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Chronique

Les yeux sanglants de Petry, le sourire de Price

Le gardien du CH est un maître de la guerre psychologique. Il se sert constamment de son langage corporel pour jouer dans la tête de ses rivaux.

Il bloque un lancer.

Le gardien de but du Canadien Carey Price

Photo : Associated Press / John Locher

Maurice Richard, c’est bien connu, avait un regard de feu. Il faut toutefois admettre que ce n’était pas aussi spectaculaire que le regard vampirique de Jeff Petry.

Avec l’auriculaire et l’annulaire de la main droite attachés ensemble, et les yeux bleus injectés de sang en raison de deux hémorragies sous-conjonctivales, Jeff Petry a repris sa place dans la formation à la toute dernière minute mercredi soir.

Sa présence à la fois rassurante et effrayante, combinée au retour au jeu du vétéran défenseur Jon Merrill, a grandement stabilisé la brigade défensive du Canadien. Ces modifications (Alexander Romanov et Brett Kulak ont été rayés de la formation) ont été l’un des facteurs qui ont permis au Tricolore de sortir vainqueur d’un des amphithéâtres les plus inhospitaliers de la LNH.

À 5 contre 5, le CH a échangé coup pour coup avec Vegas (12 à 12) au chapitre des tirs quand Petry était sur la patinoire. Lors de la première rencontre, l’équipe avait un déficit de 6-11 quand Brett Kulak était utilisé.

Vive la stabilité.

Paul Byron inscrit un but.

L'attaquant du Canadien Paul Byron a déjoué le gardien des Golden Knights Marc-André Fleury. Ce but a donné la victoire au Tricolore.

Photo : Associated Press / David Becker

Ce n’est pas une petite victoire que le CH a remportée à Vegas mercredi. Les preneurs aux livres de la ville du vice, rappelons-le, ont établi à l’aube de cette série les cotes les plus inégales des 31 dernières années pour une demi-finale de la Coupe Stanley.

La fiche à domicile des Golden Knights devait y être pour quelque chose. Ils ont maintenu une moyenne de ,786 devant leurs partisans durant le calendrier (5e dans la LNH). Et depuis le début des séries, aucune équipe n’a remporté plus de matchs qu’eux à domicile, soit 6.

Il y avait beaucoup de sceptiques dans la salle avant (et après) le premier match. Mais en fin de compte, on aura peut-être droit à une série digne de ce nom!

***

Les joueurs et les entraîneurs du Canadien avaient promis d’être meilleurs lors du second match qu’ils ne l’avaient été au premier. Ils ont tenu parole dans cette victoire de 3-2 même si, étrangement, la trame narrative du second duel ressemblait beaucoup à celle du premier.

Comme il l’avait fait lundi soir, le Tricolore a entrepris la rencontre avec panache, générant six chances de marquer de qualité au premier vingt, contre seulement deux pour Vegas.

Puis, dans les 40 dernières minutes, le CH a davantage joué sur les talons. Et les Golden Knights ont dominé par 15 à 5 au chapitre des chances de marquer. Cette domination avait aussi des allures de déjà-vu.

La différence entre le premier et le deuxième match, c’est que nous avons obtenu des bonds favorables, a souligné le vétéran Corey Perry, avec beaucoup de justesse.

Lors du premier match, (Marc-André) Fleury avait réalisé plusieurs arrêts dès le départ, mais ce soir (mercredi), la rondelle a roulé en notre faveur et nous nous sommes ensuite nourris de ce rythme.

Trois joueurs célèbrent un but.

Joel Armia, entouré du défenseur Erik Gustafsson et de l'attaquant Eric Staal, a inscrit le premier but du match du CH.

Photo : Associated Press / John Locher

Cette fois, effectivement, les hommes de Dominique Ducharme ont aidé leur cause en inscrivant deux buts au premier engagement, gracieuseté de Joel Armia et de Tyler Toffoli. Ce dernier sur une autre savante passe Cole Caufield.

