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L'état d'urgence prolongé au Japon, Tokyo envisage les JO à huis clos

Vue d'ensemble de l'extérieur du  centre Nippon Budkoan

Le centre Nippon Budokan à Tokyo où auront lieu les épreuves de judo.

Photo : afp via getty images / CHARLY TRIBALLEAU

Associated Press

La présidente du comité organisateur de Tokyo a laissé entendre que l'accès aux sites pourrait être interdit aux spectateurs lorsque les Jeux olympiques s'ouvriront dans un peu moins de deux mois. La décision sera prise entre les 20 et 23 juin.

La décision d'interdire les spectateurs venant de l'étranger a déjà été prise. Reste à prendre celle d'imposer le huis clos.

Or, le gouvernement japonais a décidé, vendredi, de prolonger l'état d'urgence jusqu'au 20 juin parce que les cas de COVID-19 continuent de mettre le système médical sous pression.

L'état d'urgence devait être levé lundi. Sa prolongation à Tokyo, à Osaka et dans d'autres préfectures remet en question la tenue même des JO. Mais les organisateurs et le CIO insistent sur le fait qu'ils iront de l'avant.

La perspective d'un huis clos complet devient de plus en plus probable.

Nous aimerions prendre une décision dès que possible (concernant les spectateurs), mais après la levée de l'état d'urgence, nous évaluerons la situation, a expliqué la présidente du comité organisateur Seiko Hashimoto lors de sa rencontre de presse hebdomadaire.

La décision sera donc prise à la fin juin, la date limite, un mois avant la cérémonie d'ouverture.

Elle porte un masque et tient un micro.

Seiko Hashimoto parle lors d'une rencontre virtuelle avec le président du CIO, Thomas Bach.

Photo : Getty Images / Frank Robichon

Mme Hashimoto avait promis une décision concernant la présence des spectateurs locaux en avril, puis l'avait reportée au début de juin.

Beaucoup de gens disent que pour les Jeux olympiques, nous devons les présenter sans spectateurs, bien que d'autres sports acceptent les spectateurs, a-t-elle ajouté.

Nous devons éviter que les services médicaux locaux soient débordés.

Une citation de :Seiko Hashimoto, présidente du comité d'organisation des Jeux olympiques de Tokyo

Nous devons prendre ces choses en considération avant de nous entendre sur le nombre de spectateurs, a ajouté l'ancienne ministre.

Quand Richard Pound parle d'apocalypse

L'avocat montréalais s'est confié cette semaine au journal britannique Evening Standard quant à la tenue des Jeux de Tokyo cet été.

Je ne vois pas où est le problème à partir du moment où une organisation bien informée, composée de scientifiques, en contact avec les autorités de santé publique, a dit qu'il n'y avait pas de risque supplémentaire pour les Japonais à ce que les Jeux olympiques aient lieu, a-t-il dit.

Les gens qui vont débarquer à Tokyo seront vaccinés dans une très large mesure et resteront dans une bulle jusqu'à leur départ, a précisé l'ancien vice-président du CIO.

Le comité d'organisation est passé dans sa phase opérationnelle. À part l'apocalypse qu'on ne peut pas prévoir, ces Jeux auront lieu, a-t-il conclu.

Des voix discordantes

La pression pour annuler l'événement augmente chaque jour.

De plus en plus de questions se posent sur les risques de faire venir 15 000 athlètes olympiques et paralympiques de plus de 200 pays et territoires au Japon, un pays qui a été en grande partie fermé pendant la pandémie.

Le CIO affirme que plus de 80 % des athlètes et du personnel séjournant dans le village olympique de la baie de Tokyo seront vaccinés. On s'attend à ce qu'ils restent en grande partie dans une bulle au village et sur les sites.

En plus des athlètes, des dizaines de milliers de juges, d'officiels, de dignitaires, de membres des médias sont également attendus.

Nous pensons que la détermination du CIO de présenter les Jeux olympiques n'est pas fondée sur les meilleures preuves scientifiques, pouvait-on lire plus tôt cette semaine, le New England Journal of Medicine.

Le magazine spécialisé remet en question les cahiers de charges du CIO, qui énoncent les règles à suivre pour les athlètes, le personnel et les médias.

L'édition finale sera publiée en juin.

En avril, le British Medical Journal a dans un éditorial demandé aux organisateurs de reconsidérer la présentation des Jeux.

Jeudi, un syndicat de médecins japonais a averti que leur présentation pourrait entraîner la propagation de variants du coronavirus. Il a mentionné les souches en Inde, en Grande-Bretagne, en Afrique du Sud et au Brésil.

Le déploiement de la vaccination a commencé lentement au Japon, mais a évolué plus rapidement ces derniers jours. Les personnes vaccinées sont estimées à environ 5 % de la population.

Le CIO, qui cite souvent l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme la source d'une grande partie de ses informations sur le coronavirus, a été inébranlable en disant que les Jeux auront lieu.

Il tire environ 75 % de ses revenus de la vente de droits de diffusion, estimés entre 2 et 3 milliards de dollars américains pour Tokyo. Ces revenus ont déjà été modifiés par le report d'un an.

Le Japon lui-même a officiellement dépensé 15,4 milliards pour l'organisation des Jeux olympiques, et les vérifications comptables gouvernementales suggèrent que ce chiffre est encore plus élevé.

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