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Analyse

Le Canadien, roi du Nord : le triomphe de Dominique Ducharme

Le Tricolore atteint le carré d'as pour la première fois en sept ans. Il affrontera le gagnant de la série opposant l'Avalanche du Colorado aux Golden Knights de Vegas.

Les joueurs du CH célèbrent leur victoire.

Tyler Toffoli

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

En plein cœur des jours sombres, nombreux par ailleurs, du Canadien cette saison, pareil dénouement n'était simplement pas envisageable. Dominique Ducharme a réussi à tirer le meilleur parti de ce groupe assemblé à la hâte et à en faire une équipe.

Une équipe qui a balayé, lundi, les Jets de Winnipeg avec beaucoup d’aisance. De désinvolture presque. Et les voilà dans le carré d’as.

En partie parce que les Manitobains n’ont offert qu’une résistance vaine et franchement décevante, en partie parce que le Tricolore sait maintenant à quoi s’en tenir. Parce qu’il a compris quelle est sa route vers le succès.

Que d’embûches cette saison pour le Canadien. Il y a eu les cinq défaites de suite pour la conclure. Les prestations amorphes et indolentes à ses deux passages à Calgary, pourtant alors cruciaux pour la qualification éliminatoire, comme une immense tache à son dossier, une preuve de son apathie quand l’enjeu prend de l’ampleur. Le changement d’entraîneur en pleine tourmente, le calendrier compressé, le résultat positif à la COVID-19 de Joel Armia, le manque de séances d’entraînement.

Il y a eu ces soirées où Dominique Ducharme, à court d’explications, avouait que l’équipe a juste été mauvaise. Ou évoquait une crise d’identité. Un club entré dans les séries éliminatoires avec un taux de victoires inférieur à sa fiche de la saison 2019-2020, pourtant elle-même un lamentable échec.

Marc Bergevin pensait avoir colmaté toutes les brèches de sa formation. Et chacune de ses manœuvres, prises individuellement, s’était révélée brillante, mais rien n’y faisait. Il ne faut pas seulement des ingrédients de qualité pour faire lever un gâteau, il faut les bons.

Ajoutez à ça le besoin d’adaptation du nouveau personnel, la chimie à bâtir entre eux. Lundi soir, dans la victoire décisive de 3-2 contre les Jets en prolongation grâce au but de Tyler Toffoli, 8 des 18 patineurs de l’équipe étaient des nouveaux venus.

Il a semblé, par moments, y avoir une mésentente entre ce qu’exigeait Ducharme et ce que comprenaient ses joueurs ou, peut-être, ce qu’ils voulaient faire... qui sait? L’ancien adjoint de Claude Julien propulsé dans un rôle de chef d’orchestre avec une obligation de performance a toujours été réputé être un bon communicateur. C’est aussi un fin stratège. Mais le stratagème paraissait parfois paralyser ses soldats.

Sauf qu’il y a eu un moment où cette bande talentueuse, mais disparate, a évolué pour devenir une équipe soudée. Spontanément, le match numéro 5 contre les Maple Leafs vient en tête. Juste avant le match en fait.

Est-ce grâce aux vétérans? Ceux qui ont pris la parole quelques heures avant que le Canadien affronte l’élimination?

On s’est assis [avec eux]. On a présenté notre plan. C’était clair, ils ont embarqué dedans. Est-ce que ça a toujours été parfait? Non. Il y a eu des embûches, on le sait […] Souvent, c’est de la façon que les joueurs ressentent les choses sur la glace. Ils voient que ça fonctionne, ils l’achètent parce qu’ils veulent avoir du succès, a d’abord lancé l’entraîneur après le match.

Devant le banc des Maple Leafs, il le bras dans les airs après son but.

Corey Perry.

Photo : usa today sports / John E. Sokolowski

À 1-3 à Toronto, j’ai posé la question à certains vétérans, combien de fois ils avaient eu l’occasion de faire quelque chose de spécial, a renchéri Ducharme. Shea (Weber) a parlé de son expérience. Corey (Perry) a parlé de ses expériences. (Eric) Staal la même chose. Tout le monde a réalisé que c’est pas évident, que c’est pas facile les séries dans la Ligue nationale. À partir de là, on a vraiment monté d’un cran.

