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Naomi Osaka se retire de Roland-Garros

Naomi Osaka au Japon

Naomi Osaka au Japon

Photo : Getty Images / KAZUHIRO NOGI

Radio-Canada

Menacée d'expulsion de Roland-Garros si elle continuait de boycotter les conférences de presse, la no 2 mondiale Naomi Osaka a plutôt choisi de se retirer du tournoi lundi.

Dans un long billet publié sur Twitter, Osaka dit qu'elle s'éloignera des courts pour un moment et affirme qu'elle a souffert de dépression après les Internationaux des États-Unis en 2018. Elle avait alors vaincu Serena Williams au bout d'une finale controversée et avait été la cible de huées du public new-yorkais.

Avant les Internationaux de France, la Japonaise avait choisi de ne pas assister aux conférences de presse d'après-match qui, disait-elle, nuisent à sa santé mentale. Elle affirme cependant qu'elle ne s'attendait pas à ce que l'histoire prenne une telle ampleur et veut faire partie de la solution.

C’est la meilleure chose à faire pour le tournoi, les autres joueurs et moi-même que je me retire, a écrit Osaka. Je n’ai jamais voulu être une distraction et j’admets que mon message aurait pu être plus clair et le moment être mieux choisi.

À Paris, je me sentais déjà vulnérable et anxieuse, alors j’ai pensé que la meilleure solution pour prendre soin de moi était de ne pas participer aux conférences de presse.

Une citation de :Naomi Osaka

Même si la presse qui couvre le tennis a toujours été bienveillante envers moi (et je présente mes excuses à tous les journalistes sympathiques que j'ai pu offenser), je ne suis pas à l'aise pour parler en public et je ressens d'immenses vagues d'anxiété quand je dois m'adresser à la presse mondiale, précise la joueuse de 23 ans.

Nous sommes désolés et tristes pour Naomi Osaka, a dit le président de la Fédération française de tennis, Gilles Moretton. Le retrait de Naomi de Roland-Garros est une issue malheureuse. Nous lui souhaitons le meilleur et le plus prompt rétablissement possible et nous espérons revoir Naomi à notre tournoi l'année prochaine.

Comme tous les autres tournois du grand chelem, la WTA, l’ATP et l’ITF, nous restons très attentifs au bien-être de tous les athlètes et nous nous engageons à continuer d’améliorer tous les aspects de l’expérience des joueuses et des joueurs dans notre tournoi, y compris avec les médias, comme nous avons toujours veillé à le faire, a-t-il ajouté.

La joueuse, qui se décrit comme une introvertie, dit d'ailleurs avoir écrit aux organisateurs pour leur présenter ses excuses et les assurer qu'elle serait plus qu'heureuse de discuter avec eux après la fin du tournoi.

Je vais prendre du temps loin des terrains. Mais quand le moment sera opportun, je veux discuter avec les dirigeants pour améliorer les choses avec les joueurs, la presse et les amateurs [...] Je vous aime et on se reverra quand on se reverra, a conclu Osaka.

Des appuis de taille

La légendaire ancienne joueuse Billie Jean King lui a apporté son soutien sur Twitter en soulignant l'incroyable bravoure nécessaire pour parler de ses périodes de dépression.

Pour l'instant, l'important, c'est de lui accorder l'espace et le temps qu'il lui faut, a-t-elle aussi écrit. On lui souhaite bonne chance.

L'Américaine Serena Williams, 24 fois championne d'un tournoi du grand chelem, comme l'est celui de Roland-Garros, lui a également apporté son soutien, estimant que la Japonaise mérite de gérer la situation comme bon lui semble.

Je compatis avec Naomi. J'ai dû participer à plusieurs conférences de presse où il était vraiment difficile de monter au podium. Ces moments m'ont rendue plus forte. Mais ce n'est pas tout le monde qui réagit de la même façon, a déclaré Serena Williams après son match de lundi.

J'aimerais pouvoir lui faire une accolade parce que je comprends ce qu'elle ressent.

Une citation de :Serena Williams

Williams considère aussi que la santé mentale des athlètes devrait être une plus grande priorité de la WTA, l'organisme qui chapeaute le tennis féminin professionnel. À son avis, un comité dédié à la santé mentale ou une personne ressource mandatée par la WTA représentent des solutions envisageables pour aider les athlètes à gérer l'anxiété qui crible parfois leurs performances au fil de la saison.

Je crois que c'est important d'avoir conscience de l'existence de cette pression, a-t-elle ajouté, saluant au passage la discussion lancée par Naomi Osaka

Les conférences de presse, un modèle à revoir?

Joint par Radio-Canada Sports, le directeur de l'Omnium Banque Nationale, Eugène Lapierre, a affirmé qu'il demeure convaincu de la nécessité d'une couverture de presse telle qu'on la connaît.

Il se dit cependant ouvert au dialogue et à ce que le modèle soit revu.

Ça fait partie du show-business du sport professionnel, a indiqué Lapierre en entrevue. On doit conserver cette portion-là. Est-ce qu'on peut le faire de la façon la plus respectueuse et humaine possible? Oui. Si on peut améliorer la chose, certainement.

Quand les médias font bien leur travail, ils vont chercher des informations pertinentes pour les amateurs à la suite des performances des athlètes, et c’est ce qu’on veut.

Une citation de :Eugène Lapierre

Elle voulait forcer un changement, dit son entraîneur

Selon son entraîneur Wim Fissette, Osaka veut utiliser son statut de joueuse vedette pour changer les choses.

Dimanche, les officiels des Internationaux de France ont menacé la numéro 2 mondiale de disqualification si elle persistait à boycotter les rencontres de presse.

Naomi a la possibilité d'utiliser son statut pour aborder les problèmes et lancer des choses, a expliqué l'entraîneur belge au magazine allemand Der Spiegel.

Elle sait qu'il est important de parler à la presse. Elle ne boycotte pas les médias pour elle seule, mais elle est préoccupée par des questions fondamentales, et elle veut provoquer un changement.

Aux États-Unis, les athlètes veulent plus de liberté dans leurs rapports avec la presse, a ajouté l'entraîneur.

On ne les menace pas tout de suite d'une sanction s'ils ne se sentent pas bien pendant une journée, a-t-il assuré.

Naomi Osaka a franchi le premier tour dimanche en battant Patricia Maria Tig (63e) 6-4, 7-6 (7/4). La Japonaise devait affronter Ana Bogdan (102e) mercredi.

Avec les informations de Agence France-Presse

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