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Le code d’honneur a la vie dure dans la Ligue nationale

Perry et Foligno en pleine bataille.

Nick Foligno, des Maple Leafs de Toronto, et Corey Perry, du Canadien de Montréal, en sont venus aux coups dès la reprise du jeu, jeudi, après que Perry eut accidentellement atteint John Tavares à la tête avec son genou.

Photo : Getty Images / Claus Andersen

Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

TORONTO - Paul Byron sait de quoi il parle quand il est question du fameux code dans la LNH. Il a dû y répondre lui-même il y a deux ans, avec des conséquences désastreuses.

Byron avait frappé Mackenzie Weegar des Panthers à la tête en janvier 2019. Un geste probablement accidentel qui a causé une commotion cérébrale au défenseur.

Deux mois plus tard, les deux se sont retrouvés sur la glace du Centre Bell et Byron, invité par Weegar à laver son honneur entaché, avait engagé le combat avec un homme à qui il cédait 8 cm (3 po) et 16 kg (35 lb). Une lutte de trois secondes (Nouvelle fenêtre). Byron l’avait conclue la tête dans les étoiles, les yeux dans le brouillard après un puissant coup de poing, titubant hors de la glace malgré la présence d’un thérapeute pour l’escorter.

Byron avait subi une commotion pendant la bataille et a peiné à se remettre de cette blessure par la suite, au point où l’on pourrait arguer qu’il commence tout juste, plus de deux ans plus tard, à retrouver un niveau de jeu semblable à celui de l’époque.

Ce petit contexte historique donne encore plus de poids aux paroles suivantes de Paul Byron lorsqu’interrogé sur sa réaction au combat entamé par Nick Foligno avec Corey Perry pour défendre son capitaine John Tavares.

« La réponse de Foligno était naturelle. Même si c’est accidentel, tu ne veux pas que ton gars soit sur la glace comme ça. [Perry] a accepté le combat et tout est fini. »

— Une citation de  Paul Byron commentant la bagarre entre Nick Foligno et Corey Perry

Dans la culture du hockey, ce code sacré est souvent décrit comme chevaleresque, honorable, même si les résultats pourraient l’être moins.

C’est l’esprit de cette entente tacite qui a semblé guider Nick Foligno jeudi soir, atterré de voir Tavares en sang, affalé sur la glace. L’ailier des Leafs a engagé le combat avec Perry même si Shea Weber a tenté de l’en dissuader.

Rien à faire.

Je n’ai pas vu le geste. Mon capitaine était sur la glace, je devais réagir, s’était contenté de répondre Foligno après le match.

Les images ont tourné en boucle des milliers de fois déjà. Ben Chiarot met en échec Tavares à la ligne bleue des Leafs. Perry arrive à toute allure et frappe de plein fouet avec le genou la tête du capitaine des Leafs avec le résultat tragique que l’on sait.

Le sujet était encore sur toutes les lèvres à l’entraînement vendredi matin.

Tavares a passé la nuit à l’hôpital St. Michael’s et a obtenu son congé en matinée. Il se repose présentement chez lui sous la supervision des médecins de l’équipe. Il a également diffusé un communiqué sur les réseaux sociaux pour rassurer les partisans. L’entraîneur Sheldon Keefe a confirmé qu’il avait bel et bien subi une commotion cérébrale.

Rarement verrez-vous les joueurs décrier ce genre de bagarre, de piège, de loi du talion dont les origines, pour la petite histoire, remontent à l’Antiquité et au temps de la splendeur de Babylone. Ce n’est pas récent.

Eric Staal, davantage par son faciès et sa moue désapprobatrice que par ses dires, s’est approché le plus possible d’une condamnation.

Je n’ai pas vraiment aimé comment ça s’est déroulé hier soir […] Ce n’était pas amusant de faire partie de ce scénario. Et d’enchaîner avec [la bataille] après… je n’ai pas aimé ça, a laissé tomber le vétéran de 36 ans.

Peut-être qu’il a senti qu’il devait faire ça pour en être débarrassé. Mais, à la reprise, c’était monstrueux. Le jeu est si rapide, les choses arrivent à un million de milles à l’heure, a-t-il enchaîné.

Si j’avais été le capitaine, je ne pense pas que j’aurais été fâché si les gars ne s’étaient pas battus pour moi […] On n’aurait pas dit que Perry avait le goût d’y aller non plus. Personne ne semblait avoir le goût.

