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Chronique

Les attentes n'ont pas étouffé les favoris français à l'Euro

Il lève les deux pouces en l'air devant les supporteurs après la victoire.

Didier Deschamps (à l'avant)

Photo : Getty Images / POOL/AFP/FRANCK FIFE

Olivier Tremblay

Les Français peuvent aborder leur Euro sereinement. Leur équipe ne s’est pas tirée dans le pied.

Après la faste période Platini des années 1980 et la sécheresse subséquente, les triomphes de 1998 et 2000 suivis de la brutale chute, la quasi-gloire de 2006 et l’autodestruction de 2010, la tentation était forte de s’attendre à un scénario semblable.

Cet Euro est encore jeune, mais les signes de beaux jours à venir ne trompent pas après la victoire de 1-0 en Allemagne. Il y a dans cette équipe de France la même rigueur, le même pragmatisme qui régnaient dans le collectif couronné champion du monde, il y a trois ans.

On ne parle certes pas ici d’une équipe qui va révolutionner le soccer, à partir de laquelle on analysera les tendances des prochaines années, et c'est un peu parce qu'elle sait tout bien faire. Elle a beau jeu de laisser le ballon à l’adversaire au besoin puisqu’elle est l’une des rares grandes nations de ce tournoi qui ne joue pas de matchs à domicile. Même si, à bien y penser, ce n’est pas si mal de commencer l’Euro dans le pays où elle n’a pas perdu depuis qu’on faisait la distinction entre l’Ouest et l’Est (c’était en 1987, pour les plus jeunes).

Cette équipe est résolument gagnante, tout simplement. Comme elle l’est maintenant depuis des années.

Il regarde le ballon franchir la ligne des buts.

Le but de Karim Benzema (à l'avant, à gauche) en fin de rencontre en Allemagne a été annulé en raison d'un hors-jeu.

Photo : Getty Images / POOL/AFP/ALEXANDER HASSENSTEIN

Le grand changement, bien sûr, c’est le retour de Karim Benzema. Titulaire à Munich, l’attaquant du Real Madrid n’a pas été sublime, mais il a donné ce qu’on espérait de lui : du mouvement, du danger, de l’abnégation.

Son but annulé pour hors-jeu en fin de rencontre aurait été la juste récompense d’un match où, comme dans les secondes qui ont suivi l’ouverture du score, Benzema s’est offert même en solution défensive – comme Antoine Griezmann souvent, par ailleurs –, l’air de dire à ses partenaires que les trois bonshommes de devant ne font pas qu’attendre les ballons. On salue, bien sûr, Olivier Giroud.

Derrière eux, Paul Pogba et N’Golo Kanté ont été si bons que le pauvre Adrien Rabiot paraissait parfois invisible. Il aurait sans doute souhaité l’être après avoir négligé Griezmann dans un quasi deux contre zéro en début de deuxième mi-temps.

Pogba aura été de toutes les grandes actions françaises du match ou presque. Son ouverture pour Hernandez défiait presque toutes les lois, de la gravité et d’autres sphères. Le genre de passe qu’on serait heureux de réussir dans nos rêves, mais que Pogba réussit dans la vie après avoir lutté avec deux rivaux comme si c’était la chose la plus normale du monde.

De l’autre côté, que dire de cette Allemagne qui, il est vrai, a parfois su déranger l’adversaire, mais sans vraiment faire croire au spectateur neutre qu’on s’approche drôlement d’une égalisation?

La Mannschaft n’a rien fait pour rassurer ceux qui craignent qu’elle se dirige vers une violente fin de cycle. Malgré le départ prochain du sélectionneur Joachim Löw, l’espoir demeurait que cet Euro soit l’occasion de bien se relancer après une Coupe du monde ratée.

L’Allemagne a plutôt l’air de se chercher. Le pauvre Hummels, déjà l’auteur du but contre son camp, s’est fait terroriser par Kylian Mbappé à maintes reprises. La solution pour marquer des buts dans ce groupe de la mort ne semble pas évidente, et le remarquable effort défensif de la Hongrie jusqu’à l’implosion de la fin de match contre le Portugal entretiendra les doutes.

À suivre samedi avec Hongrie-France à Budapest et Portugal-Allemagne à Munich.

Autres observations sur les premiers matchs

Ce sera toujours difficile d’aborder cet Euro sans parler du malaise du Danois Christian Eriksen, du travail salvateur du personnel médical et de la suite des événements.

Quand le Dr Morten Boesen, le lendemain, a annoncé qu’Eriksen était parti, on a pu bien comprendre l’ampleur du fardeau imposé aux joueurs. La décision de continuer ou non la rencontre ne devrait pas revenir à des humains qui viennent de voir un ami frôler la mort.

Bon nombre de ceux qui ont entrevu par l’intermédiaire de leur téléviseur le visage inanimé d’Eriksen ont été traumatisés. Ceux qui formaient un écran autour de lui pour empêcher la diffusion de ce genre d’images ont dû, dans leur désarroi, choisir entre une mauvaise solution (jouer le lendemain) et une autre, pire (continuer le soir même).

L’un des chantiers prioritaires de l’UEFA après cet Euro devrait être les protocoles qui entourent ces situations.


Alors, cette Italie?

Ballon au pied, il étudie ses options pendant un match.

Manuel Locatelli fait partie de la relève de l'équipe italienne.

Photo : Getty Images / Claudio Villa

Comme prévu, la sélection de Roberto Mancini a lancé son Euro du bon pied contre la Turquie. Le résultat y était, et la manière aussi.

On attendait le trio Jorginho-Barella-Verratti en milieu de terrain, mais en l’absence du dernier, blessé, Manuel Locatelli s’est acquitté de sa tâche admirablement, et c’est tant mieux.

Avec sept joueurs de champ âgés de 24 ans ou moins, la Squadra Azzurra montre dans cet Euro le visage qu’elle veut présenter au monde pour les années à venir, celui d’une équipe joueuse, toujours aussi efficace derrière, mais capable de déployer des armes redoutables dans tous les secteurs.


Pays-Bas 3 - Ukraine 2, le match du tournoi jusqu’ici? Probablement.

Pendant quelques minutes, l’équipe de Frank De Boer a eu l’air de son précédent projet, l’Atlanta United champion de MLS qu’il a on ne sait trop comment rendu inefficace. Au bout du compte, cependant, les Oranje méritaient les trois points et, surtout, ils les ont acquis sans que leurs vedettes doivent se sublimer.

Au fait, saviez-vous que Georginio Wijnaldum a tout appris dans le nord de l’Angleterre?


Pauvre Écosse. Selon les différents modèles de buts attendus, qui accordent une valeur à un tir en fonction de nombreux paramètres comme l’endroit d’où provient le tir, du genre de tir et du type de passe qui le précède, le tir du centre du terrain de Patrik Schick avait plus ou moins 1 % de chance de devenir le but qui a confirmé la victoire tchèque contre les Écossais.

Bref, l’équivalent d’une mobylette qui rase le trottoir et se transforme en jolie Jaguar. (Les vrais savent.)

La banale performance croate dans sa défaite de 1-0 contre l’Angleterre donne l’impression que les Tchèques ont un véritable coup à jouer vendredi. Avant que les Anglais et les Écossais jouent la 114e reprise du tout premier match international, en 1872, les Tchèques pourraient faire un grand pas vers la qualification rêvée, c’est-à-dire celle à partir du 2e rang, qui leur permettrait d’éviter le 2e du groupe de la mort.

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