Et cette fois, les Golden Knights n’ont pas profité des chances en or qui s’offraient à eux. Max Pacioretty, seul dans l’enclave, a vu l’un de ses tirs heurter l’intérieur d’un poteau en deuxième. Et toujours durant ce même engagement, le défenseur Alec Martinez a raté un filet ouvert en tirant sur un infime bout de la culotte de Carey Price.

Les gens de Vegas sont bien placés pour savoir que la chance peut vous quitter n’importe quand. Et qu’on ne sait jamais à quel moment elle reviendra. Quant au Canadien, il vient de découvrir qu’on peut gagner même lorsqu’on hérite de deux mauvaises mains : la main droite de Petry et celle de Shea Weber.

***

Dans le premier match, les Golden Knights avaient marqué les deux premiers buts, ce qui avait mis fin à une séquence de 447 minutes et 8 secondes durant lesquelles les Montréalais n’avaient jamais tirés de l’arrière. La victoire des chevaliers dorés avait fait dire à plusieurs observateurs que le CH est une équipe qui n’est à l’aise que lorsqu’elle détient une avance.

Il faut nuancer un peu.

Les quatre équipes participant aux demi-finales de la Coupe Stanley affichent un dossier combiné 26 victoires et 4 défaites lorsqu’elles sont les premières à s’inscrire au pointage. Ce n’est pas un hasard.

Le jeu est extrêmement serré en séries éliminatoires. Affirmer qu’une équipe est plus à l’aise lorsqu’elle détient une avance équivaut à formuler une vérité de La Palice.

Oui, les Islanders et les Golden Knights ont comblé de retards depuis le début du tournoi printanier. Mais de son côté, le Tricolore affiche exactement le même dossier que les champions en titre de la Coupe Stanley, le Lightning de Tampa Bay. Les deux équipes ont une fiche de 9-1 lorsqu’elles s’inscrivent au pointage en premier. Et de 0-3 quand l’adversaire prend l’initiative du match.

La morale de cette histoire, c’est que le CH doit continuer d’entreprendre ses matchs avec férocité. D’autant plus que les Golden Knights sont lents à se mettre en marche.

***

Les deux buts des Golden Knights ont été inscrits par Alex Pietrangelo. Les défenseurs de Vegas ont donc réussi 5 des 6 buts de leur équipe depuis le début de la série.

C’est admirable, mais ce n’est pas viable.

Il passe devant le banc de son équipe et ses coéquipiers le félicitent.

Le défenseur des Golden Knights Alex Pietrangelo

Photo : Associated Press / John Locher

Si l'on voit le verre à demi vide, cette statistique révèle que les attaquants de Vegas n’ont marqué qu’un but en deux matchs et que Carey Price a très bien fait son travail.

Et si la tendance se maintient encore un peu, on peut même prédire que la confiance des marqueurs des Golden Knights finira par s’effriter.

Le gardien du CH est un maître de la guerre psychologique. Il se sert constamment de son langage corporel pour jouer dans la tête de ses rivaux, notamment en s’efforçant de faire paraître faciles des arrêts effectués sur des tirs de qualité.

Depuis que la demi-finale est commencée, il en a ajouté une couche. On l’a vu sourire plus souvent qu’au cours des deux ou trois dernières années combinées. Il échange aussi des clins d’œil avec ses coéquipiers. C’est voulu. Price aime faire sentir à ses adversaires que son travail est facile. Il a toujours agi ainsi dans les matchs importants.

Pas plus tard que samedi dernier, Maxim Lapierre racontait à un confrère de La Presse comment Price, qui était encore d’âge junior, avait démoralisé les Bears de Hershey (qui étaient les grands favoris) en 2007 lors de la finale de la Ligue américaine.

Il y avait deux Carey Price. Il y avait celui qui faisait les arrêts et il y avait celui qui faisait les arrêts avec le sourire. Je me souviens à quel point ça frustrait nos adversaires. C’est comme s’il avait été capable de détruire leurs rêves, a dit Lapierre.

Le CH et les Golden Knights sont maintenant engagés dans une série 3 de 5 dans laquelle le Canadien détient l’avantage de la patinoire. Et Price sourit.

On a hâte de voir la suite.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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