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« Être entourée de toutes ces femmes, c'était cool » - Simona de Silvestro

Elle est dans son auto.

Simona de Silvestro dans la ligne des puits à Indianapolis avec deux membres de l'équipe Paretta Autosport

Photo : Paretta Autosport - Indycar

La pilote suisse Simona de Silvestro a dû abandonner à 30 tours de l'arrivée des 500 milles d'Indianapolis, mais elle n'a que des éloges à faire aux femmes de l'équipe Paretta Autosport qui ont fait leur travail malgré une pression énorme.

Quand Radio-Canada a joint Simona de Silvestro à Indianapolis, mardi, elle faisait sa valise pour retourner dans son pays.

Dimanche, sa course s'est terminée au 170e tour quand un problème de freins l'a obligée à abandonner à son dernier arrêt. De sa 33e place au départ, elle avait réussi à remonter à la 21e.

Au dernier stop, on a eu un problème avec la pédale de frein qui est allée au fond, ce n’était pas idéal et j’ai perdu la voiture en entrant dans les puits, explique-t-elle en français. Il y a quelques autres voitures qui ont eu ce problème, mais c’est un peu frustrant que ce soit arrivé à nous, car on aurait pu finir dans le top 12.

Si j’avais vu venir le problème, j’aurais été encore plus prudente dans les puits, dans le dernier stop. Les quatre stops d’avant, il n’y avait eu aucun problème, rappelle-t-elle.

Elle roule près du mur.

La monoplace no 16 de Simona de Silvestro à Indianapolis

Photo : Paretta Autosport - Indycar

Elle roulait pour l'équipe de Beth Paretta, avec le soutien technique de Team Penske, pour promouvoir le programme Race for Equality & Change (course pour l'égalité et le changement).

L'équipe n'existait que depuis six mois quand les essais libres des 500 milles d'Indianapolis ont commencé, en mai. Elle se préparait spécifiquement pour cette course avec un groupe de femmes, formées et motivées, et qui constituaient 70 % du personnel de l'équipe, notamment pour celle de course.

Ç'a été vraiment une aventure spéciale. Tout le monde qui a été inclus dans ce projet a vraiment travaillé fort, ajoute la pilote suisse. Il y avait des femmes qui n’avaient aucune expérience, donc elles ont appris beaucoup des quatre derniers mois. C’était la première fois qu’il y avait autant de femmes autour de moi.

Tout le monde était super motivé, et les filles réalisaient la chance qu’elles avaient d’être dans cette situation.

Pas beaucoup d'équipes auraient donné la chance à toutes ces femmes.

Une citation de :Simona de Silvestro, pilote automobile
Trois femmes s'affairent sur la voiture de Simona de Silvestro.

L'équipe Paretta Autosport au travail dans les puits

Photo : Indycar / Joe Skibinski

Le mois de mai a été assez intense. Et avec le travail que tout le monde a fait, le bilan est positif, affirme-t-elle. Mais c’est sûr qu’on aurait voulu finir la course sur un bon résultat. La course en elle-même s’est bien déroulée, on a pu avancer, la voiture était vite. On a pu dépasser des voitures sur la piste, ce qui est vraiment bien.

C'est surtout lors des jours de qualification que Simona de Silvestro a senti que l'équipe voulait prouver quelque chose.

On n’avait pas pensé que la qualification serait aussi dure. Les émotions étaient assez extrêmes, reconnaît l'athlète de 32 ans. C’était spécial pour elles d'être au speedway. Toutes les émotions pendant les deux semaines, pour tenter de se qualifier, c’est incomparable, et c'est difficile à gérer.

Elles s'enlacent après avoir réussi à qualifier la voiture no 16 de l'équipe Paretta Autosport.

Simona de Silvestro et Beth Paretta (de dos)

Photo : Indycar / Joe Skibinski

En qualification, le samedi, on a fait deux runs (deux sorties de quatre tours chacune), et les filles savaient ce qu’elles devaient faire, dans une situation où il y avait beaucoup de pression pour réussir. Et vraiment tout le monde a fait ça super bien.

