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Des questions sur le maintien en jeu de Pavard

Un joueur en bleu percuté au visage par la jambe d'un adversaire dans les airs, en blanc.

Le moment de la collision entre Benjamin Pavard et le défenseur allemand Robin Gosens

Photo : pool/afp via getty images / MATTHIAS HANGST

Agence France-Presse

Ravivant le débat sur la prise en charge des commotions au soccer, le syndicat mondial des joueurs (FIFPRO) a déploré mercredi que le Français Benjamin Pavard n'ait pas été remplacé après avoir été percuté par l'Allemand Robin Gosens en plein visage, mardi, à l'Euro.

La FIFPRO est en contact avec l'UEFA pour savoir pourquoi la Charte des commotions cérébrales n'a pas été appliquée, et donc Benjamin Pavard sorti du terrain, indique l'organisation, mercredi, sur Twitter.

À l'heure de jeu, alors que l'Allemagne était menée 1-0 et poussait pour égaliser, Gosens est arrivé lancé dans la surface française et sa cuisse a percuté le visage du latéral des Bleus.

Pavard s'est effondré sous la violence du choc, sa tête subissant un deuxième impact en heurtant le sol. Il a néanmoins pu se relever et, après une évaluation de quelques minutes, a repris la partie.

Le défenseur de Séville Jules Koundé s'échauffait et le sélectionneur des Bleus avait encore cinq remplacements, mais Pavard a finalement terminé la rencontre.

J'ai pris un sacré choc. J'étais un peu K.-O. pendant 10 à 15 secondes. Après, ça allait mieux, a expliqué le défenseur du Bayern sur BeIn Sports après la rencontre.

Interrogé mercredi, son coéquipier Raphaël Varane a dit qu'il avait fallu quelques instants à Pavard pour être totalement bien, mais qu'ensuite, il était en condition pour jouer.

Les médecins sont arrivés et ils ont vu qu'il était parfaitement conscient de la situation et qu'il était apte, a raconté le défenseur, lui aussi vigilant.

Une décision d'équipe

L'UEFA comme la Fédération française (FFF) indiquent de leur côté être en contact au sujet de Benjamin Pavard, qui a participé normalement mercredi à un entraînement des Bleus à Munich.

La décision de sortir ou non un joueur touché à la tête appartient à chaque équipe, l'instance ne prévoyant ni évaluation médicale indépendante ni conduite systématique à tenir en cas de choc à la tête.

En discussion sur ce sujet depuis des années, la FIFPRO avait salué une série de recommandations sur le traitement des commotions annoncées samedi par l'UEFA, après des échanges en ligne avec les médecins des 24 équipes engagées dans le tournoi.

Nous confirmons que si un joueur de notre équipe est soupçonné d'avoir subi une commotion cérébrale, il sera immédiatement sorti du terrain, que ce soit à l'entraînement ou en match, prévoit cette nouvelle charte.

Il est à quatre pattes sur le terrain.

Benjamin Pavard recevant des soins et tentant de retrouver ses esprits après le choc.

Photo : Getty Images / Matthias Hangst

Risques réels

Toute la difficulté réside dans l'évaluation du soupçon de commotion, réalisée sur le terrain immédiatement après l'incident, alors que les symptômes d'un choc au cerveau peuvent apparaître avec retard.

Familier à nombre de sports sujets aux impacts et aux chutes, du rugby à la boxe en passant par le cyclisme, ce problème a donné lieu à des recommandations internationales d'experts citées par la FIFA.

Selon ces conseils génériques, l'examen initial du joueur n'est qu'une première étape, et ce diagnostic doit être confirmé dans les 24 à 72 heures suivant l'incident, dans un cadre clinique et par un spécialiste des commotions cérébrales.

L'évaluation rapide sur le terrain sert à détecter les signaux inquiétants d'emblée, comme les maux de tête, vomissements, convulsions ou confusion mentale. Pour cela, le médecin observe le joueur, lui pose des questions et teste ses gestes.

L'un des risques relevés par les spécialistes est celui d'un hématome sous-dural, où le sang vient progressivement comprimer le cerveau, rendant l'athlète très vulnérable à un deuxième impact même s'il semblait avoir bien récupéré.

Ce danger a été particulièrement pris en compte dans le rugby, qui a durci ses protocoles de reprise et même modifié ses règles de plaquage après le décès de plusieurs joueurs.

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