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Le Japon s'est retrouvé « piégé » à tenir les Jeux, dit Yamaguchi

La médaillée de bronze en judo lors des Jeux olympiques Séoul en 1988, la Japonaise Kaori Yamaguchi.

La médaillée de bronze en judo lors des Jeux olympiques Séoul en 1988, la Japonaise Kaori Yamaguchi

Photo : afp via getty images / YASUYOSHI CHIBA

Associated Press

Le Japon s'est retrouvé « piégé » à organiser les Jeux pendant la pandémie de coronavirus, a affirmé l'une des athlètes olympiques les plus connues du Japon et membre exécutive du Comité olympique japonais dans un éditorial éloquent publié vendredi.

Kaori Yamaguchi affirme que le Comité international olympique, le gouvernement et les organisateurs locaux ignorent l'opposition générale du public japonais aux jeux.

Selon la formulation de la question dans les différents sondages, entre 50 et 80 % des Japonais s'opposent à la tenue des Jeux olympiques.

Nous avons été piégés dans une situation où nous ne pouvons plus rien arrêter maintenant. Nous sommes damnés si nous le faisons, et damnés si nous ne le faisons pas, a-t-elle écrit dans un éditorial publié par l'agence de presse japonaise Kyodo.

Le CIO semble également penser que l'opinion publique au Japon n'est pas importante.

Yamaguchi a remporté une médaille de bronze en judo aux Jeux de Séoul en 1988, et elle est également une ancienne championne du monde. Elle enseigne à l'Université de Tsukuba.

À quoi serviront ces Jeux olympiques et pour qui? questionne-t-elle. Les Jeux ont déjà perdu leur sens et sont organisés juste pour eux. Je pense que nous avons déjà raté l'occasion de les annuler.

Le Japon a officiellement dépensé 15,4 milliards de dollars américains et les vérifications gouvernementales indiquent que cela pourrait être le double.

Le CIO tire près de 75 % de ses revenus de la vente de droits de diffusion. Ses revenus sont au point mort depuis le report d'un an des Jeux olympiques de Tokyo, et les estimations suggèrent qu'il pourrait perdre de 3 à 4 milliards de revenus de diffusion si les JO étaient annulés.

Les spectateurs de l'étranger ont déjà été interdits à Tokyo.

Inconfort

Vendredi, lors de son breffage hebdomadaire, la présidente du comité d'organisation, Seiko Hashimoto, a indiqué que les organisateurs suivraient les directives du gouvernement concernant la présence de spectateurs locaux. Cette décision est attendue le 20 juin, à l'expiration de l'état d'urgence à Tokyo.

Kengo Sakurada, chef de l'association des dirigeants d'entreprise au Japon, a mentionné jeudi qu'aucun spectateur ne devrait être autorisé.

Beaucoup de gens se sentent extrêmement mal à l'aise quant à la sécurité de la tenue des Jeux olympiques, a-t-il déclaré. Même si les infections ralentissaient, l'absence de spectateurs devrait être la règle.

On a demandé à Hashimoto si les Jeux olympiques étaient sûrs à 100 % d'avoir lieu. Le CIO et les organisateurs ont répété qu'ils auront lieu et des sites sont en train d'être mis en service pour l'ouverture, le 23 juillet.

Le vice-président du CIO, John Coates, a même affirmé que les Jeux olympiques auraient lieu même en cas d'état d'urgence.

Mme Hashimoto a quelque peu éludé la question.

Que ce soit à 100 % ou pas, on m'a posé cette question à plusieurs reprises, a-t-elle dit. Si le CIO et le gouvernement métropolitain de Tokyo jugent que c'est difficile, alors c'est aussi notre mission de réagir à un tel constat.

Elle a également rappelé que la visite du président du CIO, Thomas Bach, annoncée pour le 12 juillet par M. Coates, était désormais incertaine.

Rien n'est décidé.

La visite prévue de M. Bach à Hiroshima en mai a été annulée, car de nombreuses régions du Japon étaient en état d'urgence.

Le plan du CIO est d'amener 15 000 athlètes olympiques et paralympiques de plus de 200 pays et territoires à Tokyo, de les séquestrer dans une bulle au village olympique, de les laisser concourir, puis de les faire sortir du Japon dans les deux jours après leur compétition.

Des dizaines de milliers d'autres visiteurs seront également sur place : entraîneurs, juges, officiels, diffuseurs, journalistes et membres de la soi-disant famille olympique.

Le sport que nous connaissons est une grande industrie maintenant, a reconnu Mme Hashimoto. Mais même avec ces jeux industrialisés, il y a des athlètes, des athlètes purs qui ont tout fait pour se préparer à ces Jeux. Pour nous, fournir une tribune aux athlètes pour montrer ce qu'ils ont fait est également une autre mission des Jeux olympiques de Tokyo.

Pression

Le Dr Shigeru Omi, haut conseiller médical du gouvernement japonais et ancien directeur régional de l'Organisation mondiale de la santé, continue à presser le premier ministre Yoshihide Suga d'expliquer pourquoi les Jeux olympiques devraient avoir lieu.

S'exprimant lors d'une session parlementaire jeudi, il a lancé que la tenue des Jeux au milieu de la pandémie est anormale. Vendredi, également au Parlement, il a dit que la tenue des Jeux olympiques s'il y avait toujours un état d'urgence en place devrait être évitée.

Il est crucial que nous ne laissions pas les Jeux olympiques provoquer un flux de personnes, a dit le Dr Omi.

Le Japon recense environ 13 000 décès liés à la COVID-19. Moins de 3 % de la population a été entièrement vaccinée et le déploiement est très lent.

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