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Chronique

Devenu entraîneur-chef, Ian Laperrière a hâte de tester sa recette

L'ancien joueur de hockey, vêtu d'un complet, observe l'action, debout derrière le banc des Flyers, pendant un match en 2014 en Arizona.

Ian Laperrière a été adjoint à l'entraîneur-chef des Flyers pendant huit saisons.

Photo : Getty Images / Christian Petersen

Mine de rien, Ian Laperrière est devenu cette semaine le cinquième Québécois à se faire confier les commandes d’une équipe de la Ligue américaine de hockey. Après huit saisons dans un rôle d’entraîneur adjoint avec les Flyers de Philadelphie, l’ex-attaquant est fébrile à l’idée de faire les choses « à sa façon » avec les espoirs des Phantoms de Lehigh Valley.

Il y a quelques jours, en franchissant les quelque 110 kilomètres qui séparent Philadelphie de la ville d’Allentown, où sont basés les Phantoms, Laperrière dit avoir longuement pensé à l’ex-directeur général et ex-président des Flyers, Paul Holmgren.

Si Paul Holmgren ne m’avait pas fait confiance en 2012 en me nommant directeur du développement des joueurs des Flyers, je ne serais jamais devenu l’entraîneur-chef des Phantoms. Je lui dois énormément. C’est un homme qui fait confiance aux anciens joueurs qui souhaitent se forger une seconde carrière dans le monde du hockey et qui ont été particulièrement investis pour la cause des Flyers.

Et je ne suis pas le seul à pouvoir parler ainsi. Daniel Brière pourrait dire exactement la même chose, souligne-t-il, reconnaissant.

Laperrière jouit d’un immense respect au sein de l’organisation. Aucun partisan de l’équipe n’a oublié le tir qu’il avait bloqué avec son visage (quelle scène!) lors des séries éliminatoires de 2010. Ces séries, rappelons-le, s’étaient conclues par une participation des Flyers à la finale de la Coupe Stanley.

Ian Laperrière dans l'uniforme des Flyers de Philadelpie le 31 mai 2010, pendant la finale de la Coupe Stanley contre les Blackhawks de Chicago

Ian Laperrière dans l'uniforme des Flyers de Philadelpie le 31 mai 2010, pendant la finale de la Coupe Stanley contre les Blackhawks de Chicago

Photo : Getty Images / Jim McIsaac

Le défunt propriétaire de l’équipe, Ed Snyder, avait par la suite déclaré que Laperrière était le joueur le plus dur à avoir porté ce chandail. Quand on connaît l’histoire de cette organisation, il ne s’agissait pas d’un mince compliment.

***

Après avoir raccroché ses patins en 2012, Laperrière s’est fait confier la responsabilité du développement des espoirs. Et subitement, en octobre suivant, il s’est retrouvé dans un rôle d’entraîneur adjoint, aux côtés de Craig Berube, quand Peter Laviolette avait été congédié après seulement trois matchs.

Ce n’était pas prévu que je devienne entraîneur, mais j’ai sauté à pieds joints dans ce défi-là. Et au cours des huit dernières années, j’ai eu la chance d’apprendre énormément aux côtés de Berube, de Dave Hakstol et d’Alain Vigneault.

Puis, un moment donné, il y a une sorte de déclic qui s’est fait. Je suis compétitif et j’ai eu le goût de voir ce que ça donnerait si j’occupais un rôle d’entraîneur-chef et que je faisais les choses un peu plus à ma façon. Il y a toujours des choses qu’on aime et qu’on retient des entraîneurs que l’on côtoie. Et il y en a d’autres qui cadrent moins avec notre personnalité, explique-t-il.

Il y a deux semaines, quand Lappy a appris que les Flyers et l’entraîneur de leur club-école, Scott Gordon, allaient mettre fin à leur association, il a immédiatement contacté le directeur général Chuck Fletcher.

J’ai dit à notre DG que je voulais le rencontrer pour lui faire part de mon intérêt pour le poste et pour lui expliquer ma philosophie. J’aime travailler avec les jeunes et ce poste m’intéressait beaucoup. Chuck et son adjoint m’ont reçu. Ils m’ont écouté et ils m’ont confié l’équipe quelques jours plus tard.

***

Avant toute chose, Laperrière se donne pour mandat d’aider le plus de jeunes joueurs possible à embrasser un rôle qui les aidera à se rendre jusqu’à la LNH.

Alain Vigneault et moi allons mettre en place une structure qui fera en sorte que notre équipe de la LNH et notre club-école joueront de la même façon. Il y aura une structure et un style de jeu communs. Ensuite, je vais demander à mes joueurs de jouer d’une certaine façon et il n’y aura pas de compromis là-dessus.