L'équipe Paretta Autosport a réussi à se qualifier à la 33e place, lors du Bump Day, en battant au chrono deux autres équipes. Être sur la grille de départ, c'est avoir le privilège, et le stress, de participer à la course des 500 milles d'Indianapolis, avec tout le faste qu'y mettent les Américains.

J’ai vraiment essayé de vivre le moment, car je me disais, c’est peut-être la dernière fois que je roule à Indianapolis, admet-elle. Plus on vieillit et plus on est conscient de la chance qu’on a d’y participer.

Casquée et en combinaison, elle salue la foule du bras droit à Indianapolis.

Simona de Silvestro

Photo : Indycar / Joe Skibinski

Les organisateurs avaient rempli les gradins à 40 %, soit 135 000 personnes. Un élément de plus à gérer pour les femmes de l'équipe qui avaient eu le temps de répéter leur rôle respectif.

Les filles se réveillaient tous les jours à 4 h du matin pour pratiquer les arrêts aux puits avant d'aller à leur job normal, fait remarquer la pilote suisse. Il y a eu de leur part un engagement total. Le jour de la course, pour la première fois, elles ont fait des arrêts aux puits devant 130 000 personnes qui les regardaient, avec toute la pression qu’elles avaient.

L'équipe travaille autour de la voiture.

Simona de Silvestro aux puits durant les 500 milles d'Indianapolis

Photo : Indycar / Michael Levitt

Dans les puits, elles ont montré qu’elles pouvaient être aussi vites que les hommes. C’est vraiment cool à voir ça. Et, pour moi, c’est cool de faire partie de ce changement.

Les filles ont montré qu’elles méritaient d’être là.

Une citation de :Simona de Silvestro, pilote automobile

C’était incroyable de voir autant de gens, explique-t-elle. Surtout après un an et demi où il y n’avait vraiment personne sur les circuits. C'était super cool. Sur le plan des émotions, tout le monde a bien géré.

Le programme Race for Equality & Change a eu droit à une belle couverture médiatique, estime Simona de Silvestro.

Je pense qu’on a atteint nos objectifs. Honnêtement, beaucoup de gens ont parlé du projet, le programme était vraiment positif. Et, à travers lui, il y a eu une belle prise de conscience des gens, affirme-t-elle. Notre association avec Team Penske a donné au programme encore plus de crédibilité.

Bien sûr, on aurait aimé finir dans le top 10, mais pour une équipe qui a été construite il y a six mois, je pense qu’on peut être fières de ce qu’on a fait.

Elle met des écouteurs dans ses oreilles.

Simona de Silvestro n'a peut-être pas dit adieu à l'IndyCar.

Photo : Paretta Autosport - Indycar

Simona de Silvestro retrouve sur le continent européen la marque Porsche qui lui avait permis de participer à l'Indy 500, et pour laquelle elle est pilote d'usine, en catégorie GT (comme titulaire) et en formule E (comme pilote d'essais et de réserve).

Le dernier mois passé dans l'Indiana lui a donné le goût de retrouver les circuits de l'IndyCar.

J’ai fait partie de ce programme, et l’IndyCar, c’est toujours quelque chose qui me tient vraiment à cœur. Faut voir avec les calendriers, il faudrait que Porsche me laisse faire d’autres courses. Mais c’est sûr que j’essaierai de revenir, oui.

Je pense que le but de Beth (Paretta), c’est de faire d’autres courses en IndyCar. On a fait le premier pas. Et pour l’IndyCar, on a montré que c’était une bonne chose de voir ce team de femmes.

On a toutes l’espoir que ça continue et qu’on puisse encore montrer ce qu’on peut faire. On verra comment les choses se développent. Mais pour l’instant, c'est full focus sur le GT avec Porsche.

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