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Chronique

La mort, les impôts, Fleury et les dieux du hockey

Carey Price sur la patinoire avec en arrière-plan les joueurs des Golden Knights qui célèbrent leur victoire.

Le Québécois Nicolas Roy a inscrit le but vainqueur en prolongation, son 4e des séries.

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Pour la toute première fois de son histoire, le Canadien disputera un match éliminatoire, à Montréal de surcroît, le soir de la Saint-Jean-Baptiste. Il ne reste plus qu’à savoir si l’équipe luttera pour sa survie le soir de la Fête nationale, ou si elle aura la possibilité de se tailler une place en finale de la Coupe Stanley. Voilà deux scénarios de party totalement différents.

Dans le monde du sport, la confiance est une notion extrêmement volatile. Marc-André Fleury l’a à nouveau constaté avant le quatrième match de la série Vegas-Montréal. Son entraîneur Peter DeBoer lui a carrément retiré sa confiance, préférant plutôt miser sur Robin Lehner.

Sur Twitter, un partisan a réagi en écrivant qu’il y a trois certitudes dans la vie : la mort, les impôts et Marc-André Fleury qui perd la confiance de son entraîneur durant les séries éliminatoires.

C’était peut-être un brin exagéré. Mais depuis 2013, malgré son statut de gardien numéro un, c’est quand même la cinquième fois que Fleury est placé sur la ligne de touche et que son organisation préfère miser sur son adjoint. On parle ici, rappelons-le, du gardien ayant remporté le quatrième total de victoires de l’histoire des séries éliminatoires de la LNH. Ce n’est pas rien.


Les Penguins lui ont fait le coup trois fois : en 2013 (une décision de Dan Bylsma) ainsi qu’en 2016 et en 2017 (des choix de Mike Sullivan). Les deux fois que Sullivan a pris cette délicate décision, pourrait-on ajouter, les Penguins ont remporté la Coupe Stanley.

Du côté des Golden Knights de Vegas, c’est la deuxième année de suite que Peter DeBoer préfère remettre le sort de son équipe entre le bouclier et la mitaine de Lehner. Tant qu’à payer un gardien réserviste 5 millions par saison, pourquoi ne pas l’utiliser, me direz-vous.

Estimant que Fleury se faisait tirer le tapis sous les pieds injustement après avoir commis, vendredi soir, la monumentale bourde qui avait mené à la victoire du Tricolore, de nombreux amateurs et partisans des Golden Knights ont affiché leur mécontentement. Ou soupçonne aussi quelques partisans du CH d’avoir été peinés par cette nouvelle. Les difficultés de Fleury contre le Bleu-blanc-rouge sont notoires.

Or, ce vote de non-confiance des Golden Knights n’est pas tout bonnement tombé du ciel.

Fleury avait commencé à montrer des failles dans son armure dorée lors des deux derniers matchs de la série Vegas-Colorado. Face au Canadien, il était en train de perdre le duel l’opposant à Carey Price, alors que ce dernier faisait pourtant face à 50 % plus de chances de marquer.

Aussi, avant de commettre sa gaffe magistrale dans le troisième match, Fleury s’était battu avec la rondelle toute la soirée. La plupart des tirs dirigés vers lui prenaient des allures d’aventures compliquées.

Bref, au bout du compte, ce changement de gardien effectué par DeBoer n’est pas une bonne nouvelle pour le CH. Parce que la soirée de travail qu’a connue Lehner dimanche soir a permis au Golden Knights de remettre les compteurs à zéro dans la série, et de remplir à ras bord le réservoir de confiance des patineurs de la ville du vice.


Quand le défenseur Brayden McNabb a déjoué Carey Price en troisième période, les Golden Knights n’étaient qu’à 9 min 23 s d’être accumulés au pied du mur (comme disait Claude Ruel) et de se retrouver avec un retard de 1-3 contre une équipe qu’ils étaient censés dominer outrageusement.

Cette position aurait été extrêmement inconfortable pour eux. Dans l’histoire de la LNH, une seule équipe est parvenue à effacer un écart de 1-3 en demi-finale de la Coupe Stanley.

Le but qu’a inscrit Nicolas Roy après seulement 78 secondes de prolongation a ensuite remis le compteur à zéro. Les deux clubs se retrouvent désormais engagés dans une série 2 de 3 dans laquelle les Golden Knights détiennent l’avantage de la patinoire.

Les joueurs de Vegas en sont à leur troisième présence en quatre ans au sein du carré d’as. Ils commencent à connaître le tabac et à savoir comment composer avec les montagnes russes d’émotions que suscitent les rebondissements des éliminatoires de la Coupe Stanley.

Il y a deux semaines, ils avaient égalé à 2-2 leur série contre l’Avalanche du Colorado après avoir tiré de l’arrière 0-2. Et voilà qu’en quelque 10 minutes de jeu, ils sont passés dimanche du bord du Grand Canyon au siège du conducteur.

Mardi soir à Vegas, il faudra donc que le Tricolore recadre Lehner et que les hommes de Dominique Ducharme Luke Richardson montrent à leurs coriaces adversaires que l’identité de leur gardien importe peu.


Le hockey est un sport hautement imprévisible et parfois extrêmement cruel. C’est, en partie, ce qui fait sa beauté.

Vendredi, le CH s’en était tiré avec la victoire après avoir disputé un match hideux au cours duquel il avait été dominé à plate couture.

Dimanche, il aurait mérité de l’emporter. Les dieux du hockey ont toutefois remis les pendules à l’heure.

Les Montréalais ont dicté l’allure du match en connaissant une première période d’anthologie. Ils ont ensuite inscrit le premier but de la rencontre avec 65 secondes à écouler au deuxième vingt. Le genre de filet qui fait particulièrement mal à l’adversaire. Puis, en troisième, trois minutes avant que Vegas reprenne vie, Cole Caufield aurait pu sceller la victoire lorsqu’il s’est échappé seul devant Lehner.

Il n’y en aura pas de facile, disait aussi Claude Ruel.

La partie de mardi le sera encore moins.

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