Il y a des choses qu’on peut négocier avec les joueurs, mais notre façon de jouer ne sera pas négociable. Mon but sera d’effacer toutes les zones grises et de confier à ces jeunes joueurs des rôles qui vont les faire progresser individuellement et qui rendront l’équipe meilleure de façon générale.

Il y a beaucoup de joueurs qui sont dans la LAH et qui n’acceptent pas de changer de rôle pour améliorer leurs perspectives d’avenir. Je serai une bonne personne-ressource pour leur faire comprendre cette réalité parce que je suis passé par là. J’étais un joueur qui amassait beaucoup de points chez les juniors. Mais quand je suis arrivé dans la LNH, j’ai réalisé à un certain moment que je devais faire autre chose pour rester dans cette ligue. Et mon jeu a complètement changé. Donc, personne ne pourra me dire que je ne sais pas de quoi je parle.

***

Âgé de 47 ans et père de garçons âgés de 18 et 20 ans, Laperrière estime avoir atteint la période idéale de sa vie pour déployer davantage ses ailes à titre d’entraîneur. Il consacrera d’ailleurs les prochaines semaines au recrutement de ses futurs adjoints.

Je vais choisir les adjoints qui cadreront le mieux avec la philosophie que je souhaite implanter. J’ai déjà reçu beaucoup d’appels d’entraîneurs intéressés par ces postes, mais je ne suis pas pressé. Les contrats se terminent le 30 juin dans la LNH et il y aura bientôt beaucoup de candidats de qualité qui rechercheront un emploi.

Ce que je sais, par contre, c’est que notre entraîneur chargé de superviser les défenseurs aura déjà occupé cette position dans les rangs professionnels. Je suis convaincu que pour bien enseigner cette position, il faut l’avoir vécue. J’aimerais aussi miser sur un adjoint qui entretiendra une relation plus étroite avec les attaquants les plus habiles.

Je ne craindrai pas de choisir des adjoints qui seront plus aguerris que moi dans certains aspects du métier. Au contraire, c’est mon souhait de m’entourer d’adjoints expérimentés.

En le questionnant sur l’identité des entraîneurs qui l’ont le plus influencé, on devine que Ian Laperrière a tiré beaucoup de leçons de ses associations avec Craig Berube et Alain Vigneault.

J’adore Alain! Il a tellement de prestance! Mais pour avoir une prestance comme la sienne, il faut avoir un vécu comme le sien. Je n’entreprendrai donc pas mon mandat avec l’idée de projeter la même chose qu’Alain Vigneault. Je serai Lappy, et j’irai avec ma personnalité.

C’est d’ailleurs une chose que j’avais particulièrement appréciée de Craig Berube. Quand il était devenu entraîneur en chef chez les Flyers, il était resté exactement le même homme que lorsqu’il était adjoint. Il a continué à entretenir une relation étroite avec chacun des joueurs. Et il a fait la même chose à Saint Louis. Son message n’a donc jamais changé.

Quand je jouais, j’apprenais des choses en observant les supervedettes et j’en apprenais d’autres en observant les joueurs de soutien. Je retenais ce que j’aimais et je mettais le reste de côté. Je ferai la même chose comme entraîneur, confie-t-il.

*** 

Et c’est ainsi, avec beaucoup d’enthousiasme, que débarque un 18e entraîneur québécois dans la Ligue américaine de hockey. Voici d’ailleurs la liste, selon le dernier décompte disponible, des entraîneurs originaires du Québec qui œuvrent dans l'antichambre de la LNH :

  • Bakersfield (Oilers d’Edmonton) : Jean-François Houle (adjoint) et Jean-François Rodrigue (gardiens). 
  • Cleveland (Blue Jackets de Columbus) : Jim Corsi (gardiens).
  • Iowa (Wild du Minnesota) : Alex Tanguay (adjoint).
  • Laval (Canadien de Montréal) : Joël Bouchard (entraîneur-chef), Daniel Jacob (adjoint) et Marco Marciano (gardiens).
  • Lehigh Valley (Flyers de Philadelphie) : Ian Laperrière (entraîneur-chef).
  • Manitoba (Jets de Winnipeg) : Pascal Vincent (entraîneur-chef), Éric Dubois (adjoint).
  • Rockford (Blackhawks de Chicago) : Yanic Perreault (développement). 
  • San Diego (Ducks d'Anaheim) : Sylvain Lefebvre (adjoint).
  • San Jose (Sharks de San José) : Jimmy Bonneau (adjoint).
  • Syracuse (Lightning de Tampa Bay) : Benoît Groulx (entraîneur-chef), Gilles Bouchard (adjoint), Éric Veilleux (adjoint).
  • Texas (Stars de Dallas) : Maxime Fortunus (adjoint).
  • Tucson (Coyotes de l’Arizona) : Steve Potvin (entraîneur-chef). [Bien qu’il n’ait pas fait son apprentissage au sein du hockey québécois, Potvin est natif de Montréal, NDLR]
Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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