontant le peloton de la 19e à la 10e place en 53 tours.

Il a su préserver ses pneus, alors que nombreux ont été les pilotes qui ont souffert d’une dégradation précoce en raison du phénomène de grainage sur les pneus avant.

Stroll n’a fait qu’un seul arrêt tardif, après un très long premier relais de 34 tours (seul son coéquipier Sebastian Vettel en a fait plus, 37), ce qui lui a permis d’entrer dans les points à la première fenêtre d’arrêts aux puits.

Après un excellent départ qui lui a permis de gagner quatre places dans le premier tour (15e au 2e tour après avoir dépassé notamment son compatriote Nicholas Latifi dans la Williams), il a pu remonter jusqu’à la 6e place avant de s’arrêter lui-même, ce qui l’a fait reculer à la 13e place.

Patiemment, il a continué son travail méthodique dans les 19 tours suivants à bord d’une monoplace très bien équilibrée. Les ingénieurs d’Aston Martin ont clairement su trouver les bons réglages pour donner aux deux pilotes les moyens d’être compétitifs.

Stroll a dépassé tour à tour la Williams de George Russell, l’AlphaTauri de Yuki Tsunoda et la Ferrari de Carlos Sainz fils au 48e tour pour entrer dans les points, au 10e rang.

Ce point vaut de l’or pour Lance Stroll et pour Aston Martin (Vettel en a marqué deux en finissant 9e).

Le Québécois a très bien fait de rappeler après la course qu’il avait effectué tous ses dépassements sur la piste et non dans les puits.

C’est encore la meilleure façon de montrer que le métier rentre.

D’ailleurs, les sites spécialisés lui donnent d’excellentes notes pour sa course, malgré son faux pas en qualification.

En effet, s’il n’avait pas mis quatre roues hors-piste à son premier tour chronométré en Q1, la direction de course ne lui aurait pas effacé son temps, et il serait passé en Q2 malgré l'accident de Mick Schumacher à la fin de Q1.

Lance Stroll aurait alors pu obtenir une bien meilleure place sur la grille.

La crédibilité d'Aston Martin

De plus, Aston Martin a fait coup double en Provence avec ses deux voitures dans le top 10 après la controverse de Bakou, en Azerbaïdjan.

Non seulement l'équipe canado-britannique se rapproche à 5 points d’AlphaTauri et du 5e rang du classement des constructeurs, mais elle répond aux conclusions de Pirelli au sujet de l’accident de Stroll en Azerbaïdjan.

À la suite des curieux accidents à haute vitesse de Lance Stroll et de Max Verstappen (dans les deux cas, une perte de contrôle à la suite d'une crevaison) dans la ligne droite du circuit urbain, le pneumaticien Pirelli a fait enquête.

Après avoir initialement expliqué que des débris avaient pu causer les crevaisons, il a conclu que les équipes Aston Martin et Red Bull n’avaient pas respecté les directives concernant le minimum de pression exigée dans les pneus ni la température maximale dans les couvertures chauffantes utilisées dans les puits.

Il bondit hors de sa voiture.

Lance Stroll s'est sorti indemne d'un accident au Grand Prix d'Azerbaïdjan.

Photo : Reuters / ANTON VAGANOV

Les pneus étaient apparemment sous-gonflés pour donner plus d’adhérence et n’ont pas résisté. Aston Martin avait tout de suite répliqué, arguant qu’elle avait respecté les directives du pneumaticien italien. Idem pour Red Bull.

Pour le Grand Prix de France, Pirelli a décidé de relever le minimum de la pression exigée dans les pneus.

Avec les 34 tours de Stroll et les 37 de Vettel dans leur premier relais, les ingénieurs d’Aston Martin ont montré à Pirelli qu’ils n’avaient pas besoin de jouer avec la pression des pneus pour aller chercher de la performance.

Avec ou malgré (c'est selon) les nouvelles exigences de pression, Stroll et Vettel ont su parfaitement préserver leurs pneus pour en tirer toute l’efficacité, gagner des places en course et marquer des points.

Après un début de saison difficile, Aston Martin semble avoir effacé une partie de son retard. Elle a marqué 35 points dans les trois dernières courses contre 4 dans les quatre premières. Et avec de nouvelles pièces à venir pour le programme double en Autriche, elle pourrait encore marquer pas mal de points.

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