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« Personne n'est invincible, nulle part » - Rafael Nadal

Il sourit en s'appuyant sur sa statue.

Rafael Nadal devant sa statue dévoilée jeudi sur le site de Roland-Garros.

Photo : Roland-Garros

Agence France-Presse

Rafael Nadal fêtera ses 35 ans le 3 juin pendant les Internationaux de France, où il est de nouveau le grand favori pour décrocher un 14e titre.

Roland-Garros a dévoilé jeudi une statue en son honneur, pour souligner ses succès répétés sur les terrains de la porte d'Auteuil.

Nadal a assisté à l'inauguration de l'œuvre signée de son compatriote Jordi Diez Fernandez en compagnie de Gilles Moretton, le président de la Fédération française de tennis, et de Guy Forget, le directeur du tournoi.

Réalisée en acier, la statue de 3 mètres de hauteur, 4,89 mètres de largeur et 2 mètres de profondeur s'élève à proximité de la nouvelle entrée grand public et du jardin des Mousquetaires.

Il sourit.

Rafael Nadal devant sa statue à Roland-Garros

Photo : Roland-Garros (@rolandgarros)

L'occasion était belle de faire le point avec le champion espagnol, aujourd'hui plus grand que nature.


Q. Vous n'avez perdu que deux matchs à Roland-Garros depuis votre première participation en 2005. Que doivent faire vos adversaires pour vous battre à Paris, attendre votre retraite?

R. Pourvu que ce soit ça! Malheureusement, ce n'est pas comme ça que ça se passe, personne n'est invincible, nulle part. Cette année, j'ai perdu à Monte-Carlo et à Madrid. J'espère ne pas perdre ici à Roland-Garros.

Que faire pour me battre? Je ne vais pas donner des indices à mes adversaires. Moi, je dois me préoccuper de ce que j'ai à faire pour qu'ils ne me battent pas. Et eux doivent en faire autant de leur côté.

Il la soulève après sa victoire à Roland-Garros.

Rafael Nadal et la coupe des Mousquetaires.

Photo : Getty Images / Clive Brunskill


Q. En abordant Roland-Garros, vous pensez d'abord à y remporter votre 101e match, votre 14e coupe des Mousquetaires, ou votre 21e titre du grand chelem, ce qui serait un record?

R. Je viens d'arriver à Paris et je ne pense qu'à une chose, m'entraîner, me familiariser au mieux avec les courts, retrouver de bonnes sensations et mes habitudes pour être compétitif quand je vais amorcer mon tournoi. Les objectifs ici sont toujours au plus haut. Mais pour y parvenir, c'est un travail quotidien afin de s'améliorer constamment. J'espère pouvoir me battre pour quelque chose de grand.


Q. Vous allez fêter vos 35 ans à Paris, où vous êtes de nouveau le grand favori. L'auriez-vous imaginé il y a quelques années?

R. Il y a 10 ans, non. Mais si vous m'aviez posé la question il y a deux ans, peut-être que j'aurais répondu oui.

Il y a 10 ans, j'avais tellement de pépins physiques qu'il m'était difficile d'imaginer que ma carrière dure aussi longtemps. J'ai gardé l'espoir et la passion. Et mon physique, malgré des problèmes de temps en temps, m'a permis de continuer. Et me voilà, aujourd'hui, avec des ambitions à Roland-Garros qui est un endroit très spécial pour moi.

Favori ou pas, ce n'est pas la question. Mon objectif est d'être celui qui joue le mieux.


Q. De vos 13 titres à Roland-Garros, y en a-t-il un plus important que les autres?

R. C'est très difficile d'en choisir un. Chacun a eu une résonance particulière dans ma carrière. Un parce que c'était le premier, un autre parce que je revenais d'une grave blessure, un autre parce que j'avais perdu l'année d'avant, un autre parce que c'était le 10e, un autre parce que ça m'a permis d'égaler le record de Roger (Federer) avec 20 titres du grand chelem. Je ne saurais pas lequel choisir.


