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Chronique

Les Jets n’ont jamais eu le temps de comprendre ce qui les frappait

En deux semaines, le Canadien est passé d’une équipe morte et enterrée à celle qui s’est qualifiée pour la demi-finale de la Coupe Stanley. Les choses changent vite dans le monde du sport.

Des joueurs assis au banc.

Les Jets de Winnipeg ont été balayés en quatre matchs par le Canadien de Montréal. Sur le banc des Jets, Adam Lowry, Blake Wheeler, Paul Stastny et Nikolaj Ehlers.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La série Canadien-Jets avait commencé avec une question fort intéressante. On se demandait quelle équipe allait être la plus avantagée : les Jets qui s’étaient bien reposés après avoir balayé les Oilers, ou le CH, qui transportait avec lui l'élan acquis dans une longue et féroce bataille face aux Leafs?

Six jours plus tard, la réponse est assez claire, merci. Et la meilleure façon de résumer cette série serait de dire que les choses changent incroyablement vite dans le monde du sport.

Il y a deux semaines, le Tricolore tirait de l’arrière 1-3 contre les Leafs. Cette équipe était morte et enterrée dans l’esprit de la très grande majorité des observateurs. Et comme par magie, les voilà en demi-finale de la Coupe Stanley, avec sept victoires consécutives en poche, un exploit que cette organisation n’avait pas signé depuis 1993, l’année de la dernière conquête.

Plus incroyable encore, le CH se présentera dans le carré d’as de la LNH avec une séquence de 437 minutes 53 secondes sans avoir été mené dans un match. Il s’agit de la deuxième séquence du genre depuis la plus grande dynastie de l’histoire du hockey : le Canadien de 1960, qui s’apprêtait alors à enregistrer une cinquième conquête consécutive.

Ces exploits extraordinaires ont été réussis, rappelons-le, par une équipe qui a remporté seulement 42 % de ses matchs en saison et qui a été la 16e à se tailler une place dans les séries.

Quand on prend un pas de recul, on peut comprendre les Jets de ne pas avoir eu le temps de voir venir ou de comprendre la tornade qui les a frappés.

***

Les Jets se sont présentés dans cette série une période en retard. Quelques heures avant le premier match, Paul Maurice expliquait sourire en coin qu’après un long congé, les 10 premières minutes de son équipe n’allaient pas être agréables à regarder. Il a été servi à souhait.

Après 20 minutes de jeu lors de la première rencontre, les Jets accusaient déjà un retard de 1-3. Visiblement décontenancés, ils ont passé les deux périodes suivantes à essayer de retrouver l’émotion et le synchronisme qui les avaient transportés face aux Oilers. En vain.

Mark Scheifele, leur meilleur marqueur, a perdu les pédales et a été suspendu pour quatre rencontres. On ne l’a jamais revu. En fait, les partisans des Jets ne le reverront même pas lors du match d’ouverture l’automne prochain, car sa suspension n’est pas terminée. Et le défenseur Dylan DeMelo, qui complétait leur premier duo en défense avec Josh Morrissey, s’est blessé dans les premières minutes de l’affrontement initial. Lui non plus, on ne l’a jamais revu.

Connor Hellebuyck fait un arrêt de la jambière droite.

Le trio de Phillip Danault, qui obtient ici une chance de marquer, s’est montré sans pitié pour les meilleurs attaquants des Jets.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Tel un boxeur titubant et cherchant son coin à l’issue du premier round, les Jets ne se sont jamais remis sur les rails par la suite. Ils sont restés dans un autre espace-temps, confinés une demi-seconde derrière le Canadien.

Constamment empêtrés dans leur territoire et incapables de solutionner l’échec avant intensif du Bleu-blanc-rouge, les hommes de Paul Maurice ont vu la grande majorité de leurs lentes contre-attaques s’échouer en zone neutre. Le trio de Phillip Danault s’est montré sans pitié pour les meilleurs attaquants des Jets.

Et à l’inverse, les Manitobains ne semblaient pas avoir de solution pour freiner les rapides contre-attaques des Montréalais. À force d’accorder des surnombres à la pelle et de s’épuiser au fond de leur territoire, les Jets n’ont jamais permis à leur gardien Connor Hellebuyck de livrer un duel à Carey Price.

***

Pour le gardien montréalais, cette série a eu des allures de séjour au Club Med en comparaison avec l’épique série de sept matchs face aux Leafs.

Kyle Connor, qui avait tant fait mal au CH durant la saison, a été invisible pendant toute la série, qu’il a bouclée avec un but inscrit dans une cause perdue et un différentiel de -4. Le capitaine Blake Wheeler n’a amassé aucun point et a terminé ces quatre matchs avec un bilan défensif de -7. Quant à Paul Stastny, il a forcé un retour au jeu malgré une blessure et n’a jamais été un facteur lors des matchs disputés à Montréal.

Pierre-Luc Dubois n’avait pas marqué à ses 20 derniers matchs quand la série s’est mise en branle. Sa disette est maintenant rendue à 24 matchs. Et au-delà de la feuille de pointage, sa tenue a probablement constitué la plus vive déception dans le camp des Jets. Ceux qui ont vu le grand centre québécois à l’œuvre dans la bulle torontoise l’été dernier avaient peine à en croire leurs yeux.

Il faut croire que Dubois était blessé. Il n’a jamais aidé son équipe, alors qu’elle avait cruellement besoin de lui.

Nikolaj Ehlers a dû se sentir bien seul durant ce balayage aux mains de son ancien entraîneur Dominique Ducharme. Parmi les meilleurs attaquants des Jets, Ehlers a été le seul à se débattre et à offrir un effort digne de l’enjeu.

Les Jets n’ont pas seulement été éliminés par le CH. Ils ont été écrasés, piétinés, sans être capables d’offrir la moindre résistance.

Quel printemps hallucinant vivons-nous!

***

Deux gardiens se serrent la main après la fin de la série.

Carey Price, du Canadien, a complètement éclipsé son rival Connor Hellebuyck, des Jets.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La prochaine équipe qui croisera le fer avec le Canadien sera assurément une véritable machine de guerre.

Ce sera soit l’Avalanche du Colorado, soit les Golden Knights de Vegas. Ils sont dans une bataille de tous les instants qui est égale à deux victoires de chaque côté.

Une série contre l’Avalanche constituerait un premier affrontement entre ces deux organisations depuis que le CH a éliminé les Nordiques au premier tour en... 1993. Et une série contre les Golden Knights opposerait le Tricolore à son ancien capitaine Max Pacioretty.

Dans les deux cas, le CH en aura plein les bras.

Ironiquement, le prochain tour éliminatoire, celui du carré d’as, s'amorcera probablement par la même question que nous nous posions avant la série Canadien-Jets.

Le CH sera-t-il avantagé par la période de repos dont il aura profité, ou ses adversaires seront-ils galvanisés par l’intensité de la série qu’ils viendront tout juste de terminer?

D’ici à ce que la demi-finale commence, puisse Dominique Ducharme rappeler à ses hommes, le plus souvent possible, le sort que viennent de connaître les Jets.

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