•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Il y a 50 ans, le Canadien repêchait Guy Lafleur

Jean Béliveau, Guy Lafleur et Maurice Richard au Forum de Montréal en avril 1979

Jean Béliveau, Guy Lafleur et Maurice Richard au Forum de Montréal en avril 1979

Photo : The Canadian Press / Doug Ball

Jean-François Chabot

La journée du 10 juin 2021 marque le 50e anniversaire du repêchage de Guy Lafleur par le Canadien de Montréal.

En entrevue mercredi matin à l’émission Bien entendu avec Stéphan Bureau, sur ICI Première, le Démon blond s’est remémoré cette étape importante dans le déroulement de sa carrière.

Celui qui allait devenir le digne successeur de Maurice Richard et de Jean Béliveau n’a rien oublié de cette journée marquante.

Il n’y a pas eu de coup de téléphone. Je l’ai appris par les médias et les journaux. Mais j’étais très content parce mon père était un grand amateur du Canadien. Il me disait qu’à son époque, il n’y avait pas de télé et qu’il couchait avec la radio (pour écouter les matchs). Ma mère n’a pas dû aimer ça trop trop…, a d’abord lancé en rigolant le légendaire numéro 10.

Passion et famille

Pour Guy Lafleur, la famille et les amis ont toujours occupé une place centrale dans sa vie comme en témoigne une archive de Radio-Canada où on l’entend dire qu’il serait heureux de jouer à Montréal parce que c’était près de Québec, où il venait de connaître ses premières gloires, et de Thurso, sa ville d’origine.

Mon père n’a jamais manqué un de mes matchs au Forum. Même junior, je ne me souviens pas qu’il ait manqué un match même si on voyageait énormément à l’époque. Il venait à Québec, puis retournait à la maison pour se changer et aller travailler, a raconté Lafleur.

C’est grâce à une formidable ruse du directeur général de l’époque, Sam Pollock, qu'il a pu s’amener à Montréal et porter l’uniforme bleu, blanc et rouge.

Grâce à un échange antérieur, le CH détenait le premier choix des Golden Seals de la Californie. Pollock s’était assuré que ceux-ci finissent au dernier rang en cédant l’attaquant Ralph Backstrom aux Kings de Los Angeles pour leur donner le coup de pouce dont ils avaient besoin pour quitter la cave du classement général à la fin de la saison.

Malgré tout, dans les heures précédant le repêchage tenu à l’hôtel Reine Élisabeth, il s’en trouvait qui souhaitaient que le Tricolore sélectionne Marcel Dionne, l’autre grande vedette du hockey junior. Ce dernier prendra le chemin de Detroit quand les Red Wings le choisiront au second rang.

Je pense que Pollock a rêvé de nous avoir tous les deux à Montréal. Pendant longtemps, le Canadien détenait les droits sur les deux premiers Canadiens français. La dernière fois, c’était en 1969 avec Réjean Houle et Marc Tardif. J’aurais vraiment aimé jouer avec Marcel. Il a connu une grande carrière, mais il n’a pas joué pour la bonne équipe.

Une citation de :Guy Lafleur

Ce privilège des deux meilleurs joueurs issus du Québec, le Canadien l’a perdu dans le cadre de l’expansion de 1967-1968 qui a vu la naissance de six nouvelles équipes : Minnesota, Philadelphie, Pittsburgh, Saint Louis, Los Angeles et Oakland.

Premiers pas timides

Relatant ses débuts avec le Tricolore, Lafleur a souligné qu’il ne jouait pas sur une base constante. Tant et si bien que durant ses trois premières saisons à Montréal, son père se chicanait avec tout le monde dans les gradins au point où il est descendu près du banc des joueurs parce qu’il voulait s’en prendre à Scotty Bowman!

Prenant la défense de son ancien entraîneur, Lafleur a reconnu que c’est ainsi que les choses se passaient pour une recrue qui arrivait dans la LNH. Selon lui, le Canadien avait tellement de bons joueurs dans son organisation que même son club-école des Voyageurs d’Halifax aurait pu tenir tête à certaines des équipes de la grande ligue.

Une photo en noir et blanc de joueurs de hockey à leur banc, les bras en l'air

Guy Lafleur saute par-dessus la bande lorsque le Canadien remporte une 4e Coupe Stanley de suite en 1979.

Photo : The Canadian Press / CHARLIE PALMER

Au moment où Guy Lafleur donne ses premiers coups de patin à Montréal, la pression est déjà grande pour qu’il comble le vide laissé par le départ à la retraite de Jean Béliveau qui, au printemps, venait de soulever sa 10e et dernière coupe Stanley en tant que capitaine de l’équipe.

Les attentes du public étaient immenses étant donné les prouesses de Lafleur à sa dernière saison avec les Remparts de Québec. Avec ses 209 points, dont 130 buts, il avait largement contribué aux succès de la première équipe de la LHJMQ à gagner la Coupe Memorial.

Tout le monde s’attendait à ce que je remplace Jean Béliveau, mais tu ne peux pas remplacer un gars de même… C’était mission impossible. Tout ce que je voulais, c’était du temps de glace et je ne l’avais pas et j’étais malheureux. Je sentais que les gens en voulaient plus de ma part, mais je ne pouvais pas leur en donner.

Une citation de :Guy Lafleur

Ironiquement, Lafleur rappelle qu’à sa première saison à Montréal, il avait tout de même inscrit 29 buts, et qu’une telle production de nos jours vaudrait à son auteur un contrat à 5 millions de dollars américains par année.

Et maintenant?

Au cœur d’un âpre combat contre une récidive d’un cancer du poumon, Guy Lafleur dit se sentir de mieux en mieux. Selon ses médecins et oncologues du CHUM, les plus récents traitements semblent donner des résultats encourageants.

Il continue de suivre assidûment les activités du Canadien. Il se réjouit des récents succès de l’équipe. Il a assisté, dimanche dernier, au Centre Bell, au troisième match de la série face aux Jets de Winnipeg en compagnie de Réjean Houle et d'Yvan Cournoyer.

Participant invité à cet entretien, l’ancien arbitre et ex-animateur de radio Ron Fournier a vanté les qualités humaines et athlétiques de Guy Lafleur, qui aura 70 ans en septembre.

Tout le monde l’admire. Ce gars-là a une belle âme. Il n’est pas snob pour cinq cennes. C’est le dernier des Mohicans. Il n’y en aura plus de même.

Une citation de :Ron Fournier

* avec les informations de Stéphan Bureau

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !