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Un championnat du monde de judo pas comme les autres

Deux judokas se battent sur le tatami.

Le judoka canadien Shady El Nahas (en bleu) participe aux championnats du monde.

Photo : Getty Images / JACK GUEZ

Alexandre Coupal

Du 6 au 13 juin prochains auront lieu les Championnats de monde de judo à Budapest en Hongrie. Normalement, c’est un rendez-vous qui est le point d’orgue de la saison. Pas cette année.

L'objectif de la saison, c'est les Jeux olympiques. C'est un championnat du monde qui n'en est pas un d'une certaine manière, dans le sens que ce n’est pas l'objectif ultime. C'est particulier, c'est la première fois dans l'histoire du judo qu'il y a un championnat du monde dans une année olympique, explique le directeur général de Judo Canada, Nicolas Gill.

La compétition ne s’en trouve pas moins importante, et en raison des nombreux enjeux de qualifications pour les Jeux olympiques, elle l’est peut-être même davantage.

On sent le stress. À ce stade-ci, il y a quatre compétitions internes. C'est une première pour nous depuis très longtemps. Ce stress-là est bien présent et je pense que tout le monde a hâte que ça se termine. Notre processus de sélection est déjà long en partant, 70 tournois étalés sur 24 mois. On en a rajouté une douzaine de tournois sur un 12 mois additionnels, confirmé à coup de deux semaines de préavis. C'est quasi une course sans fin pour les athlètes et on finit ça par un championnat du monde qui peut tout bouleverser. Ça a été une année pas évidente pour les athlètes.

Ça a été un gros défi psychologique d'être dans cette course-là, d'avoir ton partenaire d'entraînement qui est en compétition directe contre toi, dans une situation remplie d'incertitude ou tous les repères des athlètes ont été mis de côté.

Une citation de :Nicolas Gill

Les performances réalisées aux Mondiaux généreront des points au classement général pour les judokas, et ultimement, selon les calculs, confirmeront les places de ceux et celles qui participeront aux Jeux. Un seul représentant par pays, par catégorie de poids, femmes et hommes, classé dans le top 18 mondial.

Les résultats peuvent avoir une grande influence, ou pas du tout, laisse tomber le patron du judo au pays.

Lutte sans merci

Le choc le plus attendu, dont l’issue sera assurément scellée, est celui qui opposera Christa Deguchi à Jessica Klimkait, respectivement première et deuxième au monde chez les -57 kg. Celle qui réalisera la meilleure performance aux Championnats du monde représentera le Canada à Tokyo.

Quand les règles ont été modifiées au printemps dernier, on n’aurait jamais soupçonné qu'il y aurait un championnat du monde six semaines avant les Jeux olympiques.

Le but c'est qu'on ait la meilleure athlète présente aux Jeux olympiques, et pas la meilleure trois mois avant, mais la meilleure à l'été 2021. Et la philosophie derrière ça est là.

Christa Deguchi (de dos, en bleu) face à Jessica Klimkait

Christa Deguchi (de dos, en bleu) face à Jessica Klimkait

Photo : IJF

Jessica Klimkait s’entraîne à Montréal, sous les yeux de Nicolas Gill.

Les deux ont une pression additionnelle, plus de stress, et je pense que c'est apparent. C'était prévisible, et l'inverse aurait été plutôt inquiétant. Dans le cas de Jessica, sa préparation s'est excessivement bien déroulée jusqu'à présent. Elle a fait tout ce qu'elle devait pour être prête. Normalement, tout est en place pour elle pour performer.

Christa Deguchi est établie au Japon. Elle détient la double nationalité.

Aux dernières nouvelles, tout allait bien. Il y a eu des cas de COVID dans son complexe d'entraînement. Elle a dû modifier quelques sessions d'entraînement. C'est le sport en temps de pandémie, mais tout semblait, somme toute, se dérouler très bien. Dans cette situation, et c'est ce que je leur ai dit, elles se sont comportées d'une façon excessivement professionnelle. Elles ont été très respectueuses de l'une et l'autre et je pense que ce sera une super course jusqu'à la fin, et ce sera l'un des moments forts de ces championnats du monde.

Leur niveau de performance au cours des trois dernières années a été exceptionnel. Probablement trois des plus belles saisons que nos athlètes ont pu faire dans notre histoire.

Une citation de :Nicolas Gill

Les deux devaient initialement s'affronter dans un combat de barrage pour déterminer qui irait aux Jeux. Devant l’impossibilité d’organiser un tel combat, en raison des restrictions sanitaires, avant les Mondiaux, Judo Canada a décidé d’utiliser ceux-ci pour les départager. Et c’est peut-être mieux comme ça.

Je pense que oui. C'est la tâche qu'elles devront accomplir aux Jeux olympiques.

Pour les trois autres catégories où deux athlètes canadiens sont en lice pour l’unique billet, un combat de barrage pourrait être organisé le 3 juillet advenant que deux judokas retrouvent dans une section équivalente du top 18 mondial. C’est le cas pour Étienne Briand et Antoine Valois-Fortier chez les -81 kg et Shady El Nahas et Kyle Reyes chez les -100 kg.

Les défis de la pandémie

C’est également le cas pour Arthur Margelidon et Antoine Bouchard chez les -73 kg. Margelidon avait présenté un test positif à la COVID à son retour de Turquie en avril dernier. Rétabli depuis, il devait s’envoler avec le reste de l'équipe vers la Hongrie, mais un faux positif l’en a empêché. Son coéquipier Antoine Bouchard a subi le même sort.

Il porte un judogi blanc et agrippe un adversaire

Arthur Margelidon

Photo : Thomas Taylor/Judo Canada

Ce que l'on comprend, c'est qu'une fois qu'on a eu la maladie, il y a des individus qui sont susceptibles de retester positif jusqu'à trois mois après l'avoir eu, même s'ils ne sont plus contagieux et qu'ils ne sont plus malades. Les règles de participation, évidemment, ne permettent pas de rentrer au pays sans avoir en sa possession deux tests négatifs dans les cinq jours précédant le départ, explique Gill.

Mais, les aléas de la pandémie ont marqué la saison, et l'équipe est maintenant habituée à évoluer dans un univers où les règles sanitaires changent.

On connaît bien les risques. On connaît les difficultés. J'espère que les meilleurs athlètes sont sélectionnés pour les Jeux et que tout le monde rentrera le plus vite possible, sain et sauf.

Une autre habitude qui a été développée cette année est celle de combattre à huis clos, perspective plus que probable pour les Jeux.

C'est la partie qui risque d'être un rendez-vous manqué. Le judo vient du Japon. La première apparition du judo aux Olympiques, c'est en 1964, à Tokyo. Les Jeux en 2021 auront lieu au même centre qu'en 1964. Ce qui aurait été un moment historique pour le judo, on peut mettre une croix là-dessus.

Mais avant, il faudra attendre la fin des Mondiaux, et sortir les calculatrices pour pouvoir annoncer ce qui devrait être une des équipes canadiennes de judo les plus prometteuses de l’histoire.

Radio-Canada Sports présente en webdiffusion les championnats du monde de judo Cliquez ici pour les détails sur notre calendrier de diffusions.

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