•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le monde du sport se questionne après la pause médiatique de Naomi Osaka

Une joueuse de tennis regarde tristement sa raquette.

Naomi Osaka

Photo : Getty Images / Clive Brunskill

Geneviève Tardif

La joueuse de tennis Naomi Osaka boycottera les conférences de presse à Roland-Garros pour préserver sa santé mentale. Sa décision a eu l’effet d’une bombe dans la planète tennis et dans le monde du sport en général.

Pour le vice-président de Tennis Canada et directeur de l'Omnium Banque Nationale, Eugène Lapierre, Naomi Osaka voulait provoquer une discussion sur un sujet qui la rendait inconfortable et, pour cela, nous devons la prendre au sérieux.

C’est une décision osée de l'une des athlètes les plus rafraîchissantes du tennis. J’ai vu parfois des journalistes poser des questions choquantes, les athlètes sont vraiment fâchés, j’ai vu de l’intimidation dans des salles d’entrevues. De quelle façon on peut gérer cette chose-là? Je ne sais pas. Elle a apporté quelque chose d’intéressant pour améliorer le processus. Il ne faut pas le prendre à la légère, il faut avoir la discussion.

Une citation de :Eugène Lapierre, vice-président de Tennis Canada et directeur de l'Omnium Banque Nationale
Il sourit en regardant le journaliste à la droite de l'écran.

Le directeur de l'Omnium Banque Nationale à Montréal, Eugène Lapierre

Photo : Radio-Canada Sports

L’ancienne joueuse Valérie Tétreault, maintenant directrice des communications à Tennis Canada, croit au contraire qu’il faut faire face à ses responsabilités médiatiques et rappelle que le tennis professionnel accommode bien les joueurs.

Si toutes les joueuses dans sa position se mettaient à faire ça, c'est les amateurs qui en payeraient le prix, lance-t-elle. Ils ont déjà le droit d'attendre 30 minutes avant leur conférence de presse, tandis qu'il y a d'autres sports où tu n'as pas le droit d'avoir ce temps-là. Le compromis fonctionne quand même bien, les joueurs doivent le réaliser qu'on fait déjà des compromis.

Plusieurs joueurs de tennis se sont d’ailleurs exprimés sur le sujet à Roland-Garros et croient, eux aussi, que de répondre aux journalistes fait partie de leur métier. C’est le cas de la numéro un mondiale Ashleigh Barty et de Rafael Nadal, favori pour remporter le titre pour la 14e fois à Paris.

La presse fait partie du boulot. On sait dans quoi on s’embarque en tant que joueur de tennis professionnel, a dit Barty.

Sans la presse, sans les gens qui voyagent pour écrire sur nous, nous ne serions pas les athlètes que nous sommes aujourd'hui. On n'aurait pas la même reconnaissance, la même popularité. Les médias sont une partie importante de notre sport, ajoute Rafael Nadal.

Un joueur s'apprête à soulever un trophée qu'il tient près de lui.

Rafael Nadal

Photo : Getty Images / Clive Brunskill

Le président de la Fédération française de tennis, Gilles Moretton, n’a pas mâché ses mots pour réagir à l’annonce d’Osaka, allant même jusqu’à l’accuser de faire du mal au sport. Eugène Lapierre, lui, n'y voit pas du négatif pour le tennis, bien au contraire.

Ça me dit que le tennis a une importance majeure à travers le monde, le public le suit de plus en plus. Sa déclaration n’est pas une mauvaise nouvelle pour le sport. Naomi a lancé une bombe qui va stimuler encore plus l’intérêt des médias!

Une citation de :Eugène Lapierre

L'ancien athlète olympique Jean-Luc Brassard salue ceux qui ne restent pas silencieux. Il a déjà donné des conférences pour aider les athlètes à être prêts à parler aux médias aux Jeux olympiques, après avoir beaucoup appris de son expérience aux Jeux de Nagano en tant que porte-drapeau à la cérémonie d’ouverture. Il leur proposait un plan de match si certains voulaient s’exprimer sur un sujet plus sensible.

Il y a autant de journalistes que d’athlètes aux Jeux. Tu fais une déclaration dynamite avant les Jeux et il va y avoir des échos partout dans le monde, explique-t-il. Ce que je leur dis, c’est : "Essayez de vous concentrer sur votre part, essayez d’aller chercher une médaille et parlez après. Vous allez attirer des journalistes intéressés pour vos propos." Je souhaite à Osaka qu’elle fasse une conférence de presse après le tournoi et qu’elle s’explique.

Un athlète à la tête d'une délégation salue la foule de la main.

Jean-Luc Brassard, porte-drapeau à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Nagano (Photo : La Presse canadienne/Paul Chiasson)

Photo : Radio-Canada

La prise de position de l'athlète féminine la mieux payée du monde résonne dans d'autres sports, comme au hockey. Le vice-président affaires publiques et communications du Groupe CH, Paul Wilson, a repartagé le message d’Osaka sur Twitter et affirme avoir des discussions au sujet des conférences de presse du Canadien, surtout après que Jonathan Drouin eut décidé de prendre congé de l'équipe pour des raisons personnelles.

Le geste était puissant de la part d'Osaka. Nous, on vit ça quotidiennement depuis le début de la pandémie. Les journalistes scrutent chaque nouvelle. Un joueur, quand ça va moins bien, les journalistes vont gratter le bobo, les réseaux sociaux leur rentrent dedans, c’est vraiment intense. Est-ce qu'il y a un moyen de revoir la manière dont on fait ça? C’est un débat intéressant.

Une citation de :Paul Wilson, v.-p. affaires publiques et communications du Groupe CH

La WTA a indiqué par communiqué être prête à engager le dialogue avec Osaka et avec toutes les joueuses pour discuter d'autres approches possibles. Reste à voir maintenant quelles seront les solutions prises par l’association.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !