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Marika Guay et l'improbable conquête du titre de la NCAA

Elle pointe son index gauche en l'air avec une réplique du trophée dans son autre main.

Marika Guay et ses coéquipières ont pu célébrer leur conquête du titre de la NCAA sur leur terrain du stade Stevens à leur retour à Santa Clara.

Photo : Courtoisie/Marika Guay

Olivier Tremblay

Le lundi 17 mai dernier, la Québécoise Marika Guay et ses coéquipières de l’Université de Santa Clara se sont imposées contre l’Université d’État de Floride pour être couronnées championnes de la division I de la NCAA. Ainsi s’est achevée l’une des périodes les plus surréalistes du soccer universitaire américain, où la pandémie de COVID-19 n’a pas mis tous les programmes sur un pied d’égalité. Surtout pas celui de Santa Clara.

La situation sanitaire a logiquement bousculé tout le calendrier de la NCAA en 2020 et en 2021. Pour certaines associations, comme la prestigieuse Ivy League, la lutte contre le virus est passée par l’annulation pure et simple des dernières saisons automnale et printanière.

La West Coast Conference, dont fait partie Santa Clara, a suspendu les sports l’automne dernier. Ce n’est qu’en janvier que les joueuses ont reçu l’appel qu’elles attendaient : une saison se mettrait possiblement en branle en février. Elles pouvaient rentrer en Californie.

Mais Santa Clara, c’est dans un comté vraiment strict qui ne nous laissait pas jouer avec contacts, raconte Marika Guay au téléphone depuis Châteauguay. On est retournées à l’université. On a fait une quarantaine de 14 jours. On s’est fait tester. C’est là qu’on a commencé à être dans une bulle où on ne pouvait plus voir personne.

Les membres de l'équipe et du personnel célèbrent leur victoire derrière une bannière qui souligne leur championnat.

Les Broncos de l'Université de Santa Clara ont remporté leur deuxième titre national.

Photo : Courtoisie/Marika Guay

De la fin janvier jusqu’au tournoi national, les athlètes n’ont donc fréquenté personne d’autre que leurs coéquipières et le personnel d’encadrement. Alors qu'une équipe comme les Seminoles de l’Université d’État de Floride participait à des matchs depuis septembre, les joueuses de Santa Clara amorçaient leurs entraînements sans contacts au début février.

Le premier match prévu le 14 février contre Stanford a été annulé, car les joueuses n’avaient pas encore assez d’entraînements dans les jambes pour écarter les risques de blessure. Le deuxième a été remis en raison d’un traçage de contacts. C’est finalement le 27 février, contre Portland, que Santa Clara a entrepris son chemin vers le titre de champion d'association, synonyme de qualification pour le tournoi de la NCAA.

En tout, on a eu sept matchs pour se préparer au tournoi, souligne Guay. C’est vraiment limité. Je pense que c’est ce qui rend ça si spécial, le fait qu’on a remporté le championnat. Quand tu regardes notre parcours, on est probablement l’université qui l’a eu le moins facile à cause de toutes les restrictions. On a commencé tellement tard! C’est du précieux temps de préparation qu’on n’a pas eu et que d’autres équipes ont eu.

Personne ne pensait qu’on allait gagner. Avec tous les gens qui ont fait des efforts pour qu’on revienne sur le campus et qu’on puisse s’entraîner, on n’allait pas jeter tout ça à l’eau.

Une citation de :Marika Guay

S’il est vrai que l’équipe n’a pas profité de la préparation optimale, elle a peut-être gagné en fraîcheur physique pendant le tournoi de la NCAA, reconnaît la Québécoise de 21 ans. Il fallait cependant trouver un moyen de se refaire une certaine fraîcheur mentale.

Pendant quatre mois, les joueuses ont côtoyé les mêmes personnes chaque jour. Avec la bulle qui leur était imposée, elles n’avaient d’autre choix que de faire colocation avec des coéquipières. Ça devient un peu irritant à la longue, admet Marika Guay.

La communication, si importante sur le terrain sportif, a été aussi cruciale dans la vie quotidienne au sein du groupe.

Personne ne peut comprendre par quoi les athlètes de mon équipe sont passées, à part nous, soutient Guay. C’était tellement unique, le fait qu’on ne pouvait voir personne. Mentalement, c’était tellement difficile. Mais c’est sûr que ç’a renforcé nos liens. On a toutes eu des phases où c’était plus difficile et où c’était tentant d’abandonner. Mais le fait est qu’on s’est toujours soutenues, on était toujours là les unes pour les autres.

Comme tête de série, Santa Clara a amorcé son tournoi au deuxième tour, le 1er mai, en Caroline du Nord. Guay a joué 34 minutes dans la victoire de 4-1 contre l’Université d’État d’Ohio. Elle n’a pas participé aux victoires suivantes contre l’Arkansas (2-0) et Clemson (1-0), mais elle a aidé son équipe à tenir le coup en fin de match contre la Caroline du Nord (3-1) pour confirmer sa place en finale contre les Seminoles, qui comptent dans leurs rangs l’internationale canadienne Gabrielle Carle.

Elle prend la pose avec le trophée dans ses mains.

Marika Guay

Photo : Courtoisie/Marika Guay

Dès lors, les étudiants de l’université, une petite école tissée serrée, se sont assurés que les joueuses verraient enfin d’autres gens. Bon nombre d’entre eux ont réservé leur billet d’avion pour aller les appuyer au stade, à l’autre bout du pays.

Elles ont aussi pu compter sur les cris d’encouragements d’anciennes de Santa Clara comme Brandi Chastain – l’épouse de l’actuel entraîneur du programme – et Aly Wagner, des légendes de l’équipe nationale américaine.

Le stade était rempli, à guichets fermés, se souvient-elle. Pour être honnête, je pense que c’est ce qui nous a permis de remporter la victoire […] On était épuisées émotionnellement, physiquement, mentalement. La foule dans les estrades a changé la donne. C’était une expérience unique. Je ne me souviens pas d’avoir joué dans un aussi beau stade rempli. L’ambiance était géniale.

Santa Clara, après un match nul de 1-1, a gagné la finale aux tirs au but pour confirmer la conquête du deuxième titre national de l’université. Marika Guay sera au cœur de la prochaine équipe des championnes, puisqu'elle en sera à sa dernière saison universitaire. La future diplômée en communications espère ensuite voir s’ouvrir les portes de l’Europe, où cet improbable championnat national pourrait faire écarquiller quelques paires d’yeux.

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