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Scheifele, la LNH et l'occasion d'envoyer un « message clair »

Mark Scheifele a écopé de quatre matchs de suspension, trop peu selon certains.

Scheifele a l'air estomaqué en voyant son adversaire au sol.

Mark Scheifele, immédiatement après avoir brutalement mis en échec Jake Evans. Il a finalement écopé de 4 matchs de suspension pour son geste.

Photo : Getty Images / David Lipnowski

Pierre-Yves Robert

Le hockey est un sport robuste et les séries décuplent le niveau d'intensité des matchs, mais une sanction sévère contre Mark Scheifele pour son coup vicieux contre Jake Evans s'imposait afin d'envoyer un « message clair » sur la responsabilité qui doit habiter les joueurs, selon l'agent Marc Lavigne et le député Enrico Ciccone.

Invité à commenter la violente mise en échec qui a assombri la fin du premier match de la série de deuxième tour entre les Jets de Winnipeg et le Canadien de Montréal, l'agent de joueurs Marc Lavigne, du groupe Roy Sports, voyait là l'occasion pour la Ligue nationale de hockey (LNH) de sévir contre un geste inacceptable.

J'étais sous le choc... C'est un coup gratuit qui aurait pu être évité. Scheifele aurait pu éviter le contact et ça n'aurait rien changé ni au jeu ni au résultat de la rencontre.

Convié à s'expliquer lors d'une audience téléphonique, Scheifele s'exposait à un maximum de cinq matchs de suspension, ce qui correspondait aux attentes de Lavigne.

La suspension de cinq matchs serait appropriée, parce que ça lancerait un message clair que c'est un geste inacceptable, a expliqué Marc Lavigne en entretien avec Radio-Canada Sports jeudi matin. Tant et aussi longtemps qu'il n'y aura pas de punition sévère, ça ne fera pas assez réfléchir les joueurs.

La vedette des Jets a finalement reçu une suspension de quatre rencontres.

Au hockey, c'est comme toute autre chose dans la vie : quand tu ne fais pas face à des conséquences, les choses ne risquent pas de se régler.

Une citation de :Marc Lavigne

Pour modifier la sempiternelle culture du hockey qui gangrène le sport, qui s'est malheureusement manifestée en saison comme dans les séries éliminatoires, Marc Lavigne estime qu'un dialogue doit s'ouvrir entre tous les acteurs du milieu, des joueurs aux entraîneurs en passant par le personnel médical, dans un effort de groupe pour faire évoluer les mentalités.

Il faut ouvrir le dialogue et que les joueurs coupables d'infractions soient punis. Tout le monde doit s'appuyer là-dedans, incluant les équipes médicales pour démontrer aux joueurs les effets négatifs que des coups du genre peuvent avoir à long terme.

À son avis, le livre des règlements de la LNH laisse place à l'interprétation. Cela rend difficile son application constante selon la subjectivité de chacun. Mais certaines situations laissent moins de place au doute que d'autres et devraient servir de baromètre sur les limites de l'acceptable pour les coups d'épaule.

Quand un joueur est en position vulnérable, il faut éviter la mise en échec à la tête. On voit de plus en plus de joueurs vivre avec des problèmes de santé dans leur après-carrière à cause de coups dangereux, explique-t-il. Quand on assiste à des gestes comme celui de mardi, je pense que c'est l'exemple de ceux que l'ont doit absolument éviter.

« Il faut travailler en amont »

Son de cloche semblable du côté d'Enrico Ciccone, député libéral de Marquette et ancien joueur de la LNH réputé pour sa robustesse.

Il reçoit des poignées de main à l'Assemblée nationale.

Ancien joueur du Canadien de Montréal, Enrico Ciccone (au centre) est député à l'Assemblée nationale du Québec depuis 2018.

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

Selon Ciccone, qui milite contre les bagarres au hockey chez les jeunes, le coup de Scheifele à l'endroit d'Evans était l'occasion pour la LNH de créer une jurisprudence sur les assauts en glace libre. À son avis, ce geste d'une violence inouïe était un coup sans précédent, une charge jamais vue malgré ses 18 années à titre d'analyste et 10 saisons en tant que joueur.

Pour lui, Scheifele aurait mérité une audience en personne, ce qui l'aurait exposé à une suspension de plus de cinq matchs.

Moi, j’aurais demandé plus, parce que justement il faut prévoir, il faut travailler en amont.

Une citation de :Enrico Ciccone

Il regrette également le travail des arbitres, trop peu sévères pendant la rencontre. Mark Scheifele répétait les gestes de frustration. Cet autre manque de travail en amont fait également partie de la culture toxique du hockey, selon lui.

On voyait que Scheifele menait du tapage et traversait la ligne de la légalité de temps en temps... Il aurait pu recevoir quelques avertissements de la part des arbitres, mais ils ne l'ont pas fait. Les arbitres sont là pour protéger les joueurs sur la glace et cette mise en échec est le résultat [de ce manque de sévérité, NDLR].

Entrevue avec Enrico Ciccone

L'homme de 51 ans rappelle aussi les dangers auxquels s'exposent les joueurs. Il affronte lui-même quotidiennement les conséquences physiques et psychologiques de son passé de hockeyeur professionnel.

Je me lève chaque matin et je me demande, avec les commotions cérébrales que j'ai eues : ''Est-ce que je vais commencer à faire de la démence? Est-ce que je vais commencer à faire de l'alzheimer prématurément?''

Pour l'instant, Ciccone se dit déçu de la mollesse du comité de discipline de la ligue et de son préfet George Parros, qui aurait dû envoyer un message très clair en écartant Mark Scheifele du jeu pour une longue période.

La LNH est là pour plaire à ses fans, et les partisans aiment le jeu physique, la violence, voir des bagarres. Gary Bettman [le commissaire, NDLR] est un homme d'affaires qui veut générer de l'argent pour les propriétaires.

C'est sévère ce que je dis, mais ce qui est vendeur, c'est du sang.

Une citation de :Enrico Ciccone

La culture du hockey changera uniquement avec une plus grande sensibilisation et une meilleure éducation, croit Ciccone, un travail qui commence dans les maisons, avec les parents.

En attendant, il met en garde tous les joueurs de la LNH de toujours se protéger, parce qu'on ne sait jamais quand un écervelé, ou un joueur étoile, peut avoir une crampe au cerveau et servir un coup d'épaule d'une violence inouïe, comme on l'a vu mercredi.

Avec les informations d'Antoine Deshaies

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