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Plusieurs athlètes canadiens n'ont pas le même luxe que les joueurs de la LNH

Elle regarde au loin sur la piste.

Melissa Bishop-Nriagu

Photo : La Presse canadienne / Tim Ireland

La Presse canadienne

À peine deux mois avant qu'elle s'installe sur la ligne de départ aux Jeux olympiques de Tokyo, Melissa Bishop-Nriagu était confinée à domicile pendant 14 jours.

La spécialiste du 800 m a voyagé aux États-Unis à la recherche de courses et de conditions décentes pour répondre au standard olympique. Quand la mission a été accomplie, elle est retournée à Windsor, en Ontario, auprès de son mari, de sa jeune fille et des quatre murs de son gymnase à domicile pendant deux semaines.

Ce n'est pas un scénario idéal, mais c'est le monde dans lequel nous vivons actuellement, a-t-elle dit avant de revenir à la maison en provenance de la Californie.

L'histoire est différente pour les joueurs de la LNH.

Le gouvernement fédéral a annoncé dimanche qu'il allait offrir une exemption de voyage pendant les séries de la LNH, ce qui veut dire que le gagnant de la Division nord, le Canadien de Montréal ou les Jets de Winnipeg, ainsi que son prochain adversaire américain pourront traverser la frontière pour le tour suivant sans avoir à se soumettre à une quarantaine de 14 jours.

La nouvelle a été accueillie avec frustration par d'autres organisations sportives.

Je pense à une athlète comme Melissa, qui a dû se rendre à San Diego pour réussir sa qualification olympique et ensuite revenir en quarantaine. L'impact sur son plan d'entraînement a été énorme, a déclaré Dominick Gauthier, cofondateur de B2dix, un groupe canadien privé qui aide les athlètes d'élite. Et maintenant, ils font ça pour la LNH? C'est enrageant. Je suis frustré pour les athlètes que nous soutenons. C'est la plus grosse insulte de la part de notre gouvernement et je me fous de la raison qu'il nous donne.

Les protocoles de la LNH incluent des tests avant et après les départs pour traverser la frontière. Les joueurs sont confinés à l'hôtel ou à l'aréna. Les joueurs canadiens peuvent rester à leur domicile pendant qu'ils sont au Canada.

Le ministre de l'Immigration Marco Mendicino a mentionné que le gouvernement entendra toutes les autres propositions des sports professionnels au cas par cas.

Les organisateurs du tournoi de qualification olympique de la Fédération internationale de basketball, qui se tiendra à Victoria plus tard en juin, attendent une exemption semblable. Clint Hamilton, le président du comité directeur du tournoi, a déclaré que le plan, préparé avec l'aide du responsable régional de la santé, doit être approuvé par les responsables de santé provinciaux et fédéraux.

Les six équipes qui y participent, dont le Canada, doivent arriver le 25 juin. Les participants doivent ensuite être testés et placés en quarantaine pendant deux jours.

Ils se rendent immédiatement dans un environnement très contrôlé et protégé qui est constitué de l'hôtel, du site d'entraînement et de l'endroit où les matchs sont joués, a affirmé Hamilton. Ils sont suivis et il y a des protocoles très stricts.

Le gagnant de ce tournoi prendra part aux Jeux de Tokyo.

Pendant ce temps, les équipes canadiennes de la Major League Soccer, tout comme les Raptors de Toronto (NBA) et les Blue Jays de Toronto (MLB) doivent disputer leurs matchs à domicile aux États-Unis.

Le défenseur du Toronto FC Chris Mavinga a écrit un gazouillis à la suite de l'annonce de l'exemption accordée à la LNH. Il tentait de faire comprendre au gouvernement fédéral que les membres des équipes canadiennes de la MLS étaient complètement vaccinés et qu'ils aimeraient revenir au pays.

Les Blue Jays disputent leurs parties à domicile à Buffalo, dans l'État de New York, après avoir amorcé la saison à Dunedin, en Floride. Le président de l'équipe, Mark Shapiro, a soutenu la semaine dernière que le scénario le plus facile serait de revenir au Canada lorsque la frontière sera ouverte.

L'équipe canadienne de soccer masculin a déplacé son premier match à domicile à Orlando, en mars, dans sa tentative de se qualifier pour la Coupe du monde. Mardi, contre le Suriname, le Canada élira domicile à Bridgeview, en Illinois.

Si le Canada battait ou faisait match nul contre le Suriname, il passerait au deuxième tour éliminatoire, les 12 et 15 juin. Les représentants de l'unifolié devraient encore disputer le match retour à Bridgeview.

Le gagnant de ce deuxième tour éliminatoire accédera à la phase finale des qualifications de la CONCACAF, qui commenceraient en septembre. Le Canada se mesurerait aux sept formations à deux occasions, ce qui veut dire qu'il y aurait sept matchs à domicile de plus.

Nous cherchons désespérément à retrouver ce sentiment. Les partisans font une énorme différence dans nos matchs à domicile, a insisté l'entraîneur-chef John Herdman. Bien que nous ne puissions pas vivre cette expérience, nous savons que le pays sera derrière nous. Nous devons simplement espérer qu'en septembre, en octobre et en novembre, nous participerons à ces matchs. Pour ce sport, c'est un événement énorme.

Entre-temps, à 46 jours de l'ouverture des Jeux de Tokyo, Gauthier espère que les athlètes et les organisations sportives utilisent leur voix pour demander des exemptions en ce qui concerne les règles de quarantaine. Il soutient que si la quarantaine était réduite de moitié, elle pourrait quand même aider dans la préparation olympique.

Dans certains sports, tu peux être deux semaines dans une chambre d'hôtel ou dans ta cour et ce serait correct. Si tu es un cycliste, tu peux t'entraîner à l'intérieur. Mais dans beaucoup de sports, ça peut être très néfaste d'être coincé à la maison pendant deux semaines. C'est tellement mauvais et les athlètes doivent le dire à mon avis. J'espère qu'ils le feront.

Une citation de :Dominick Gauthier, cofondateur de B2Dix

La quarantaine pourrait également empêcher les athlètes d'équipes olympiques de se voir. Dave Bedford, le président d'Athlétisme Canada, a expliqué que les athlètes qui prennent part aux Championnats de la NCAA, du 10 au 12 juin, ne pourront pas compléter leur quarantaine avant les essais olympiques canadiens, qui s'amorceront le 25 juin à Montréal.

Les 14 jours sont à eux seuls intenables pour les athlètes qui vont compétitionner dans 50 jours, a laissé entendre Bedford. Ça empêche pratiquement ces athlètes de la NCAA de venir aux essais. C'est vraiment difficile et j'ai du mal à comprendre. Quand je regarde les règlements concernant les athlètes de la LNH, la seule différence est qu'ils vont apparemment voler dans des avions privés.

Eric Myles, le directeur des sports du Comité olympique canadien, a mentionné dans un communiqué que le COC espère que les athlètes seront autorisés à se mettre en quarantaine dans une bulle d'entraînement tout en respectant toutes les règles de la santé publique.

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