Q. Et vos pires souvenirs?

R. Sans aucun doute 2009 et la défaite contre (Robin) Söderling. Mais aussi 2016 quand j'ai dû renoncer en raison d'une blessure au poignet. Quant aux meilleurs, je ne sais pas. Il y en a tellement qu'il est difficile d'en choisir un.


Q. Y avez-vous un endroit préféré?

R. J'aime le vestiaire, les moments qu'on y passe avant et après les matchs. La préparation, la concentration, la douche. Je m'y sens bien, je le connais bien. Ça me rassure de me retrouver avant les matchs dans des endroits où je suis passé si souvent avant. Quand on entre sur le court central, c'est une sensation unique.


Q. Vous êtes-vous senti immédiatement à l'aise sur la terre battue de Roland-Garros?

R. Au début, je crois que je jouais mieux à Monte-Carlo ou à Rome. Il est plus difficile d'avoir de bonnes sensations à Roland-Garros, le court est très grand et ce sont des sensations différentes de celles des autres tournois.

Bien sûr que je me suis senti bien, la terre battue est une surface que je connais bien, sur laquelle je me sens à l'aise et en confiance.

Roland-Garros est la cathédrale de la terre battue, je n'y ai jamais eu de mauvaises sensations, mais c'est vrai aussi que j'en ai eu de très bonnes dans d'autres tournois sur cette surface.


Q. En quoi la terre battue de Roland-Garros est-elle particulière?

R:. Chaque lieu a ses particularités. Le court de Rome ne peut pas être le même que celui de Barcelone, et celui de Barcelone le même que celui de Monte-Carlo. La terre n'est pas nécessairement la même. Celle de Monte-Carlo ressemble toujours un peu plus à celle de Roland-Garros. Après, selon le climat, les courts plus ou moins grands, les sensations sont très différentes.

Il frappe un coup droit.

Rafael Nadal sur la terre battue de Roland-Garros

Photo : AFP / CHRISTOPHE SIMON


Q. Une statue de vous a été érigée cette année devant le stade. Qu'est-ce que ça représente pour vous?

R. Je veux remercier la Fédération française de tennis et Roland-Garros d'avoir mis une statue de moi dans un lieu si important du sport. Je veux les remercier de leur affection et du soutien.

Ici, je me sens à la maison. Je remercie tous les gens qui travaillent à Roland-Garros, qui font que je m'y sens heureux, que je me sens l'un d'entre eux, et que quand j'arrive ici, je ressens une joie particulière.


Q. Est-ce étrange d'avoir une statue alors que vous jouez encore?

R. Non. En définitive, c'est vrai que ce que j'ai accompli à Paris, même si je n'aime pas dire ça, c'est quelque chose de très, très spécial.

Je suis reconnaissant et je comprends le geste. J'ai accompli quelque chose qui était très difficile d'imaginer.


Q. Pensez-vous que le tennis doive faire évoluer ses formats, par exemple écourter les matchs?

R. Je ne sais pas, je suis trop vieux pour tout ça (sourire). Nous, les joueurs, nous n'avons pas les éléments suffisants pour avoir un avis sur ce genre de choses. C'est au public, aux amateurs, aux instances de dire ce qui est le mieux pour que le tennis continue d'être un sport majeur.

Nous, les joueurs, nous devons jouer au tennis et accepter qu'il y ait des gens mieux formés que nous sur la gestion du sport, et plus intelligents que nous pour prendre les bonnes décisions pour qu'à l'avenir notre sport reste un sport de référence mondiale.


Q. L'avenir du tennis, est-ce que ça pourrait être un joueur qui ne jouerait que des coups droits en changeant sa raquette de main?

R. Si quelqu'un est capable de faire ça... Inventer des choses, c'est très difficile. Moi, je n'ai rien inventé, j'ai copié des choses de beaucoup de joueurs, et j'en ai amélioré certaines peut-être.

Je dis toujours qu'il faut s'inspirer des meilleurs. Et en cherchant des modèles, chercher son propre style.


Q. Et vous, enfant, lesquels vous ont inspiré?

R. C'était Carlos Moya, Juan Carlos Ferrero, Pete Sampras, Andre Agassi, Thomas Muster, Boris Becker, (Richard) Krajicek, (Michael) Stich. Je les suivais à la télévision.

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