À partir de là, aurait-il pu ajouter, le Canadien n’a plus perdu de matchs. Sept victoires d’affilée, dont trois en prolongation. Une séquence de 437 min 53 s sans accuser un retard dans un match, la deuxième de l’histoire en séries derrière les 488 min 38 s du Canadien de 1960. Des airs, musicaux ou factuels, de 1993. Vous savez ce qu’est 1993, n’est-ce pas? Et l’on ne fait pas référence à l’élection de Mahamane Ousmane au Niger (possible qu’il y ait eu soutien technologique ici).

Avant cette envolée poétique, d’autres circonstances ont aussi handicapé le CH, a révélé Ducharme. La pression.

Quand votre patron amorce l’année en disant que c’est votre chance d’aller loin, que vous êtes sérieux, que vous pouvez jouer n’importe quel style, bref, que l’échec ne sera pas toléré, ça vient avec son lot de réflexions.

On avait peut-être une certaine pression, a admis l’entraîneur-chef de moins en moins intérimaire, l’on suppose.

On a un bon groupe. On l’a dit déjà avant : ils veulent bien faire. Cette pression-là de s’assurer de rentrer en séries n’a pas aidé non plus.

Une citation de :Dominique Ducharme à propos des défis rencontrés par son équipe cette saison

Débarrassé de cette pression, le Tricolore joue toutes voiles dehors. Structure défensive, flair offensif, primauté du gardien de but (Imaginez si ç’avait été Cayden Primeau. Primauté, Primeau…).

Carey Price a parlé de résilience et de fébrilité devant le prochain défi.

Phillip Danault a évoqué le meilleur temps dans notre vie en ce moment. Ils n’ont pas été nombreux à dire ça dans les 15 derniers mois.

Le Québécois a également parlé de la chimie de l’équipe, du mélange heureux de vétérans passionnés et de jeunes enflammés, comme étant belle à voir.

Pour Toffoli, la clé du succès, c’est qu’on se fout de qui accomplit le travail.

Tout le monde joue de la bonne façon. On veut juste gagner des matchs, a-t-il fait valoir.

Il faudra maintenant les gagner, après une petite pause bienvenue à la suite de 11 matchs éliminatoires en 19 jours, contre l’Avalanche du Colorado ou les Golden Knights de Vegas, respectivement premier et deuxième au classement général de la LNH.

Si on veut se rendre où on veut se rendre, il faut battre les meilleurs. Notre objectif, c’est pas de s’arrêter ici, a lancé Ducharme.

Après tout ce parcours, ce serait bête en effet.

En rafale

Artturi Lehkonen a marqué un deuxième but en deux soirs. Le Finlandais continue d’épater la galerie. Il totalise 11 points en 22 matchs des séries pour une moyenne de 0,5 point par match joué. Moyenne qui chute à 0,36 en saison (120 en 338).

Deux gardiens se serrent la main après la fin de la série.

Carey Price, du Canadien, a complètement éclipsé son rival Connor Hellebuyck, des Jets.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Carey Price détient le meilleur taux d’efficacité de la ligue après deux tours éliminatoires, pas encore complétés cela dit, avec ,935. Ses statistiques contre les Jets sont particulièrement fumantes : taux de ,942, moyenne de 1,49, 4 victoires, aucune défaite et un blanchissage. La bonne nouvelle? Le gardien vedette a probablement joué son match le moins abouti des séries, tout de même fort respectable par contre, et le CH l’a malgré tout emporté en dominant l’adversaire 42-16 pour les tirs au but.

Ducharme a aussi laissé entendre qu’il était convaincu de revoir Jeff Petry en demi-finale, mais peut-être pas pour le premier match. Le défenseur a semblé se blesser au petit doigt de la main droite à la fin de la deuxième période du troisième match.

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