Encore heureux que cette bataille ne se soit pas non plus conclue dans un bain de sang. Ç’aurait été plus difficile à justifier.

L'incident entre Tavares et Perry et la bagarre qui en a découlé n'est pas le seul exemple cette semaine du fameux code d'honneur qui prévaut dans la culture du hockey.

Vendredi, lors du troisième match de la série opposant les Bruins de Boston aux Capitals de Washington, le défenseur des Capitals, Dmitri Orlov, a donné une mise en échec dangereuse à l'endroit du défenseur des Bruins, Kevan Miller.

Charlie Coyle, des Bruins, a immédiatement chargé Orlov pour défendre son coéquipier, avant de l'appuyer face contre glace pendant de longs instants. Un geste qui pouvait rappeler celui vertement critiqué de Tom Wilson, des Capitals, dans un match face aux Rangers de New York le 3 mai dernier.

La rentrée de Kotkaniemi

Il y avait des signes précurseurs à l’entraînement, mais comme Dominique Ducharme avait décidé de parler aux médias avant la séance, il lui a été plus facile de dévier le discours.

En l’absence possible de Jake Evans, blessé jeudi soir et dont le cas sera évalué de façon quotidienne, Kotkaniemi s’est exercé au sein de la seconde unité d’avantage numérique vendredi, tandis que Cole Caufield répétait ses gammes à l’autre extrémité de la patinoire, essentiellement avec les réservistes et quelques défenseurs.

Un premier signe. Un deuxième, plus concluant, est venu de la bouche d’Eric Staal, décidément bien en verve.

Demain, il aura l’occasion de sauter dans l’action avec nous et ce sera très important, a-t-il fait savoir.

Jesperi Kotkaniemi.

Jesperi Kotkaniemi

Photo : Reuters / USA Today Sports

Ducharme pourrait tout simplement l’insérer au centre de Byron et d’Artturi Lehkonen pour remplacer Evans, à moins qu’il ne garde Byron au centre, comme jeudi, afin d’utiliser Kotkaniemi à l’aile.

On a des options, a indiqué Ducharme, sibyllin.

Le Finlandais de 20 ans a conclu la saison sur une fausse note et a été écarté du premier match des séries au profit de certains vétérans. L’entraîneur-chef du Tricolore a remporté ce premier pari, mais il avait prévenu que le jeune homme serait éventuellement appelé en renfort. Ça arrivera peut-être simplement un peu plus tôt que prévu.

Kotkaniemi a amassé seulement 4 passes à ses 25 dernières rencontres. Il a toutefois connu de bons moments en compagnie de Byron et Lehkonen, même si les trois comparses n’ont joué que 48 minutes ensemble à cinq contre cinq cette année.

Une saison, à l’image de son début de carrière, en montagnes russes.

Il s’est amélioré défensivement. Il est plus fort, plus à l’aise. C’est normal pour un gars de 18 ans d’en arracher des fois. Tout le monde a du talent offensivement dans la ligue. On a vu une progression dans son jeu. Tout est une question de constance et d’être capable d’assembler tous ses atouts au bon moment. Ça viendra.

« Parfois, ça prend du temps à certains gars avant de comprendre comment avoir du succès et comment se créer des chances. Il a les outils pour le faire. »

— Une citation de  Eric Staal à propos de Jesperi Kotkaniemi

En rafale

Le Canadien s’est presque exclusivement concentré sur le travail en avantage numérique à l’entraînement. L’attaque massive a été blanchie en cinq occasions jeudi et a paru en panne d’inspiration pendant de longues minutes.

Les deux unités avaient été complètement remodelées. Shea Weber a retrouvé la pointe du premier groupe complété par Eric Staal devant le filet, ainsi que Tyler Toffoli, Josh Anderson et Nick Suzuki. La deuxième vague était pilotée par Jeff Petry, Corey Perry dans son bureau, avec Kotkaniemi, Brendan Gallagher et Tomas Tatar entre les deux.

Des unités mieux réparties que ce qu’on avait aperçu dans le premier match et des options supplémentaires qui ne sont pas pour déplaire à Petry.

Avec ces changements, on a des tireurs gauchers et droitiers un peu partout, et ça nous permet d’avoir différentes options […] Il faut maintenant simplifier nos entrées de zone un peu, s’assurer qu’on ne fait pas juste des attaques éclair. Il faut récupérer les rebonds et reprendre le contrôle pour passer plus de temps dans leur zone.

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